La rencontre avec ANOUMI s’est faite dans cette belle prairie qui se trouve juste avant l’entrée du paradis des animaux. Il était allongé de tout son long sur le flanc droit et s’amusait à regarder les papillons blancs et dorés tournoyer autour de lui. Je l’ai observé quelques instants, il tournait la tête à droite, à gauche et faisait semblant d’essayer de les attraper avec sa patte gauche ou de les toucher avec son museau, mais je pouvais bien voir qu’il ne s’agissait que d’un jeu. Je me suis avancée lentement pour me présenter à lui et lui expliquer que j’avais des messages et des questions pour lui de la part de sa gardienne.

Approche, je t’attendais. Je savais qu’elle avait besoin de me contacter et j’ai préféré me reposer un peu dans cet endroit merveilleux avant de pousser la porte du jardin des animaux qui se trouve juste derrière moi. Cet échange est pour moi un moment privilégié, et j’avais besoin et envie d’être seul à t’accueillir. Après j’irai rejoindre mes congénères et les animaux qui font leur passage pour se reposer et se ressourcer.

Je lui ai lu les messages et les questions :

Mon Anoumi, Mon Chat, mon bébé, mon petit poulet… Aujourd’hui, il y a un « avant » et un « après » toi… Un avant rempli de ta présence, de tes câlins du soir, de tes miaous du matin… Et un après qui, je le sais, me réserve encore de belles choses… mais qui me laisse aussi un grand vide de toi… Ta litière, tes gamelles, ton arbre à chat sont encore là… Nous rangeons mais pas trop vite… Il y a des traces de toi partout dans la maison… les effacer me semble irréel et insurmontable…

Aujourd’hui je suis soulagée et heureuse pour toi mais triste pour moi. Je ne veux pas te retenir et t’empêcher d’aller vers la lumière et le jardin des animaux…  Tu le mérites et tu en as besoin je le sais. 

Je me souviens encore comme si c’était hier de ce jour où, il y a un peu plus de 11 ans, j’ai croisé ton regard. Tu étais parmi tes frères et sœurs dans cette cage vitrée, tu étais le plus frêle d’entre eux, une toute petite tête avec de longues moustaches et de hautes pattes… Tu semblais si fragile. Je t’ai regardé, tu t’es avancé vers moi et nous nous sommes choisis. J’ai su que c’était toi et pas un autre !

Depuis ce jour, je t’ai chéri et je n’ai eu de cesse de vouloir t’offrir le meilleur. Je me suis aussi fait bien du souci, hésitant à te laisser sortir de peur que tu ne rentres pas… combien de fois j’ai guetté dans le jardin ton retour avec angoisse même si tu ne partais jamais bien loin et longtemps…, culpabilisant de te laisser à la maison aux mains d’autres personnes quand nous partions en vacances… mais je garde aussi de formidables souvenirs et de tendres moments partagés avec toi.

Dès l’instant où je t’ai eu dans mes bras, j’ai redouté ce jour où tu partirais… Il est arrivé… Je t’ai aidé à le faire, du moins je l’espère… Quelle décision terrible à prendre ! Cela a été rapide, je n’avais rien prémédité mais au fond de moi je savais que c’était inéluctable… Je ne pouvais plus te voir devenir l’ombre de toi-même. Je ne pensais pas pouvoir le faire mais tu étais Mon Chat et je te le devais…  Je voulais que tu restes ce chat beau, élégant et fier que j’aimais.

 Je t’aime Mon Chat et je te remercie de toutes ces belles années passées à tes côtés.

 Et voici la liste de tout ce que j’aimerais lui demander :

Depuis combien de temps te préparais-tu à partir ? Qu’est ce qui a finalement causé ta maladie ? Était-ce le bon moment quand je t’ai accompagné et ais-je fait le bon choix ? As-tu voulu me transmettre un message lorsque tu as passé ta patte à travers le grillage de la caisse de transport ce jour-là ? Et ce regard avant de partir ?

Est-ce que tu souffrais ? Ais-je commis des erreurs en essayant de t’aider ? Aurais-je pu te causer du tort malgré moi ?

Es-tu venu me prévenir ce dimanche matin dans le lit qu’il était temps pour toi de partir ?

Qu’as-tu vu, ressenti, en quittant ton corps chez le vétérinaire ?

Quelqu’un t’attendait-il de l’autre côté ?

Était-ce la première fois que nous nous rencontrions dans cette vie ?

Quelle était ta mission auprès de moi et ta relation aux autres membres de la famille, notamment les enfants ? As-tu quelque chose à leur dire ?

As-tu un message particulier, un conseil à me transmettre ?

 Je n’exclues pas d’ouvrir notre foyer à un chat à l’avenir mais j’hésite aussi car j’ai tellement eu peur pour toi à chaque fois que tu sortais même si tu es toujours revenu… nous reviendras-tu forcément sous cette forme ? Ou pourrais-tu faire partie d’une autre espèce comme un chien par exemple ? Comment dans ce cas saurais-je que c’est toi ?

M’as-tu déjà fait ou me feras-tu un signe ? Je t’ai invité dans mes rêves… Es-tu venu ?

Et pendant la lecture, je voyais des larmes perler à ses yeux, une puis deux, puis 3, elles tombaient sur ses grandes et belles moustaches et il essayait de les rattraper avec sa patte. C’était à la fois très émouvant et très amusant. Les larmes montaient à mes yeux et en même temps cette image de ce beau et majestueux chat me faisait sourire. Lorsque j’eu terminé ma missive, il m’a dit :

Avant même que je la remercie et réponde à ses questions, il faut que tu saches qu’elle était ma gardienne, mais c’était bien plus que ça. Elle était ma maman, mon âme sœur et j’étais son bébé, son garçon mais surtout son double. Nous étions liés au plus profond de nous-même et depuis tout temps. Nous nous sommes reconnus tout de suite, je me suis avancé vers elle et le déclic s’est fait aussitôt pour elle.

J’étais déjà avec elle, nous étions déjà ensemble dans cette vie terrestre, mais cela remonte encore à bien plus longtemps avant et nous étions des jumeaux, de vrais jumeaux et nous nous ressemblions comme deux gouttes d’eau. Personne, pas même nos géniteurs étaient capables de nous reconnaître. Nous étions des humains, des frères, qui avons hélas été séparés dans notre jeune enfance à cause de cette maladie qui m’a emporté très vite (leucémie). Depuis tout ce temps ma moitié a souffert de cette absence et n’a jamais vraiment réussi, malgré les bonnes conditions de vie et tout l’amour et le bonheur qu’on lui a donné, à oublier et effacer cette souffrance.

Lorsqu’elle m’a pris dans ses bras la première fois dans cette incarnation physique, un bref instant son inconscient l’a ramenée à cette blessure et elle a toujours eu peur pour moi, peur de me perdre et d’être à nouveau séparés.

Dis-lui que je l’aime et que je la remercie pour son merveilleux message d’amour. J’ai vécu des années de pur bonheur auprès d’elle, auprès d’eux tous et je sais que je représentais bien plus qu’un animal dans son cœur. Je me sentais être un membre de la famille et nos âmes resteront toujours reliées.

Dis-lui que j’étais sur mon chemin depuis l’entrée de l’hiver dernier et je préparais mon départ. J’étais prêt lorsqu’elle m’a accompagné, elle a fait le bon choix au bon moment, mais qu’elle soit rassurée, elle ne pouvait pas se tromper. Nous étions tellement fusionnels, elle était moi, j’étais elle et les deux nous ressentions au même moment ce que l’autre ressentait.

Je ne peux te dire ce qui a causé ma maladie, je sais et je peux seulement te dire que c’est pour pouvoir te permettre de comprendre et de faire table rase de ce que tu as encore à l’intérieur de toi et qui fait souffrir ton petit enfant intérieur. Tu as maintenant la possibilité de comprendre ce mal-être qui parfois t’assaille et te mine, et surtout tu dois avoir conscience que tu peux le travailler pour réparer ce manque et cette frustration.

Lorsque j’ai passé la patte à travers la caisse et lorsque je t’ai regardée avant mon départ, ce n’était pas pour te dire adieu mais c’était pour te dire au revoir et te dire que je te reviendrai et que nous pourrons tous les deux continuer notre belle vie ensemble, sans peur pour toi de me perdre, de partager notre existence sans dépendance, ni co-dépendance et en toute confiance.

Ne t’inquiète pas et ne culpabilise pas, tu n’as pas fait d’erreurs et je gérais mes souffrances, je me réfugiais parfois dans mon corps astral et tout devenait plus léger. Et lorsque je suis venu te voir ce matin-là dans ton lit, tu as bien compris le message et je te remercie pour tout l’amour et l’empathie que tu m’as apporté, je sais combien cette décision était difficile et cruelle pour toi.

Je n’ai pas eu peur lorsque je suis sorti de mon corps, je l’ai fait plus d’une fois mais je savais que cette fois-ci je ne le réintègrerai pas, que le moment était venu pour moi de rejoindre l’autre côté du voile. J’étais bien entouré, j’avais de l’aide de là-haut et on m’attendait de l’autre côté du pont (femme, mère des jumeaux ?).

Ma mission consistait à te reconnecter à ton petit enfant intérieur, de le chérir et lui permettre de réparer cette blessure ancienne et profonde afin de vivre cette vie-là avec plus de légèreté et de fluidité. Mon rôle était aussi d’apporter à la famille et surtout aux enfants une vie épanouie dans le partage et le respect de l’autre. Dis-leur que je les aime et que leur compagnon de jeu, après un petit passage là-haut pour me ressourcer, espère très vite les retrouver. Ne me fermez pas la porte de votre maison, nous avons encore de belles choses à vivre ensemble et je sais que ce sera, cette fois-ci pour toi, plus facile à vivre car tu auras compris bien des choses.

Tu es ma moitié, mon âme sœur mais aussi ma maman, ma merveilleuse maman remplie d’amour et de compassion. Sache que tu as à l’intérieur de toi une grande force et elle te sera désormais d’une grande aide, elle te remplira de plénitude pour continuer à avancer sur ton chemin.

Je t’aime, je vous aime tous, vous êtes ma famille et ma place est avec vous et auprès de vous. A très vite, mon âme aspire à vous retrouver pour que vous retrouviez le sourire et la joie de vivre.