La rencontre avec Arthur s’est faite sur un chemin très boisé, il était couché sur son flanc droit et me regardait m’avancer vers lui. Son regard exprimait de la souffrance et lorsque je suis arrivée devant lui, je me suis présentée et lui ai expliqué que sa gardienne m’envoyait vers lui pour lui transmettre des messages et lui poser des questions :

Voici mes questions :
Comment va-t-il ? Où est-il ? S’est-il senti abandonné ? A-t-il des choses à me dire ? pourquoi est-il parti aussi vite ? Nous retrouverons nous ensemble dans une nouvelle incarnation bientôt ou pas ?
Que faire pour aider sa jumelle Agathe à bien vivre et accepter sa solitude qui lui pèse ?

Dites-lui aussi combien notre relation a été spéciale, combien il a été mon grand amour de chat, il doit le savoir, avec sa mère Tess et sa sœur Agathe, ils nous ont apporté des années de grand bonheur, et on ne l’oubliera jamais.

Il s’est levé et son regard a aussitôt changé d’expression. Je pouvais y voir une lueur d’espoir et de l’apaisement.

Que je suis soulagé de te voir, quelle chance qu’on ne m’abandonne pas, je suis parti depuis quelque temps mais je passe encore tout mon temps dans leur entourage et j’accompagne ma maman à presque chaque instant de sa vie.

Dis-lui qu’elle ne doit pas culpabiliser, elle se sent responsable de ma détresse respiratoire, elle est en grande souffrance et cela m’empêche de partir au jardin des animaux. Tant que je n’aurai pas fait le passage, je ne peux me reposer et me ressourcer et elle ne pourra commencer son travail de deuil. Tant que je reste là, je puise dans leur énergie et cela les épuise physiquement et mentalement. Ma sœur est affectée par mon départ, et de rester entre deux et en errance dans leur proximité la perturbe beaucoup.

Dis stp à ma maman que je n’ai plus aucune douleur, plus aucune oppression dans la poitrine, je me sens léger mais ici ce n’est plus ma place et seul un passage au paradis des animaux me permettra de lui revenir. J’ai besoin d’aide, je sais qu’elle se sent dans un profond désarroi, qu’elle pense que ma maladie est due à leur absence, il n’en est rien c’était déjà latent dans mon corps et nous avons tous les deux besoin que tu m’accompagnes pour faire le passage afin que je puisse me ressourcer et qu’elle puisse enfin commencer son travail de deuil et retrouver un peu de paix dans son cœur et son esprit.

Dis-lui que leur absence a été longue, avec Agathe nous nous sommes beaucoup languis d’elles, mais qu’elle soit rassurée, à aucun moment je me suis senti abandonné. La dame a été très gentille et s’est bien occupée de nous, on ne peut rien lui reprocher. Dis-lui aussi que je sais combien ce voyage était important pour toutes les deux et que je sais aussi qu’elles avaient beaucoup d’appréhensions pour ce qu’elles allaient rencontrer, vivre et ressentir. Surtout ma maman qui était à la fois contente de pouvoir offrir ce voyage à sa fille, mais qui avait aussi un peu peur de ce qu’elle pouvait ressentir et inconsciemment une petite peur de la perdre était présente.

J’avais conscience de tout cela et ne pouvait lui en vouloir de nous avoir laissés seuls. Dis-lui que je l’aime, elle est ma maman, je suis son garçon, son fils et elle me manque aussi. Mon âme aspire, après un passage dans l’au-delà, à lui revenir dans la même race de chat, car elle a besoin de moi pour continuer à avancer sur son chemin.

J’ai vécu une vie merveilleuse auprès d’elle, j’étais là pour la nettoyer énergétiquement, mais aussi pour lui apprendre le détachement affectif. Elle a beaucoup souffert de ce manque qu’elle avait en elle jusqu’à l’arrivée de la petite et à nous trois nous avons su la réconcilier avec son petit enfant intérieur.

Mon départ soudain l’a remise devant une situation difficile à accepter et a réveillé en elle un sentiment d’impuissance. Dis-lui que je sais qu’elle ne peut m’oublier et que mon passage au jardin des animaux me permettra de lui revenir dans un corps physique jeune et en pleine forme avec la mission de continuer sa route sans avoir peur de perdre ceux qu’elle aime.

Nous sommes reliées toutes les deux et le resterons toujours. Agathe se sentira mieux aussi après mon passage et nous pourrons communiquer plus facilement ensemble, sans que je lui pompe son énergie. De là-haut, en attendant mon retour, je pourrai vous faire des signes et des petits coucous.

Es-tu prêt maintenant à traverser le pont des fleurs ?

Depuis toutes ces semaines que j’attends, je suis plus que pressé, car de cela dépend mon retour. Dis à ma maman que son doudou l’aime et ne l’abandonnera jamais, tout comme elle il a besoin de la revoir bientôt.

Puis nous nous sommes avancés sur le chemin qui s’est éclairé de toutes les couleurs de l’arc en ciel. Arrivés devant le pont il m’a dit mille mercis et l’a traversé pour se noyer dans cette éblouissante lumière.

Au revoir Arthur, paix à ton âme !