width=J’ai rencontré BIBOU sur un chemin très austère, il faisait  gris et il y avait beaucoup de nuages dans le ciel. Il était assis sur son ventre, les deux pattes avant et arrière recroquevillées sous lui, l’image me faisait penser à une poule, une poule couvant son œuf. A mon approche, il a levé la tête et je pouvais apercevoir des yeux d’un bleu puissant, son regard m’a traversée et j’en ai eu des frissons de la tête aux pieds. Il était triste, perdu et donnait l’impression d’être posé là pour l’éternité.

Je lui ai expliqué que sa gardienne m’envoyait vers lui pour lui transmettre des messages et lui poser des questions :

 Bibou,

Chaque jours sans toi est très difficile depuis ton départ.

Je suis très en colère de la décision que j’ai dû prendre ce soir du 24 Juin, à peine tu as eu le temps de voir notre nouvel appartement. J’espère que tu es à mes côtés tout le temps, c’est pas juste tout ça. J’ai gardé ta boite de pâté et ton petit doudou c’est à toi et personne ne peux le prendre. Ta maladie t’a emporté si soudainement, pourquoi?

Mon cœur est brisé et quand je regarde les dernières photos prises chez le vétérinaire je vois des larmes dans tes yeux, je suis pas bien, pourquoi nous avoir séparés alors que nous étions si heureux?

Ta présence, tout me manque, j’ai besoin que tu reviennes, je sais que tu le sais, je faisais tout pour toi, je sais que tu m’aimes et JE TAIME Bibou. Tu es impossible à oublier. J’attends ton retour et fais-moi des signes afin que je puisse te reconnaitre. Je t’attends Je t’aime. Tu es mon rayon de soleil Bibou. « Aller aller Bibou » notre petit code, je t’attends. Je souhaite Bibou que tu ailles au jardin des animaux. Je t’aime c’est trop dur..

(JENNIFER, ma fille): Tu me manques mon petit bibou d’amour, j’aimais trop quand on jouait ensemble, je t’oublie pas, fait moi des signes quand t’as l’occasion ça fera plaisir et me montrera que tu penses à moi, je t’aime.

 Questions:

  -Est ce que tu m’aimes? Est-ce que je me suis bien occupée de toi?

  -Es-tu à mes cotés même dans le nouvel appartement?

  -Comment puis-je voir tes signes?

  -Tu te souviens de nos derniers instants?

  -M’en veux-tu pour l’euthanasie, tu le souhaitais également ou c’était une erreur?

  -Je voudrais prendre un sacré de Birmanie couleur Lila seras-tu ce petit bébé?

  -Quand me reviendras-tu?

(JENNIFER):

  – Pourquoi es-tu venu dans mes bras avant de mourir?

  -As-tu sentit que tu allais partir?

  -M’aimais-tu?

  -Trouves-tu que je t’ai bien chouchouté à la naissance et durant toute ta vie?

Tu vois bien que je suis toujours là. Dis-lui que sa souffrance, sa grande douleur m’empêchent de partir au jardin des animaux. Dis-lui que son chagrin me retient, que je reste là entre deux, et que je suis toujours avec elle. Je l’accompagne comme son ombre partout où elle va. Je m’accroche à elle et je lui pompe son énergie. Ce n’est pas bon pour elle, elle va finir par tomber malade et moi je ne peux partir au jardin des animaux pour me reposer et me ressourcer.

Je suis triste pour elle, je sais qu’elle était sous le choc, qu’elle n’était pas dans son corps lorsqu’elle a dû prendre la décision de m’aider à partir et je suis encore plus triste qu’elle éprouve de la colère, car cela va finir par lui créer de sérieux problèmes de santé. Dis-lui qu’elle a fait le bon choix, il n’y avait pas d’autre solution, que mes reins étaient complètement bloqués, qu’ils ne faisaient plus leur travail et ne filtraient plus les toxines et mon pauvre cœur en était très affecté. Il était fatigué et mes poumons aussi.

Est-ce la raison des larmes dans mes yeux ? Est-ce parce que je savais qu’on allait être séparés tous les deux pendant un certain temps ? Je ne peux le dire, les deux s’en doute.

Bien sûr que je t’aime et que tu t’es bien occupé de moi. Bien sûr que je suis restée avec toi dans le nouvel appartement, mais tant que je reste là à m’accrocher à votre énergie, tu ne peux me voir, je ne peux te faire des signes et tu ne peux faire ton deuil.

J’ai été très heureux avec toi, j’étais ton bébé, tu étais ma maman et j’ai vécu une belle vie de chat,  presque d’humain avec toi. Je me suis senti un membre de la famille et j’ai eu la chance, même si ce fut court, de t’aider à avancer sur son chemin, surtout après le départ de Godille. Sa disparition totalement incompréhensible a été compliquée pour toi et l’est encore. Je sais qu’il est en vie et chez quelqu’un et j’aimerais tant qu’il te revienne.

Lorsque tu m’auras aidé à rejoindre le paradis des animaux, j’œuvrerai pour t’envoyer des petits coucous et des petits signes pour que tu trouves la paix dans ton cœur et ton esprit, et je suis certain qu’un jour il te reviendra. Vous étiez très fusionnels aussi, tout comme tu l’as été avec moi, et lorsque les âmes sont reliées, elles se retrouvent toujours.

Accepte mon départ maintenant et donne-toi les moyens de faire ton deuil. Ne projette pas les peurs de nous perdre au risque de les cristalliser dans l’énergie des reins. Je ne souffre plus maintenant, je me sens très léger et je n’aurai pas besoin de beaucoup de temps pour me ressourcer. Un passage là-haut est obligé et je te reviendrai très vite. Si tu as envie de reprendre un bébé sacré de Birmanie, je serai ce bébé, j’endosserai le costume qu’il te plaira, peu importe lequel, l’essentiel est de nous retrouver, j’ai une mission auprès de toi et je suis loin de l’avoir terminée.

Je suis chargée de te nettoyer énergétiquement après tes retours du travail et de t’apprendre le détachement affectif, et je suis loin d’avoir terminé ce travail.

J’ai beaucoup aimé J… aussi, elle était ma grande sœur et cela a été terrible pour elle de me voir partir. Je suis venu dans ses bras pour lui faire comprendre que tu aurais besoin d’elle pendant ta période de deuil et qu’elle devait te soutenir et t’entourer d’amour et de tendresse. Tu en as un grand besoin, surtout en ce moment et qui mieux qu’elle peut te donner de l’amour, de l’amour fille-mère. Elle s’est toujours très bien occupée de moi. Dis-lui merci pour son empathie envers les animaux et sa grande force et son courage. Une petite dame ayant de la volonté, beaucoup de volonté, elle ira loin dans la vie et je suis heureux pour elle.

Quant à toi ma mamounette d’amour, ne t’inquiète pas, tu me retrouveras très vite, j’ai eu tellement peur de devoir rester ici pour l’éternité, mais je sais maintenant, qu’après avoir fait le passage, mon retour sera possible très vite et je suis impatient.

Puis il est venu à côté de moi, et ensemble nous nous sommes avancés sur ce chemin très gris qui s’illuminait progressivement pour prendre les couleurs vives de l’arc en ciel. Lorsque je me suis arrêtée devant le pont, il m’a dit :

Merci, merci pour tout

Puis il s’est précipité sur le pont et s’est noyé dans l’escalier de l’arc en ciel.

Au revoir BIBOU, à très vite !