La rencontre avec Biche du don s’est faite dans un pré triste, sombre, elle était debout et se tournait tantôt vers moi qu’elle voyait avancer vers elle, et tantôt vers l’horizon, le regard attiré par cette vive et éblouissante lumière qui s’en dégageait. Je me suis approchée à pas de loup, et arrivée à quelques mètres, je l’ai appelée plusieurs fois par son nom pour la mettre en confiance et lui faire comprendre que c’est bien elle que je venais voir. Les oreilles pointues elle m’a regardée quelques instants avant de se décider à venir vers moi pour me dire :

Je sais que c’est ma moitié qui t’a envoyée à moi, c’est ma gardienne, mais aussi ma compagne, ma sœur, ma confidente, mon âme sœur. Nous étions très proches, très fusionnelles et pour cause, et j’ai éprouvé un réel soulagement lorsqu’elle t’a écrit. Tantôt ici dans ce pré à attendre qu’on me guide jusqu’à cette belle lumière qu’on aperçoit à l’horizon, et tantôt à vaquer dans son environnement et à la suivre comme son ombre, à m’accrocher à elle et lui pomper toute son énergie.

J’étais à ses côtés lorsqu’en pleurs elle t’a envoyé ce message et je suis si triste pour elle. Elle se pose beaucoup de questions, elle culpabilise et se torture l’esprit et cela m’empêche bien entendu de continuer mon chemin. J’ai besoin de toi et de ton aide pour faire le passage, ici ce n’est plus ma place et tant que je reste là, elle ne peut retrouver la paix dans son cœur et son esprit, et ne peut faire son deuil. J’ai envie de rejoindre le jardin des animaux, je veux monter dans cette belle lumière pour me reposer et me ressourcer.

Je l’ai rassurée, et lui ai promis de l’accompagner après notre échange et sans tarder je lui ai lu le contenu des messages et des questions que je devais lui donner :

Je voulais tout d’abord te dire que tu me manque énormément et que c’est un déchirement de ne plus t’avoir à mes côtés. 

Je suis terriblement mal depuis ton départ, j’ai perdu goût à la vie. Tu m’as aidé à aller mieux lorsque que tu es rentré dans ma vie, il y a 6 ans. Tu étais mon pilier. 

J’espère que tu es heureuse où tu es et que tu vas bien. 

Je m’en veux énormément pour l’euthanasie mais ta paroi abdominale était trop abîmée, tu aurais énormément souffert avec des infections, et serait resté enfermé au box de long mois sans marché… ce n’est pas la vie que je voulais pour toi, qui adorait gambader dans ton pré. 

Je ne te reconnaissais pas, je te trouvais souffrante. 

Je m’excuse de ne pas avoir tenu ma promesse et ne pas avoir été à tes côtés durant ton dernier souffle, je n’aurais pas pu arriver à temps. 

Je m’excuse également de ne pas être venu beaucoup te voir lorsque tu étais à la clinique, il y avait beaucoup de route

J’ai fait mon maximum pour te rendre heureuse et j’ai essayé de répondre au mieux à tes besoins 

On a passé de merveilleux moments ensemble. 

Je ferais mon maximum pour te rendre fière

Tu es à jamais dans mon cœur.

Toute la famille est triste et pense à toi. 

Je t’aime, on t’aime 

Soit heureuse au paradis des animaux, tu rencontreras peut être d’anciens animaux de la famille. 

 

J’ai plusieurs questions pour elle : 

  • m’en veux t’elle pour l’euthanasie ? Est-ce que j’ai pris la bonne décision ?
  • Savait elle qu’elle allait mourir ?
  • Avait elle des douleurs avant la première opération ? Et avant la deuxième ? 
  • Avait elle d’autres douleurs ou maladies que je ne savais pas ?
  • Sait elle ce qu’il lui a donné mal au ventre ? 
  • Est ce que je lui ai donné un aliment qu’il ne fallait pas et qu’il faudrait que j’arrête pour les autres chevaux ? 
  • As t’elle été heureuse avec moi durant ces années ? 
  • Est ce possible qu’elle me fasse des signes, pour me montrer qu’elle pense à moi ?
  • Vas t’elle se réincarner et me rejoindre de nouveau? Sait elle en quelle espèce voudras t’elle revenir ? Dans combien de temps ? Voudras elle le même nom ?
  • Est on des âmes liés ?
  • M’en veux t’elle si je reprends un autre cheval ?

 

Aussitôt que j’eus terminé, elle s’est encore avancée de quelques pas et je pouvais à présent humer son odeur, douce odeur de rose, et intuitivement je savais qu’elle n’était pas seule. Je savais qu’elle était déjà bien entourée et qu’elle serait bien accueillie de l’autre côté du pont. Elle frottait son museau contre mon épaule et je lui ai demandé l’autorisation de la caresser, et après quelques instants, elle m’a dit :

Dis-lui merci pour son merveilleux message d’amour et dis-lui que de la voir souffrir et me pleurer me fait beaucoup de peine. Dis-lui de ne pas culpabiliser, j’étais prête à faire le grand saut, je savais qu’on ne pouvait plus rien pour moi. Je souffrais d’un mal incurable qui me rongeait de l’intérieur et aucun traitement, aucune opération n’auraient pu me sauver. Qu’elle ne regrette rien, elle a fait le bon choix et au bon moment. Qu’elle n’a pas été à côté de moi pour mon dernier souffle ne doit pas la torturer non plus, ce n’est pas cela qui m’empêche de continuer mon chemin, c’est plus sa grande détresse, sa grande souffrance qui ne me donne pas le droit de rejoindre ce haut-lieu magique où tout est très beau et où ne règnent que paix, amour et harmonie.

Dis-lui que je savais et c’était ce qu’il fallait faire pour m’aider à partir dignement. J’avais de grosses coliques, j’étais la plupart du temps dans mon corps astral pour mieux le gérer et mon état devenait supportable, mais pour pouvoir me ressourcer et me réparer c’était une véritable libération pour moi de m’aider à tirer ma révérence.

Dis-lui que moi aussi je l’aime d’un amour pur, profond et inconditionnel. Dis-lui que même si je peux encore la voir, même si j’erre dans son environnement, que je peux l’entendre, ne plus pouvoir me manifester physiquement à elle, ne plus pouvoir sentir son odeur me manque aussi. Mon départ n’a rien à voir avec la nourriture, c’est un mal qui me rongeait de l’intérieur, et pour cela on ne pouvait rien.

Toutes ces années avec elle ont été des années de pur et grand bonheur. Nous étions si proches, si complices et lorsque nous étions ensemble on en faisait qu’un. J’étais elle, elle était moi et ce malgré les soucis affectifs qu’elle a pu connaître, lorsque nous étions ensemble elle se sentait forte et en confiance. Je lui ai appris la coopération et la fidélité à soi-même. Elle a su, grâce à ma présence, se connecter à son petit enfant intérieur et le nourrir de tendresse. Lorsqu’elle me chérissait, c’est son âme qu’elle remplissait d’amour, et cela lui a permis d’avancer sur son chemin en toute quiétude.

J’étais son pilier qui lui permettait de trouver un équilibre, et depuis que j’ai fait le grand saut, elle se trouve bien vide à l’intérieur d’elle. Elle a besoin de moi et de ma présence, et en attendant de se retrouver sur un plan terrestre, je lui ferai des petits signes, des petits coucous et je veillerai sur elle dès que j’aurai rejoint le paradis des animaux. Tant que je reste là je ne fais que lui puiser sa force et elle ne peut être bien. Dis-lui que seule mon enveloppe corporelle n’est plus, mon âme quant à elle perdure. Elle est éternelle et reste reliée à la sienne.

Oui nous étions des âmes sœurs, et la mienne aspire bien entendu à lui revenir très vite. Ce ne sera pas long, l’espace-temps  là-haut n’est pas du tout le même qu’ici-bas, et lorsqu’elle sera prête à me retrouver je me mettrai de nouveau sur son chemin. J’endosserai le costume qui lui plaira et j’aimerais bien lui revenir sous la même forme. Explique-lui que tout est possible et surtout dis-lui qu’il y a des transferts d’âmes qui se font et que mon retour, à condition d’être montée, peut être rapide. Peu importe le nom, cela n’a pas trop d’importance pour moi, c’est ce qui lui importe à elle.

De l’autre côté du pont on m’attend, il y a une femme (ancêtre) très pieuse qui fait des prières pour moi, pour toi et toute la famille, il y a aussi des animaux, 2 chiens et je suis pressée maintenant de les rejoindre.

Puis toutes les deux nous nous sommes avancées sur un chemin de lumière qui s’est ouvert à nous, il y avait des petites fleurs de toutes les couleurs, et lorsque je me suis arrêtée devant le pont des fleurs, elle m’a dit

Merci, merci pour ta bienveillance, merci à ma mie, dis-lui que je l’aime, je les aime tous et nous nous reverrons bientôt.

Puis elle a traversé le pont au petit trot pour se noyer dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel. Au revoir Biche du Don, repose et ressource-toi. A bientôt.