Ma rencontre avec Bounty s’est faite sur un chemin gris, il était assis comme figé sur un gros caillou, la tête baissée vers le sol, j’avais l’impression qu’il était scellé à cet endroit. Je me suis approchée doucement de lui, et arrivée à 3 mètres, je l’ai appelé par son nom. Visiblement il ne m’entendait pas et j’ai dû l’appeler plusieurs fois avant qu’il ne lève la tête vers moi. Ses yeux vides, sans expression ont repris une petite lueur d’espoir et il me sembla que ses oreilles se mirent à bouger. Je me suis présentée et lui ai expliqué que j’avais des messages et des questions de la part de sa gardienne, et là la réaction fut instantanée :

Et bien ce n’est pas trop tôt, depuis tout ce temps que je reste là, scotché à cet endroit ou alors en vivant dans son entourage, à la suivre comme son ombre, de la voir se torturer l’esprit et de faire tout ce qu’elle fait pour ne surtout pas me laisser partir parce que son chagrin, sa souffrance sont trop forts, mais ici ce n’est plus ma place et moi tant que je reste entre deux je ne suis pas bien. Je ne peux me reposer et me ressourcer et mon corps après toutes ces années a besoin de se reposer.

Ici je pompe son énergie, celui de mes compagnons et ils ne vont pas bien. Ils me voient et ils savent qu’ici ce n’est plus ma place et que tant que je reste là personne ne peut retrouver la paix et la sérénité. Pour eux c’est compliqué, l’arrivée de ce petit chiot tant que je reste là, ils ne pourront jamais l’accepter et ils lui mènent la vie bien dure. Il ne mérite pas cela, c’est un petit bébé qui a besoin qu’on le câline et qu’on joue avec lui. Lui aussi, tout comme moi et ma maman avons besoin d’aide afin de retrouver la paix, et la place là où l’on doit être.

Je l’ai rassuré et lui ai dit qu’après notre échange je l’accompagnerai sur le chemin et lui ai lu le contenu des missives :

messages :

 

Bounty tu es ou? Tu n’as plus mal? Tu t’ennuies là ou tu es ?? 

 

je t’aime tant mon Bounty , tu me manques énormément,  il y a un vide dans mon  coeur  qui ne partira jamais 

 

Tu sais peut-être, mais tu es rentré a la maison, mais ils avaient perdu tes cendres ou il ne trouvaient pas l’urne et ça a duré 1 mois, j’étais folle  d’inquiétude 

ta petite maman Virginie a fait un email a la veto et 2 jours après,   je ramenais l’urne et toi a la maison , je t’ai mis ta balle orange( et la bleue on vient de la trouver) que tu aimais tant avec laquelle tu jouais sans arrêt et sautais  pour l’attraper le premier

 

tu j’étais pas un chien pour moi  mais un ami fidèle pour moi  toujours des câlins même dans les moments difficiles, tu as fait tellement de déménagement( 6 en  4 ans) peut être tu ne savais plus ou tu habitais comme moi mais on était ensemble c’était le principale 

 

J’aurai tellement de choses à te dire  en 15 ans ensemble mais ce qui me vient là JE T ‘AIME et JAMAIS JE NE T’OUBLIRAIS

 

 

 

Questions/

 

 Pourquoi quand la veto a voulu te faire la piqure pour te soulager as tu pleurer  tu avais mal ?? Et tu t’es levé et a hurler a la mort alors que tu étais trop faible,  dit toi bien que moi non plus je n’avais pas envie de te quitte

 

Et la je culpabilise en me disant que je t’ai fait partir et toi tu n’avais pas envie ? C’est le cas 

 

Regrettes tu etre parti si vite? ? si vite et trop tot ??

 

 

J’espère que tu es content  comme nous  ta vie  n’a été qu’un bonheur  ici tu manques a tout le monde, tu etais et restera notre DOUDOU D’AMOUR 

 

Les dernier temps tu n’avais pas l’air d être present,  mais dans les nuages tu avais si mal que ça ?? et souvent je t’aidais a avancer tu avais du mal a marcher

 

les filles ne te cherchent pas( les vilaines),  il parais qu’elles de voient et toi ?? 

 

j’ai pris un chiot de l’élevage de jelly ,  mais jamais au grand jamais il est là pour te remplacer et tu le sais

 

Tes copines le rejettent  est ce que cela te dérange ? que sharly soit la, il a presque la meme tete que toi, mais on avait pas choisi comme ça il est devenu comme ta petite tète 

 

 

dit-moi si tu es bien ou tu es ??

 

que je sache peut etre cela m’apaisera 

 

je nai d’un dernier message a te faire  MON DOUOU JE T AIME ET NE T OUBLIERAI JAMAIS MON AMI  

 

Lorsque j’eus terminé, il s’est levé et il est venu se frotter à mes jambes pour me réclamer quelques caresses. Au bout de quelques minutes il m’a dit :

Que c’est bon de se sentir aimé, je sais que ma maman se trouve dans une grande, une énorme détresse. Nous avons vécu des choses difficiles ensemble mais nous étions ensemble, toujours là l’un pour l’autre, et depuis mon départ elle se sent amputée d’une partie d’elle. Elle se sent vide à l’intérieur d’elle, et elle fait tout pour s’accrocher à moi et à mon énergie qui pourtant ne lui est plus d’aucune aide sur le plan terrestre. Au contraire, si elle ne me laisse pas partir et qu’elle n’arrive pas à faire son deuil elle va tomber malade. Tu comprends qu’elle a tout comme moi besoin de ton aide.

Je l’ai encore une fois rassuré et il m’a dit :

Ouf je suis soulagé, je mérite après toutes ces années de monter me reposer et me ressourcer. Dis à ma maman que je l’aime et que je ne l’oublierai jamais. Dis-lui aussi que mon âme est et restera toujours reliée à la sienne et que nous nous retrouverons. Il m’était difficile de revenir dans le corps physique de ce bébé puisque je suis toujours encore dans ce bas-astral. Mais lorsque le moment pour elle sera venu de me retrouver, on se retrouvera à nouveau. Qu’elle n’ait aucune crainte, mon âme est et restera toujours reliée à la sienne.

Dis-lui aussi de ne pas culpabiliser, j’étais en souffrance et pour la plupart du temps dans mon corps astral pour mieux le supporter, elle a fait le bon choix au bon moment. J’étais prêt à faire le grand saut, je préparais mon départ depuis le début de l’année et j’ai hurlé parce que la piqûre m’a fait très mal. Le produit que le vétérinaire m’a injecté dans le muscle était très froid et brûlant. C’est cela qui m’a fait hurler, ce n’était pas parce que je ne voulais pas partir, j’étais sur mon chemin et j’étais prêt, ne regrette rien.

Nous avons vécu de belles choses ensemble pendant toutes ces années, j’ai été si heureux avec toi même dans les moments de ta vie personnelle plus compliqués. J’étais toi, tu étais moi, une énorme complicité nous liait, et les filles n’en prenaient pas ombrage. Elles aussi sont très proches et elles ont bien compris l’exclusivité qu’on se partageait. Tu es et tu resteras ma petite maman, je t’aime et je ne t’oublierai jamais, et où que je sois je veillerai sur toi et te protègerai. Je sais que je suis irremplaçable dans ton cœur, mais en attendant mon retour tu as besoin de donner de l’amour à mes compagnons, et ce petit chiot en a bien besoin. Alors câline-le tout en pensant avec joie à moi, et pas en pleurant.

Ce n’était plus une vie pour moi et je me réfugiais souvent dans mon corps astral pour mieux le supporter. Maintenant je ne sens plus aucune douleur, mais tant que je n’aurai pas rejoint le jardin des animaux je ne peux me reposer et me ressourcer. Tu t’es battue pour récupérer les restes de mon corps physique, tu en avais besoin ne voulant, n’acceptant pas mon départ, mais sache que ce ne sont que les poussières de mon enveloppe corporelle et que mon âme elle, elle perdure. Lorsque j’aurai rejoint ce haut-lieu magique je pourrai t’envoyer des signes et te faire des petits coucous.

J’attends de toi que tu souris de nouveau, que tu partages tes moments avec les tiens dans la joie. Je suis et je resterai ton doudou, et fais-moi confiance nous nous reverrons sur le plan terrestre. Le moment est maintenant venu pour moi de tirer dignement ma révérence et je te remercie de m’aider à le faire. C’est le plus beau cadeau que tu puisses me faire aujourd’hui et qui te permettra enfin de commencer ton travail de deuil.

Puis tous les deux nous nous sommes avancés sur ce chemin triste qui s’est transformé en un réel chemin de lumière, et lorsque je me suis arrêtée devant le pont des fleurs il m’a dit :

Merci, dis à ma maman que je l’aime très fort et que je lui enverrai des énergies divines. Dis-lui que son doudou d’amour est et sera toujours là pour elle. Qu’elle n’en doute pas mais se donne le temps d’accepter mon départ et de reprendre son chemin, sur lequel de là-haut je l’accompagnerai toujours. Et puis nous nous reverrons.

Puis il a traversé le pont et s’est noyé dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel.

Au revoir Bounty, doudou d’amour !