width=La rencontre ave Broute s’est faite sur un chemin de bitume très austère. Elle était assise sur son train arrière et semblait figée, collée au sol. A mon approche elle a levé la tête et ses yeux exprimaient une immense détresse. Son regard était triste, et lorsque je me suis présentée à elle pour lui expliquer qui j’étais et la raison de ma venue, elle m’a dit :

Dieu soit loué, je commençais à désespérer. J’étais persuadée que je resterais ici à vie, je n’avais plus guère d’espoir et te voilà, ma maman a trouvé le moyen de m’aider, de nous aider, car depuis mon départ je suis malheureuse, mais elle l’est encore plus.

Puis elle s’est mise à pleurer. Je pouvais voir les larmes perler et couler sur ce sol froid et triste. Je lui ai demandé la permission de la caresser, et après quelques instants, elle s’est levée et est venue se frotter à mes jambes. Je lui ai caressé la nuque, elle poussait des petits ronrons et des miaulements de plaisir. Lorsqu’elle s’est calmée, je lui ai dit que j’avais un message pour elle et aussi quelques questions :

Je voulais te dire que tu es celle que j’ai aimé et que j’aime encore le plus au monde. Je t’aimerai toujours et tu me manques terriblement depuis presque un an. Je suis tellement désolé de t’avoir confrontée à mes angoisses durant tes dernières années. Est ce que tu m’en veux? Est-ce mon stress qui a provoqué ton cancer? Je suis désolé de ne pas l’avoir vu a temps ce cancer… J’espère que j’ai été quand même une bonne maman pour toi … Je t’aime et je t’aimerai toujours Broute.

Dès que j’avais terminé de lui lire le message, elle s’est remise à pleurer. J’ai essayé de la câliner pour la calmer, et après un petit moment, elle m’a dit :

Merci, que c’est bon les câlins, ça fait si longtemps que j’ai oublié combien c’était bon de se faire cajoler. Dis-lui qu’elle aussi me manque, moi aussi je l’aime et je suis tellement triste de la voir en souffrance. Même si je me sens un peu ankylosée, je me rends compte que je n’ai plus de douleurs et que je me sens bien physiquement. Mais sa grande souffrance et sa culpabilité m’empêchent de partir au jardin des animaux. Je suis toujours encore dans son entourage et je l’accompagne dans son quotidien, mais elle ne peut plus me voir et l’absence de ma présence physique lui manque.

Elle avait besoin de mon énergie pour continuer à avancer et surtout pour l’aider à vivre et soulager les moments difficiles. Dis-lui de ne pas culpabiliser, elle ne pouvait pas voir que j’étais malade, le mal me rongeait de l’intérieur et elle ne pouvait pas le remarquer. C’était mieux pour elle, elle a assez souffert dans sa vie avec de fortes périodes de stress et d’angoisses, et de me soigner plus tôt n’aurait servi qu’à la rendre plus malade encore.

J’étais sur mon chemin et on ne pouvait rien pour moi. Qu’elle n’ait aucun doute ni regret à ce sujet et qu’elle ne pense pas que c’est de sa faute si j’étais si malade.

Dis-lui que ma mission consistait à la nettoyer énergétiquement et lui apprendre le détachement affectif. Oui j’étais un chat de type timbre-poste et je devais l’aider à vivre sa vie et ses relations avec plus de liberté et de zénitude. Je n’ai pas terminé ma mission auprès d’elle et il est important que je puisse rejoindre le paradis des animaux pour me reposer et me ressourcer, mon âme aspire fortement à lui revenir pour continuer mon travail. Mais tant que je reste là entre deux, ce n’est pas possible. Un passage dans l’au-delà est nécessaire et tant que je suis là et que je m’accroche à elle, elle ne peut faire son travail de deuil et moi je lui pompe toute son énergie et cela la rend encore plus malade et dépressive.

Dis-lui qu’elle a été une maman merveilleuse pour moi, nous avons été très fusionnelles et elle m’a donné beaucoup d’amour. C’était du bonheur de partager de doux moments de tendresse ensemble et que j’ai très envie de lui revenir. Après un petit passage là-haut, ce sera possible. Qu’elle écoute son cœur et ne me ferme pas sa porte, nous pourrons de nouveau vivre une belle histoire ensemble.

Je me charge de lui transmettre tes messages Broute, es-tu maintenant prête à partir ?

Je le suis, j’attends ce moment depuis si longtemps.

Puis nous nous sommes avancés sur le chemin de bitume qui s’est, au fur et à mesure que nous avancions, transformé en un beau chemin de lumière. Il y avait de petites étoiles dorées et argentées qui brillaient dans le ciel. Arrivées au pont des fleurs je me suis arrêtée et elle m’a dit :

Merci, toute ma gratitude pour ce que tu fais pour nous et merci, mille merci à ma maman d’avoir fait appel à toi. Dis-lui que je l’aime et qu’elle doit écouter son cœur et se mettre bientôt à ma recherche. Je me mettrai sur son chemin et nous retrouverons notre si belle complicité avec amour, beaucoup d’amour.

Puis elle a traversé le pont et s’est noyée dans l’escalier de l’arc en ciel.

Au revoir Broute, paix à ton âme !