width=A mon arrivée sur le chemin, Casimir était assis sur son arrière train, il m’attendait. Il m’a regardée, la tête penchée vers la droite et m’a dit :

Ce n’est pas trop tôt, bientôt 3 mois que je suis parti et il n’arrive toujours pas à faire son deuil. Moi ça m’empêche de partir. C’est vrai que mon départ a été rapide, brutal pour eux, ils n’ont pas eu le temps de se préparer et sont dans l’incompréhension totale, j’en suis désolé. Moi je savais que j’allais partir, je commençais à préparer mon départ, mais il est vrai que je ne pensais pas non plus que ça irait aussi vite. Mes reins étaient fatigués depuis un bon moment et mon cœur a souffert. Le jour de mon départ, j’ai senti une pression énorme dans l’arrière train mais aussi dans la région de mon cœur et tout est allé très vite.

Les parents et Stéphane t’aiment plus que tout, ils ne t’oublieront jamais, tu seras toujours dans leur cœur. Ils ont toujours fait leur possible pour que tu sois heureux et tu leur manque énormément. C’est difficile pour Stéphane de ne plus pouvoir te serrer dans ses bras et te faire des bisous. Tu as été d’un grand soutien dans les moments difficiles et ils te disent merci d’avoir pu partager un beau moment de leur vie avec toi. Stéphane espère que tu as été heureux avec eux, pour lui tu resteras toujours son chéri, le premier. Il est désolé d’avoir du mal à te laisser partir. Ils sont désolés aussi de n’avoir pas remarqué que tu avais un problème qui a causé ton décès, et surtout il est désolé de ne pas avoir été à tes côtés lorsqu’il est parti.

Oui je sais tout ça. Moi aussi je les aime plus que tout et j’ai eu la chance de vivre heureux dans une famille où je comptais comme un de leur membre à part entière. Je n’ai jamais manqué de rien, j’ai eu une belle vie de prince et les en remercie aussi. Mais il faut que tu expliques à mon gardien qu’il est important de me laisser partir maintenant.

C’est qui ton gardien ?

C’est Stéphane, c’est auprès de lui que j’avais une mission et depuis son départ, je ne pouvais plus la remplir, c’était d’un grand inconfort pour moi. D’où la raison de mon départ. C’était un départ prévu, et ils ne doivent absolument pas culpabiliser de n’avoir rien remarqué, c’était mon souhait. Explique-lui que lorsque nous les animaux avons terminé notre mission auprès de vous, ou ne pouvons la continuer pour n’importe quelle raison, nous avons la faculté de tirer notre révérence et de partir nous reposer et nous ressourcer quelque temps au paradis des animaux, avant de vous revenir. Seulement à cause de sa détresse il m’est impossible aujourd’hui de rejoindre le paradis des animaux.

Est-ce toi Casimir que le père ressent la nuit ? Et les miaulements qu’il entend régulièrement au milieu de la nuit ?

Oui c’est moi, je sais qu’il a la possibilité et cette sensibilité de pouvoir me voir et m’entendre et je suis content de cette prise de conscience, car lui il sait qu’ici ce n’est plus ma place. J’étais là aussi pour nettoyer les énergies de la maison et le nettoyer lui. J’aimais me mettre sur ses genoux pour le débarrasser de ces énergies qui ne lui appartenaient pas. J’aimais aussi squatter son fauteuil et le lit, les endroits où elles s’accrochaient. Dis-leur de reprendre un autre chat et même deux de manière à se répartir le travail.

Dis-leur aussi que je me suis considéré toutes ces années comme leur fils et que j’ai beaucoup apprécié la tranquille douceur de la mère, le pilier dans la famille, même si sa santé est fragile. Et s’il te plait dis à mon gardien que j’étais là pour lui, pour l’aider à grandir, pour trouver sa voie et l’encourager chaque jour à aller de l’avent, chose qui n’était pas toujours facile pour lui. Il a eu des grands moments de doute et la confiance n’a pas toujours été au rendez-vous. Aujourd’hui ça va mieux et il est capable de comprendre que ma place est ailleurs qu’ici, que j’aspire à rejoindre le pont de l’arc en ciel, et que surtout j’aimerais lui revenir. Qu’il ne culpabilise pas s’il n’a pas été présent au moment de mon départ, je ne lui en veux pas et je n’ai rien à lui pardonner, si ce n’est de se pardonner à lui-même de tant souffrir de mon absence. Pour cela j’ai besoin de quelques semaines pour me ressourcer. Si tu m’aides à rejoindre l’au-delà maintenant, je pourrai lui revenir en pleine forme, espiègle, joueur et tendre. Il a tellement besoin de tendresse et de câlins. En attendant je reste bien entendu relié à lui. Explique-lui que ce lien n’est pas coupé par la mort, que mon âme est éternelle et que je souhaite très vite le retrouver.

Je m’en charge Casimir, ne t’inquiète pas. Il espère que tu seras toujours là, à leurs côtés, que tu te souviendras d’eux et que vous vous retrouverez un jour. Son esprit est donc ouvert à ce que ce soit possible et il te dit salut mon chéri. Salut mon Casimir.

Je suis heureux, « salut » est le juste mot qu’il devait employer, « adieu » aurait été plus dur à entendre et je suis prêt maintenant à rejoindre le paradis des animaux.

Je vais donc t’y accompagner un petit bout de chemin et n’aie pas peur Casimir, lorsque je m’arrêterai, de continuer ton chemin.

Je n’ai pas peur, j’ai une grande confiance en toi, je sais que tu fais les choses avec ton cœur et c’est drôlement rassurant et réconfortant, merci à toi.

Puis il s’est mis debout à mes côtés et nous nous sommes avancés sur un chemin bordé de pissenlits, de jolies fleurs jaunes et il m’a dit, il aime le pissenlit et moi aussi. Puis lorsque je me suis arrêtée, il a continué son chemin et s’est noyé dans cette magnifique lumière de l’arc en ciel.

Au revoir Casimir !