Tes gardiens me chargent de te transmettre des messages et de te poser quelques questions Cayenne :

  • Commencer par lui dire que nous l’aimons et que nous sommes très contents de l’avoir adoptée, qu’elle fait partie de la famille 
  • Connaître son histoire si elle veut bien la partager [elle a donc été retrouvée sur un bateau abandonné à environ 3 mois, s’est jetée à l’eau dès qu’elle a vu la famille de ma soeur, ils l’ont adoptée dans la foulée après avoir enquêté autour d’eux / du lieu de sa découverte], que faisait elle toute seule sur ce bateau, d’où vient elle ?
  • Si elle est heureuse 
  • Ce qu’elle aime / n’aime pas / aimerait 
  • Si elle aime / reconnaît son prénom
  • Si elle a conscience du danger des voitures [idéalement la sensibiliser]
  • A t’elle envie de sortir (de l ‘appartement dans lequel elle vit) et si oui, reviendrait-elle ? 
  • Si elle aime ses croquettes, ce qu’elle préfère manger 
  • Sa relation à l’eau (elle ne boit que quand l’eau coule) 
  • Si elle a quelque chose de particulier à nous dire ?

 

Pendant que je lui lisais le contenu des missives, Cayenne me regardait les yeux grand ouverts, et secouait de temps à autre une oreille. Dès que j’eus terminé, elle s’est levée et est venue se frotter à mes jambes en poussant des petits miaulements de plaisir. Je lui ai demandé l’autorisation de la caresser, et après quelques instants de câlins, elle s’est assise pour me dire :

Dis-leur merci à tous pour leur message d’amour, dis-leur merci pour toute la bienveillance qu’ils ont à mon égard et de faire tout ce qu’il faut pour que je sois bien, que je me sente en confiance et en sécurité. Je leur en suis si reconnaissante et j’ai beaucoup de gratitude envers eux.

Avant de leur raconter mon périple, avant de leur faire connaître mon histoire, j’aimerais leur dire que moi aussi je les aime d’un amour fort, pur profond et inconditionnel. Depuis qu’ils m’ont prise sous leurs ailes, je sais que je n’ai plus rien à craindre, ni la famine, ni le vent et la pluie, la  houle qui me faisait très peur, et ni les orages, le tonnerre et les bourrasques. J’ai connu tout ça, à peine née ma maman m’a prise par la peau du cou pour me porter sur ce bateau. C’était sans doute le seul endroit où elle pouvait me laisser pendant qu’elle partait à la chasse de la nourriture. Elle était elle-même encore un bébé et avait beaucoup de mal à nous nourrir, j’ai manqué de tout mais sans me plaindre. Je savais que l’endroit était malgré tout le seul refuge où l’on ne me retrouverait pas aussi vite. Il fallait que je grandisse pour pouvoir me trouver un autre lieu, et c’était très difficile surtout que ma maman au bout de quelques semaines ne revenait plus, que je me suis sentie abandonnée.

Et vous êtes arrivés, vous m’avez recueillie et adoptée, c’est du pur et grand bonheur, et je suis si heureuse d’être dans votre famille, au cœur si généreux envers les animaux. Tu sais ma petite maman, tu m’as adoptée et tu me choyes et me câlines comme tes enfants, je me sens aimée et respectée. J’adore jouer avec vous et j’aimerais bien sortir me ressourcer avec les énergies de la terre, mais les voitures je n’ai pas conscience du danger. Je n’en ai à vrai dire jamais côtoyé, et j’en aurai probablement peur. Non, je me sens chez moi ici, en paix et en harmonie.

Depuis que je suis ici je me considère un peu comme votre petite princesse et je profite du confort qui y règne. J’aime les croquettes mais j’aime aussi les pâtés, mais pour tout vous dire, le thon et le poisson sont les bienvenus aussi. Mais entre un petit chaton dénutri, le ventre criant famine, quoique vous me donniez je prends du plaisir à le manger, ça me plait et je ne manque de rien.

Plutôt de type timbre-poste, j’ai une mission à accomplir auprès de toi et je suis là pour t’apprendre le détachement affectif, t’apprendre à aimer d’une manière fluide et autonome sans dépendance ni co-dépendance. Je suis là pour t’aider à rendre tes enfants indépendants et autonomes, pour essayer de calmer un peu tes ardeurs de maman poule, et j’ai du taf, mais nous avons tout notre temps, n’est-ce pas ? J’ai aussi besoin parfois d’un peu de solitude pour nettoyer les énergies du lieu et des personnes et me ressourcer après. Mais ce que j’aime pardessus tout c’est lorsque tout le monde est rentré, lorsque nous passons des soirées ensemble devant la télé, je ne me sens plus seule et abandonnée, et à ce moment les mauvais souvenirs, les mémoires qui sont encore ancrées disparaissent.

Je reconnais mon prénom, je sais que c’est moi que vous nommez ou appelez, mais sans me poser la question si ça me plait ou pas. Je ne connais pas cet état d’être et j’ai plus la notion des sentiments, du ressenti que vous mettez dans la volonté de me parler et je capte avant tout vos pensées, donc je sais que c’est à moi que vous voulez vous adresser.

Je suis presque née sur un bateau et j’aime entendre le bruit de l’eau qui bouge. Cela me stimule et me rassure. Ce que j’aimerais vous dire et vous promettre c’est de ne jamais trop m’éloigner si vous me laissez sortir parce que ici c’est chez moi et que je me sens maintenant être un membre de la famille, et en même temps j’appréhende l’extérieur et les dangers qui circulent. Pour l’instant ce n’est pas ma priorité.

Je vous aime et je suis si contente d’être avec vous tous.