La rencontre avec Choco s’est faite sur un chemin triste et sans lumière. Il était assis, comme figé à cet endroit, le regard terne, sans expression. Je me suis avancée doucement vers lui pour ne pas lui faire peur et je l’ai appelé par son nom plusieurs fois avant qu’il se lève et tourne la tête vers moi. Ses yeux ont tout de suite changé d’expression et je pouvais y lire une lueur d’espoir. Je me suis arrêtée, me suis présentée et lui ai expliqué que j’avais des messages et des questions à lui transmettre de la part de sa gardienne. Il s’est rapidement levé presque offusqué pour me dire :

Mais c’est ma maman, c’est ma chère, tendre et douce maman, ce n’est pas ma gardienne, c’est moi qui était son gardien. J’étais là pour veiller sur elle, pour la protéger et lui permettre de se reconnecter à son petit enfant intérieur, à sa source et lui permettre, lorsqu’elle me chérissait, de se nourrir de tendresse et de panser toutes les blessures du passé.

Devant une telle réplique je me suis sentie obligée de m’excuser, et lui ai lu les messages de sa maman :

Je voudrais encore lui dire combien je l’aime, je le remercie de son amour, de la joie qu’il nous a donné, de son caractère expansif et si spécial, de son courage et de sa joie.

Je suis inconsolable, il me manque tellement et je crois a sa copine chihuhua bouboule aussi.

Dites lui que je voulais tellement qu’il revienne avec moi en belgique, ou il y avait un grand jardin.

C’était mon meilleur ami et mon amour, j’étais en paix lorsqu’il etait dans mon lit le soir près de moi.. a réclamer ses carottes ou sa pomme.

Je l’aime pour toujours. Pleins de bisous et des caresses derrière son oreille .

 

Je voudrais lui demander pourquoi il a décliné si rapidement?

A t il souffert ? Ai je pris la bonne décision?

A t il retrouver ses amis et ma famille? Est il heureux? 

Veut il revenir un jour? Comment je saurai si c’est lui? Va t on se revoir?

Je l’espère en paix et heureux.

Je voudrais tant qu’il me donne des signes , de différentes façon? Savoir si il est prés

de moi?

Qu’a-t-il a me dire? A t il ressenti un soins énergétique que nous avons fait ensemble quelques jours avant son depart? Ou j’ai ressenti une telle connection?

 

Pendant que je lisais le contenu, il me regardait tristement et je pouvais apercevoir les larmes couler le long de son museau, elles tombaient sur ses pattes, il s’est mis à les lécher, d’abord très discrètement et puis avec de plus en plus de frénésie. Dès que j’avais terminé, il m’a dit :

Je suis très touché par son message d’amour empreint de tant de peine et de nostalgie. Je sais que je comptais tant pour elle, je comptais plus que le prunelle de ses yeux et j’étais son bébé, mais aussi son compagnon, son ami, son meilleur confident. Je sais que je lui manque et oh combien c’est difficile pour elle de continuer son chemin sans moi. Sa culpabilité, ses doutes, ses regrets et surtout son immense chagrin m’ont retenu ici dans ce bas-astral, et j’ai besoin, nous avons besoin tous deux de ton aide. Moi pour m’aider enfin à rejoindre le jardin des animaux et elle pour retrouver un peu de paix dans son cœur et son esprit et de pouvoir enfin commencer à faire son deuil.

Ici ce n’est plus ma place et tant que je reste là je ne peux me reposer ni me ressourcer. Je m’accroche à elle, à son énergie et elle se sent fatiguée et complètement vide. Même si Bouboule est là, qu’elle peut lui rendre un peu le sourire, elle est elle aussi très perturbée de me voir encore dans son quotidien, dans leur environnement, car ce n’est plus ma place.

Dis à ma maman d’arrêter de se torturer l’esprit, j’étais sur mon chemin et je préparais mon départ depuis le début de cette année. J’avais des bobos dus à l’âge et tout mon corps était usé. Mon cœur et mes reins ont bien souffert pendant ces fortes chaleurs et on ne pouvait plus rien pour moi. La transition était bien engagée depuis tout ce temps, j’étais prêt à tirer ma révérence avec dignité.

Dis-lui merci pour son merveilleux message d’amour et dis-lui que je l’aime très fort. Je l’aime d’un amour pur, profond et inconditionnel et je lui suis tellement reconnaissant d’avoir eu la force et le courage de m’aider à partir. Je sais que ce fut un choix cruel, mais qu’elle l’a fait par amour pour moi et j’ai tellement de gratitude pour elle. Aider l’être cher, son amour, pour faire le grand saut est un acte atroce qui laisse des traces, parce que et c’est normal, on est humain et l’on a peur de s’être trompé. On ressent une terrible et épouvantable injustice et c’est compliqué de revenir dans le présent, dans le ici et maintenant et de continuer son chemin.

Depuis mon départ il lui manque une partie d’elle, elle se sent vide à l’intérieur d’elle, dans son cœur, mais aussi sa maison, son grand jardin sont dépourvus d’âme, et tant que je reste là je ne peux me réparer et lui revenir.

Je l’ai rassuré et lui ai promis de l’accompagner pour rejoindre le paradis des animaux après notre échange et il a poussé un gros soupir me disant merci.

Je sais qu’on m’attend de l’autre côté, je sais que je vais retrouver des congénères et des humains, des ancêtres aussi et je n’ai pas peur. J’aimerais tant pouvoir lui envoyer des signes, lui faire des petits coucous, mais tant que je reste entre deux, même si je peux la voir, l’entendre, la suivre comme son ombre, je ne peux me manifester à elle.

Dis-lui que le soin m’a fait du bien et m’a aidé à me débarrasser de toutes les énergies qui ne m’appartenaient pas, et c’est bien sûr plus léger que j’ai quitté cette enveloppe corporelle. Maintenant je ne ressens plus aucune douleur, je me sens prêt à rejoindre ce haut-lieu magique car je sais qu’elle aura réponse à ses questions, et ce passage dans l’au-delà me permettra de préparer mon retour. Un aller/retour est la condition sine qua none pour nous permettre de nous retrouver. Nous étions très proches, très fusionnels, j’étais elle, elle était moi. Rien que de nous regarder nous emplissait d’amour et mon existence à ses côtés à été une vie de rêve.

J’ai vécu comme un petit prince et elle était ma Reine. Elle a besoin de moi, de mon énergie, de ma présence à ses côtés sur le plan terrestre. Seul moi peut combler le vide qu’elle ressent dans tout son corps, et mon âme qui est éternelle, qui perdure, aspire à lui revenir. Dis-lui que ce ne sera pas long, l’espace-temps là-haut n’est pas du tout le même qu’ici-bas et j’endosserai le costume qui lui plaira. Dès qu’elle se mettra à ma recherche je me mettrai sur son chemin et pour cela je suis maintenant pressé de monter au jardin des animaux.

Et sans tarder nous avons tous les deux emprunté ce chemin si gris qui au fil de nos pas devenait de plus en plus lumineux, et lorsque je me suis arrêtée devant le pont des fleurs il ma dit

merci, dis-lui que je l’aime

et il l’a traversé pour se noyer dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel.

 Au revoir Choco, à bientôt.