width=Chonchon semblait m’attendre de pied ferme sur le chemin. Il était assis sur son arrière train et me regardait. Un regard qui en disait long, un regard à la fois empli de tristesse et de lassitude. Je lui ai expliqué que sa gardienne me demandait de communiquer avec lui pour lui donner un message et aussi lui poser quelques questions.

Ce n’est pas trop tôt, je sais qu’elle est dans la souffrance et la culpabilité et qu’elle se tourmente quant au choix qu’elle a fait pour m’aider à partir et cela m’empêche de partir. Ici ce n’est plus ma place, tant que je suis ici je ne peux pas me reposer et me ressourcer et elle, elle ne peut pas trouver la paix et commencer son travail de deuil. De plus je me nourris de son énergie et si tu ne m’aides pas à rejoindre le jardin des animaux, elle va finir par tomber malade et faire une dépression.

Ne t’inquiètes pas Chonchon je suis là et après notre échange, je t’aiderai à passer le pont des fleurs. Je vais maintenant te lire ses messages et ses questions.

Ce que j’aimerais lui dire :

– que je suis désolée de l’avoir fait euthanasier, mais il était si malade et je le sentais tellement souffrir malgré les médicaments

– que je me sens si coupable même si je l’ai accompagné jusqu’à la dernière minute. J’ai l’impression de l’avoir abandonné alors qu’il a toujours été là pour moi quand je n’allais pas bien

– que cette décision a été un déchirement et que je donnerais n’importe quoi pour l’avoir auprès de moi aujourd’hui

– qu’il me manque terriblement tous les jours depuis sa disparition et que j’ai beaucoup de chagrin

– que je pense tout le temps à lui et j’aimerais tellement l’avoir dans mes bras pour lui faire des câlins

– que je l’aime tellement fort

Les questions que je souhaiterais lui poser :

– est ce que j’ai pris la bonne décision d’arrêter ses souffrances ?

– est ce qu’il m’en veut ?

– que signifiait ce petit miaulement quand il m’a regardé droit dans les yeux juste avant la piqûre du vétérinaire ?

– est ce qu’il souffrait pendant sa maladie ? Et est ce qu’il a souffert pendant l’euthanasie ?

– est ce qu’il a été heureux comme il le souhaitait avec moi pendant ces 15 ans de vie commune ?

– comment va-t-il maintenant ? 

– est ce qu’il me fera un signe un jour pour me dire qu’il est toujours près de moi ?

Moi aussi je l’aime tellement fort et pour moi aussi c’est difficile de voir qu’elle est en grande souffrance, d’être dans son entourage, d’être à ses côtés, de la voir me pleurer et de ne pas pouvoir lui faire comprendre que je suis là, que je suis triste, que j’ai beaucoup de peine pour elle.

Dis-lui merci pour ce merveilleux message d’amour et dis-lui qu’elle n’a pas à être désolée de m’avoir aidé à partir. Au contraire, j’ai beaucoup souffert pendant ces derniers mois, et même lorsque je me réfugiais dans l’astral pour ne plus ressentir les douleurs de mon corps physique, je n’arrivais pas à me sentir soulagé. Qu’elle ne doute pas, elle a pris la bonne décision et qu’elle ne culpabilise pas,  elle était là à mes côtés jusqu’à la dernière minute et elle m’a accompagné jusqu’au bout. Je ne me suis pas senti abandonné, au contraire, j’ai ressenti sa grande détresse et son amour pour moi, car je sais qu’elle l’a fait par amour pour moi. Je sais combien cette décision lui a été difficile et je ne peux lui en vouloir et je voudrais que tu lui dises merci, merci d’avoir eu le courage de prendre cette décision.

J’ai essayé de lui dire merci juste avant la piqûre, mais elle n’a pas compris. Mon regard était pourtant rempli d’amour et de gratitude pour elle.

Je sais que ma présence physique, nos câlins lui manquent mais pour pouvoir les retrouver, il faut me laisser partir. Dis-lui que je n’ai pas souffert pendant l’euthanasie, la piqûre avait fait son effet et je me sentais en paix avec moi-même. J’ai été très heureux avec elle, une vie de pacha malgré les moments difficiles qu’elle a pu avoir, je me suis toujours senti aimé, choyé et câliné.

J’étais là pour l’aider à avancer sur son chemin, pour l’aider à se détacher affectivement, car sentimentalement elle n’a pas toujours été gâtée. De par son enfance, l’affection n’était pas en équilibre, plutôt en dent de scie et cela l’a traumatisée et ne l’a pas mise en confiance. Elle manque encore de confiance en elle, aux autres, en la vie tout court. J’étais là pour lui faire comprendre qu’on ne peut forcer les choses et qu’on doit parfois lâcher prise afin de vivre les relations d’une manière plus fluide, qui fasse moins souffrir. J’ai vécu des années merveilleuses avec elle, j’étais tantôt son petit garçon, tantôt son compagnon et seule la dernière année commençait vraiment à poser problème.

Qu’elle comprenne que j’étais sur mon chemin et que je préparais mon départ. Maintenant comme je ne me trouve plus dans mon corps physique, je me sens léger et ne ressens plus aucune douleur, mais ici ce n’est plus ma place et je veux rejoindre le paradis des animaux pour me reposer et me ressourcer quelques semaines afin de pouvoir lui revenir. Tant que je suis là je ne pourrai pas lui revenir et je pourrai lui faire un signe lorsque je serai dans l’au-delà, ici je ne peux que lui pomper son énergie.

Je dois te donner un autre message Chonchon et après je t’accompagne un petit bout de chemin.

« Tu as été un chat extraordinaire, tu étais mon ami le plus cher j’ai adoré passer des moments avec toi quand on se parlait, quand on faisait la sieste ensemble et quand on se faisait des câlins. Merci d’avoir toujours été là pour moi, c’était toi qui me réconfortais le plus. Tu manques également énormément à Maxens ».

Merci aussi pour cette belle déclaration d’amour, je sais que je leur manque, Maxens était mon petit frère. Mais explique lui qu’il ne tient qu’à elle pour pouvoir bientôt de nouveau me serrer dans ses bras et faire la sieste ensemble et je leur reviendrai avec une nouvelle mission, celle de l’aider à avancer sur son chemin, à se reconnecter à sa source.

Tes messages Chonchon lui seront très fidèlement transmis et si tu es prêt je vais t’accompagner un petit bout.

J’attends cela depuis presque un mois et je suis pressé de passer le pont et emprunter l’escalier de l’arc en ciel.

Puis il s’est avancé à mon côté, il semblait très impatient et il m’a dit :

Dis-lui merci, elle a été une maman, une compagne merveilleuse pour moi et je suis impatient de faire le passage pour pouvoir lui revenir en pleine forme dans le corps physique d’un chat. Qu’elle se fasse confiance, elle saura me reconnaître.

Puis il a passé le pont et s’est noyé dans l’escalier de l’arc en ciel.

Au revoir Chonchon, à bientôt !