La rencontre avec Colette s’est faite devant le pont des fleurs. Elle était assise le regard triste et nostalgique, je pouvais sentir son désarroi, son envie de faire le passage et aussi ce besoin de rester encore ici dans cette dimension terrestre. Je me suis approchée doucement, et lorsqu’elle m’a vue je me suis présentée et lui ai expliqué la raison de ma présence.

Je suis bien rassurée que tu sois là, je suis contente que ma maman ait fait appel à toi, je suis là depuis quelques jours et j’ai très envie de traverser ce pont si joliment fleuri et de rejoindre l’autre côté où tout est lumière et où l’on m’attend. Il y a des congénères (York ?) et aussi des humains, des ancêtres à ma maman, à mon papa et ils sont tous là pour me guider vers l’escalier de l’arc en ciel. Je n’ai pas peur de faire le passage, au contraire, ce qui me fait peur c’et de la laisser dans la souffrance, dans le chagrin, mon départ a été violent, brutal pour elle et elle n’était pas prête, et je ne me sens pas le droit de partir vers ce haut-lieu paradisiaque alors qu’elle est en détresse.

Je l’ai rassurée et lui ai dit que sa gardienne m’envoyait pour l’aider à faire le passage, et je lui ai lu ses messages et ses questions :

Que s’est-il passé ? Est-ce que tu as beaucoup souffert durant ces deux vols ? Était tu déjà malade et fatiguée avant le départ ? Aurais tu préféré rester à la maison séparée de moi mais avec Lola ( chihuahua) ? Pourquoi es-tu partie si vite ? Que s’est-il passé? Est-ce que j’aurai pu faire quelque chose pour te soulager ?
Les messages : je suis désolée mon bébé
Je t’aime et t’aimerait toujours
Toute la famille tous les amis et voisins m’ont envoyé des messages en me disant que tu étais si belle si intelligente et fidèle amusante attachante avec ta petite couette et qu’ils t’aimaient très fort .
Saches que j’ai cru bien faire et que je pensai que même si long voyage tu serais plus heureuse près de moi que de rester avec ta copine Lola qui était âgée et dont tu ne paraissais pas trop proches même si vous vous entendiez bien. Tu vas lui manquer aussi.
Ton papa et moi sommes si tristes et désemparés. Je suis anéantie par la douleur même si je sais que je dois te laisser aller vers la lumière et le jardin des animaux.
Tu as été la plus affectueuse adorable des petites chiennes.
Je t’aime très très fort ma Colette d’Amour et j’aimerai que tu me fasses un petit signe de temps en temps pour que je sache que de la haut tu penses à moi et ne m’oublies pas .

 

Après lui avoir lu le contenu elle s’est mise à pleurer,  c’était si triste et émouvant de la voir si malheureuse qu’elle s’est aussitôt mise debout, a secoué sa tête, s’est frotté les yeux avec une patte, puis l’autre et m’a dit :

Je ne pleure pas parce que je suis malheureuse, je pleure parce que ma maman ne va pas bien, elle a mal, elle a beaucoup de chagrin et ça me fait mal de la voir dans une si grande peine. Dis-lui merci pour son message d’amour, dis-lui que je l’aime aussi. Dis-lui aussi de ne pas culpabiliser, elle ne  pouvait pas savoir que mon cœur était si fatigué, j’étais sur mon chemin depuis quelque temps et je préparais ma transition à mon rythme. Ce voyage a sans doute un peu accéléré mon état général, mais cela ne changeait rien, au contraire, elle m’a permis de partir très vite et sans souffrance.

Ne t’inquiète pas ce n’est pas de ta faute et tu ne pouvais pas le voir. J’ai essayé de te ménager pour que tu partes et je voulais partir avec toi, je voulais t’accompagner et faire le grand saut avec toi, à mes côtés. C’est le plus beau des cadeaux que tu pouvais me faire. C’était essentiel pour moi, être avec toi et non à des milliers de kilomètres. Mon petit cœur qui en réalité était plus gros que la normale était fatigué, usé, malgré mon jeune âge et je ressentais très souvent de fortes oppressions dans la poitrine. J’avais parfois des points et du mal à respirer mais je ne peux pas parler de douleurs. C’était surtout une grosse gêne et pour mieux le gérer, je me réfugiais dans mon corps astral et c’est ce que j’ai fait pendant le vol.

Lorsque nous sommes arrivées à Paris j’étais déjà dans mon corps astral et je savais que ce ne serait plus possible de revenir dans mon corps physique. J’aurais tant aimé tirer ma révérence plus tard, après le mariage pour ne pas te gâcher les plaisirs et joies de cette fête, mais en même temps cela t’a bien occupé l’esprit et tu as vu du monde. C’est à moi de te demander pardon pour le choc que je t’ai infligé, moi j’étais sur mon chemin et j’étais prête. Ce qui comptait le plus pour moi c’était d’être avec toi et je ne voulais pas rester avec Lola. J’avais envie de t’accompagner pour profiter de chaque instant qu’il nous restait à vivre ensemble sur ce plan terrestre.

Je sais que je te manque, à papa, à Lola et à tous les amis et gens qui m’ont connue et admirée. On me disait souvent que j’étais très jolie et espiègle, je leur tournais autour et j’attendais qu’on me le dise. Ne sois pas triste, ne me pleure pas, j’étais malade, j’avais des malformations et tu le savais que mon espérance de vie serait inférieure à la moyenne. Tu le savais sans vouloir l’admettre, et c’était bien plus facile à vivre que d’être dans la peur de perdre l’autre.

J’étais là pour t’accompagner un petit bout de chemin dans cette incarnation physique mais ce n’est pas aujourd’hui, ce n’est pas mon départ si rapide qui va nous séparer. Je vous aime, vous êtes ma famille et je me considère comme votre enfant. J’étais ton bébé, ta petite chérie et je n’ai de loin pas terminé ma mission et te reviendrai avec la même, celle de t’aider à te reconnecter à la source, à ton petit enfant intérieur et t’ouvrir à l’amour inconditionnel.

Nous étions très complices, très fusionnelles et tu te sens bien vide à l’intérieur de toi, seul moi peut le combler ce vide. Nos âmes sont reliées et la mienne perdure où que je sois et aspire à te revenir très vite. Tu as besoin de ma tendresse, de mes câlins et de ma présence. Alors mets-toi à ma recherche à ton retour et je me mettrai sur ton chemin.

Je vais maintenant rejoindre le jardin des animaux pour me reposer, me ressourcer et préparer mon retour. De là-haut je pourrai te faire des signes, des petits coucous pour te montrer que je suis toujours là et que je veille sur toi. Merci pour toutes ces années de grand bonheur qu’il me tarde de retrouver. A bientôt mon cœur.

Puis elle m’a remerciée et a traversé le pont dans la joie en sautillant, et s’est noyée dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel.

Au revoir Colette d’amour, à bientôt !