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La connexion ave Czarnuk (Tcharnouk) s’est faite au bord d’une route. Il n’était pas seul, ils étaient 2 chats à m’attendre et lorsque je lui ai expliqué que c’était sa gardienne qui m’envoyait vers lui, il m’a dit :  

Ce n’est pas trop tôt pas tant pour moi, mon départ est récent mais pour elle c’est terrible d’être restée tout ce temps au bord de cette route alors qu’elle aspire tout comme moi à partir au jardin des animaux pour se reposer et se ressourcer.

Tchernouk était avec sa sœur, partie écrasée tout comme lui par une voiture au début d’année. Je lui ai promis de les libérer tous les deux, mais que j’avais d’abord un message de sa gardienne pour lui et qu’elle souhaitait aussi qu’il réponde à quelques questions.

« Czarnuk (Tcharnouk), Czarnuk, Czarnuk !!!…

Je t’appelais comme ça tous les jours avec emphase, avec un amour fou, avec tendresse, prête à te dévorer… fière de ta beauté, de ton allure, de ta personnalité, de tes yeux intelligents, de ton regard profond… touchée à chaque fois de ton amour et de ta présence si vibrante, si attentionnée, si douce. Merci pour ta confiance.

Dès la première fois que je t’ai vu il y a un an, mon cœur s’est ouvert, complètement épris  par ces « retrouvailles » inattendues. Jamais je n’ai ressenti une telle évidence, un tel coup de foudre pour un animal. Comme si tu n’étais pas un animal, mais une entité qui me connaissait, qui me reconnaissait. Moi aussi, je t’ai reconnu. Je savais que c’était TOI, qu’il y avait un lien entre nous, je le sentais, je le palpais en moi. Une vibration très ancienne et très forte. Il n’y a avait pas de doute. Tu étais mon cadeau venu du ciel.

La vie a œuvré pour que je t’« attrape », fils d’une chatte sauvage que j’apprivoisais depuis trois ans.

Nous t’avons alors adopté. Ce mouvement vers Toi fut si vite et si naturel alors que je nous ne voulions plus d’animaux chez nous… Tu nous as ouverts. Tu nous as conquis.

Tout petit que tu étais, tu t’es tout de suite senti chez toi, tout de suite en tendresse et en confiance avec moi. Nous nous sommes reconnus. L’amour, la douceur, la spontanéité et la joie se sont installés avec toi et par toi chez nous. Merci pour ces moments précieux !

Tu as ouvert mon cœur. J’ai eu de telles bouffés d’amour pour toi ! Si je pouvais avoir encore des doutes sur mes capacités à aimer, avec toi, ils se sont volatilisés. Je t’ai aimé follement et avec démesure. Quand je caressais ton beau corps noir et blanc, cette magnifique ligne blanche sur ton front, quand j’écoutais ton cœur et tes ronronnements discrets, j’étais intimidée par le mystère qui t’habitait. Je te contemplais endormi, un mélange de fragilité et de force, ce bout d’amour musclé, cette présence féline venue d’ailleurs. Qu’est-ce que j’adorais ta présence près de moi ! Elle me calmait. Elle me nourrissait. Elle me réconfortait. Tu étais mon amour, mon trésor !

Pendant un an tu nous as rempli de joie, de rires, de douceur, de légèreté et d’amour. J’ai vécu de moments de gratitude et de grâce. Merci pour tout ça !

Tu étais si joueur ! Nous adorions jouer avec toi. Chacun à sa manière. Daniel dit qu’il adorait te brosser. Il était si lumineux en te voyant chaque soir après le retour de son travail. Il te disait « Mon petit garçon est là ! » Il t’aimait énormément.

Tu étais magnifique, intelligent et unique. Un chat surprenant. Un ami précieux. Tu comprenais tellement vite ce que nous t’expliquions, ce que nous voulions ou pas. Merci, merci merci pour ta lumière, pour ton caractère pour ta manière de communiquer avec nous ! Splendide Czarnuk !

Tu me manques follement, je me sens déchirée, seule, abandonnée. Je n’ai pas perdu un chat. J’ai perdu un ami. Ton regard me manque. Ta présence me manque. Tes grognements de plaisir de me voir me manquent. Tes grognements de jeu me manquent. Ton museau malicieux quand tu voulais jouer était absolument délicieux. Nos jeux foufous me manquent. Comme si tu étais ma passerelle vers la vie…. vers la légèreté… vers la simplicité d’être…

Et maintenant, je me sens morte quelque part. La vie s’est arrêtée. Elle s’est voilée aussi. Je la conduis en automatique. Je sais que cela peut alourdir ton départ vers l’au-delà, mais telle est ma réalité du moment présent… Désolée.

A la maison, tout me rappelle ta présence : la terrasse, la glycine de la véranda où tu grimpais depuis tout petit, le potager où tu jardinais avec moi, le chemin fleuri où tu ne me quittais pas des yeux comme un body guard, tous les recoins de la maison, ma chambre où tu adorais dormir avec nous…. Tous les objets se languissent de ta douceur, de ta chaleur et de ton souffle.

Ton absence est insupportable !…

Dès la mort de ta sœur en janvier, j’avais peur de te perdre un jour. J’étais souvent inquiète quand tu n’apparaissais pas vite. Tu grandissais et devenais de plus en plus indépendant. Tu étais par moments comme un ado assoiffé de liberté, qui passait à la maison juste pour manger. Parfois ça m’agaçait… J’en suis désolée… J’espère que ce n’est pas ma déception qui t’a fait partir ?

Questions :

Comment es-tu parti ? Qu’est-ce qui s’est passé au juste ?

Pourquoi tu es parti si tôt ?

Pourquoi tu nous as quittés ?

Pourquoi, alors que tu savais que la route était dangereuse car ta soeur y était morte, tu l’as traversée ?

Pourquoi tu partais si loin alors que tu avais tellement d’espace devant la maison ?

Comment tu te sentais chez nous ?

Qu’éprouvais-tu pour nous ?

Est-ce que mon amour t’étouffait ?

Peux-tu me pardonner mes absences de quelques jours ? J’espère que tu savais que je t’aimais et que j’allais revenir chaque fois ? J’ai toujours demandé à quelqu’un de veiller sur toi.

Quelle était ta mission auprès de moi ? Auprès de Daniel ?

C’était quoi ce lien fort que je sentais entre nous ? Peux-tu en parler ? D’où nous connaissions-nous ?

Toi qui vois tout, que voyais-tu, vois-tu en moi ?

Quel message peux-tu me donner pour le reste de ma vie ici ?

Quel message pour Daniel ?

Comment tu vivais mes affectes, mes doutes, mon travail, mes émotions ?

Est-ce que je ne t’ai pas trop chargé ?

Est-ce que nous allons nous revoir ?

C’est quoi le message pour moi à travers ta mort ?

Comment vivre sans toi maintenant ? »

Merci, merci pour ce long et magnifique message d’amour. Oui moi aussi je l’aime et suis triste de lui, de leur causer autant de souffrances. Ce n’était pas vraiment prémédité, je savais qu’elle allait avoir beaucoup, beaucoup de mal à l’accepter mais c’était nécessaire et il y a 2 raisons, le premier pour pouvoir la libérer et l’aider à monter aussi, et la seconde parce que tout comme elle j’étais malade, je souffrais du pif (péritonite infectieuse féline) et je n’en avais plus pour très longtemps à vivre. Oui j’étais sur mon chemin depuis quelques mois et de partir sans souffrir et sans la faire souffrir de me voir dans cet état et d’être obligée de m’aider à partir était mon choix.

Je sais cela est très cruel pour elle et totalement incompréhensible. Mais tous les deux nous avons souffert de cette maladie qui lorsqu’elle dégénère est très douloureuse et fulgurante. Aucun chat n’y échappe. Je savais ce que je faisais lorsque je suis parti sur cette route et je me suis fort éloigné parce que je ne voulais pas leur causer un choc en me trouvant. Mon absence la tourmente et la plonge dans un profond désarroi, retrouver mon corps à moitié mutilé aurait été insoutenable  pour elle. Je sais que cela l’empêche en partie de faire son deuil mais elle n’a pas le choix, il va falloir qu’elle accepte de me laisser partir car ici ce n’est plus ma place et que je souhaite rejoindre le paradis des animaux pour pouvoir lui revenir très vite, quelques semaines me suffiront pour me ressourcer.

Chez eux je me sentais comme un membre de la famille, un peu son amour, un peu son garçon et j’ai très envie de leur revenir et cette fois-ci en bonne santé. Je l’ai aimé profondément, d’un amour incommensurable et ne me sentais pas étouffé par le lien, au contraire c’était très tendu et fusionnel entre nous. J’ai parfaitement compris et je n’ai rien à lui pardonner, lorsqu’elle s’absentait quelques jours je savais qu’elle m’aimait et ne m’abandonnerait pas. Nous nous comprenions rien qu’en nous regardant, un simple regard suffisait à exprimer ce que nous ressentions l’un vis-à-vis de l’autre. Oui parce que nous étions déjà ensemble, nous nous connaissions d’une autre vie et elle l’a bien compris.

Dans mon joli corps physique qu’ils adoraient tous les deux, s’était en réalité incarné une âme, une entité humaine qui a beaucoup souffert de la cruauté des guerres de religion, et nos retrouvailles, ce retour karmique, doit lui permettre aujourd’hui de comprendre qu’il est important de savoir pourquoi il lui arrive d’avoir de grands moments de nostalgie et de mal être, quelques fois des états d’âme.

Nous nous sommes aimés il y a fort longtemps dans une autre vie, j’étais son amour et nous avons vécu ensemble une histoire fort passionnelle. Seulement voilà la guerre des religions nous a séparés et j’ai été très cruellement lapidé. Elle a assisté à ce massacre et son âme et son cœur n’ont jamais réussi à trouver la paix. Moi non plus et mon âme errante après toutes ces années espère enfin être libérée, qu’elle puisse monter et trouver sa place parmi les animaux qui se trouvent dans une autre dimension. Elle le mérite et par la même occasion, j’emmènerai ma sœur qui elle aussi le mérite.

Dis-lui que nous portons tous des bagages plus ou moins lourds lorsque nous revenons sur cette terre, le tout est de savoir les alléger ou de s’en débarrasser. Notre rencontre a ouvert son cœur d’un amour inconditionnel et on peut y voir de l’amour pour la terre entière. Qu’elle ne le ferme plus, qu’elle le laisse ouvert, qu’elle le laisse aimer et elle pourra avancer sur son chemin avec plus de légèreté et d’amour spirituel.

Dis-lui que je lui reviendrai mais sous une autre forme, de nouveau dans le corps physique d’un chat noir avec quelques plastrons blancs et avec l’âme d’un chat destiné à l’aider à se reconnecter à sa source, à son petit enfant intérieur. Je l’aiderai à gérer ses émotions et lui apprendrai le détachement. Le détachement affectif pour lui permettre d’aimer sans peurs et sans angoisses. Et puis je l’aiderai à prendre confiance en elle, en la vie. Le message à travers ma mort, c’est mort et renaissance et elle le comprendra très vite.

Pour Daniel, je souhaite lui dire merci de m’avoir accueilli dans sa vie aussi, merci de m’avoir considéré comme son petit garçon et merci pour tout cet amour qu’il a su exprimer pour moi, à travers moi.

C’est OK Tcharnouk, je transmettrai tes messages, es-tu, êtes-vous prêts à partir maintenant ?

Oui nous le sommes, je la prends sous mes ailes et nous nous envolerons vers l’escalier de l’arc en ciel. Je me sens déjà très léger, je sais que le transfert d’âme se fera déjà pendant la montée et je suis heureux que mon cœur et mon âme d’amoureux esseulé trouvent enfin la paix.

Puis tel un oiseau il a pris sa sœur sous sa patte qui se transformait en aile et ils se sont noyés dans le lumière de l’arc en ciel.