La rencontre avec Douffi a eu lieu sur un chemin très sec, il était tristement assis sur la terre très aride et son regard était empreint d’une grande nostalgie. Je me suis approchée doucement de lui et l’ai appelé plusieurs fois par son nom avant qu’il ne bouge et ne tourne la tête vers moi. Je me suis présentée et lui ai expliqué que j’avais des messages de la part de sa gardienne, et avant même que je ne lui lise le contenu, ses yeux ont changé d’expression. Ils semblaient reprendre vie et très vite il s’est levé pour venir se frotter à mes jambes. Il me regardait très profondément dans les yeux, il était pressé de savoir ce que j’allais lui dire, et sans plus tarder je lui ai lu les messages :

Je voudrais être sure qu’il sait à quel point je l’aime et à quel point ces années merveilleuses avec lui ont été pour ma maman et moi que du bonheur. J’avais 17 ans quand je l’ai eu j’en ai 30..
Je n’ai pas pu être présente pour lui quand ma maman l’a aidé à partir car je travaillais … or je m’étais toujours promise d’être là.. Je m’en veux terriblement.
je l’avais vu le Week end d’avant et il ne voulait pas que je m’en aille..
Je voudrais savoir s’il est heureux là où il est, s’il a aimé sa vie avec nous et ses compagnons bibi et Nouki.
Surtout qu’il sache que je l’aime inconditionnellement et que j’espère le retrouver un jour.
C’est peut-être un peu tôt étant donné que ça ne fait pas encore une semaine..
je ne veux pas le déranger dans son chemin.. alors j’essaie de ne pas trop pleurer et souffrir mais c’est si dur..
J’espère qu’il sent mon amour.

Après quelques instants pendant lesquels j’ai pu ressentir des émotions très fortes, intenses, il s’est remis à tourner autour de moi et à pousser quelques jappements. J’ai compris qu’il me demandait de le caresser, et après lui avoir demandé l’autorisation, je l’ai câliné longuement. Quand sa soif, son besoin de tendresse s’était tari, il s’est assis et m’a dit :

Que c’est bon de se faire choyer, tu ne peux savoir combien cela me manque. J’ai eu une vie de rêve, une vie de prince, une vie de roi durant cette existence terrestre auprès d’elle. Depuis mon départ c’est plus compliqué, je suis toujours encore là dans leur environnement au quotidien, je les accompagne et je les suis comme leur ombre. Je m’accroche à elles pour me nourrir de leur énergie et ce n’est pas bon pour elles ni pour moi ni pour mes compagnons. Tant que je reste là entre deux, tant que je n’ai pas fait le passage, personne ne pourra trouver la paix et faire son deuil, et moi je ne peux me reposer et me ressourcer. Nous avons tous besoin d’aide car ici ce n’est plus ma place et tant que je reste là, elles sont toutes les deux dans une profonde détresse.

Je l’ai rassuré et lui ai promis de le guider vers le pont des fleurs après notre échange, et il m’a remerciée.

Remercie aussi ma maman d’avoir fait appel à toi et dis-lui qu’elle ne doit pas avoir de regrets, qu’elle ne doit pas culpabiliser. Cela m’empêche de continuer mon chemin, je ne m’en sens pas le droit et tant que je reste là elle ne peut trouver la paix dans son cœur et son esprit.

Dis-lui que moi aussi je l’aime d’un amour pur, profond et que je sais combien mon départ est cruel et difficile pour elle. Dis-lui que je sais combien je lui manque et à sa maman, mon autre maman aussi. Mais mon corps était fatigué, usé, mon petit cœur et mes reins étaient au bout du rouleau et j’avais des bobos dus à l’âge dans tout mon corps. C’est mieux pour moi de remonter me reposer et me ressourcer.

Je savais la dernière fois que je t’ai vue que j’allais faire le grand saut, j’étais sur mon chemin et je préparais mon départ depuis quelques mois. J’avais beaucoup de mal à te laisser partir, je savais bien que nous ne nous reverrions pas dans cette existence terrestre. J’étais prêt et j’ai essayé de te le faire comprendre pour t’y préparer un peu, et surtout j’ai profité de nos longs moments de câlins pour te dire au-revoir. Et si je suis parti pendant que tu n’étais pas là c’est parce que je pensais et j’espérais que ce serait plus facile pour toi. Je suis si triste pour toi de te savoir dans une telle détresse, et ta peine me fait mal.

Je ne ressens plus aucune douleur, je me sens de nouveau très léger dans mon corps mais pour pouvoir me reposer et être bien, serein et vous protéger de là-haut j’ai besoin de faire le passage. Ne me pleure plus, accepte d’être séparée pendant un laps de temps et fais-moi confiance, nous nous reverrons un jour lorsque tu seras prête à me retrouver, et sur un plan terrestre. Je sais combien ta souffrance est grande et je sais aussi combien tu te sens amputée d’une partie de toi, tu as l’impression d’être vide à l’intérieur de toi, il te semble manquer une partie de toi.

J’étais là pour t’aider à avancer sur ton chemin, pour t’apporter la confiance et la force de grandir et construire ta vie professionnelle. J’ai bien réussi ma mission et j’en suis fier. Je suis fier de toi et de la personne, de la belle âme que tu es devenue. J’ai connu une vie remplie de purs et grands bonheurs à vos côtés, et je vous aime toutes les deux. J’ai eu la chance d’avoir deux mamans qui m’ont choyé, câliné et respecté comme un humain, comme un membre de la famille, comme leur garçon. C’était réconfortant d’être entouré de Bibi et Nouki, je les aime aussi.

Oui j’ai été très heureux et je sais que je le serai au jardin des animaux, car dans ce haut-lieu ne règnent qu’amour, paix et harmonie. Et malgré cela mon souhait est évidemment de te retrouver lorsque tu te sentiras prête à m’accueillir à nouveau. Tu as encore besoin de moi pour continuer à avancer sur ton chemin. Depuis mon départ tout te semble beaucoup plus difficile et je suis là pour te protéger et te donner cette force et ce courage.

Ne doute pas nous nous retrouverons, nos âmes sont reliées et le resteront où que je sois. Je sais que vous m’aimez et Dieu sait combien cet amour est partagé. Je me sens à présent prêt à rejoindre le paradis des animaux, et cela t’aidera à retrouver la paix, tu vas le ressentir que je suis bien, et de là-haut en attendant mon retour je pourrai te faire des petits signes.

Puis tous les deux nous avons emprunté un beau et lumineux chemin qui s’est ouvert à nous, et lorsque je me suis arrêtée devant le pont des fleurs, il s’est mis à aboyer pour me dire merci et il l’a traversé pour se noyer dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel.

Au revoir Douffy, repose et ressource-toi.