La rencontre avec Einstein s’est faite dans un pré. Debout, la tête penchée en avant il était figé comme collé à cet endroit. Je me suis approchée doucement pour ne pas l’effrayer et me suis arrêtée à quelques pas de lui pour ne pas rentrer dans sa zone de confort. Je l’ai appelé par son nom et c’est seulement au 3e appel qu’il a tourné la tête vers moi, et je pouvais voir ses yeux si tristes, ternes, vides, reprendre des lueurs d’espoir. Je me suis présentée et lui ai expliqué que j’avais des messages à lui transmettre de la part de sa gardienne, et aussi quelques questions à lui poser, et avant même que je ne lui lise le contenu, il s’est mis à hennir plusieurs fois de suite et s’est rapproché de moi pour me dire :

Je suis à la fois si triste et à la fois si heureux que tu sois là, je sais combien mon départ est cruel et inacceptable pour elle, et je sais qu’elle est en grande souffrance. Cela me fait beaucoup de mal pour elle. Je suis triste de leur faire de la peine à toutes les deux, et surtout à ma grande sœur. Je me suis considéré comme son frère, son compagnon, son confident et je sais que mon départ lui engendre une grande détresse. Sa douleur m’a empêché de suivre ce chemin qui je sais me mènera à la lumière. Je suis resté là dans ce pré, tantôt à l’accompagner dans son quotidien, à m’accrocher à elle pour lui pomper son énergie, et j’ai besoin d’aide et elle aussi, pour me permettre de faire le passage et elle pour lui permettre de commencer à faire son travail de deuil. Ici ce n’est plus ma place et tant que je reste là je ne peux me reposer ni me ressourcer et elle ne peut retrouver la paix dans son cœur et son esprit.

Je l’ai rassuré et lui ai promis de l’accompagner après notre échange, et lui ai aussitôt lu les messages et les questions de sa gardienne :

« Mon titi, tu nous manques tellement tu sais. Maman et moi sommes tellement triste de ta disparition. Tu es un poney juste exceptionnel, tu nous as rendu très fière toutes les deux. 

Pour ma part, ces 5 années à tes côtés ont été merveilleuses, tu m’as toujours rendu heureuse et tu as toujours donner ton maximum pour moi. j’étais extrêmement fière et honorée de t’avoir sous ma selle, tu étais ma source de bonheur au quotidien. venir te voir n’était que plaisir. 

tu laisses un vide énorme derrière toi, il n’y a pas une seule seconde sans que je ne pense à toi. j’espère que tu vas bien, j’espère que tu gardes de beaux souvenirs de ta vie et que tu ne nous oublie pas. 

je t’aime mon einstein, tout le monde t’aime et tu nous manques énormément. 

je ne t’oublierai absolument jamais mon gars, tu es la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie. 

tu es à mes côtés chaque secondes de mes journées, continue de vivre avec moi. 

j’espère qu’on se reverra un jour, je ne t’oublie pas et je t’aime toujours aussi fort. 

à bientôt mon einstein ️ ». 

 

les questions : 

  • a t’il souffert ?
  • si était-il préparé ? 
  • comment se sent-il ? 
  • a t’il été heureux au cours de sa vie ? 
  • a-t-il un ou des messages à nous transmettre ? 
  • nous rends t’il parfois visite ? 
  • a t’il des souvenirs du jour ( ou du moment)  de sa disparition ? 
  • m’en veux t’il de ne pas avoir été là lorsque le service de crémation est venu le chercher ? 
  • est ce qu’il a toujours été conscient qu’on l’aimait très fort et en est-il encore conscient ? 
  • est ce qu’il est conscient qu’il a vécu la moitié de sa vie avec nous ? comment a t’il ressenti sa vie en général ?

 

Pendant que je lisais, je l’observais et de ses yeux si tristes s’échappaient quelques larmes qui tombaient sur ses joues, son museau, il secouait sa tête pour les chasser. Lorsque je me suis arrêtée, il m’a regardée intensément quelques secondes avant de me répondre et me dire :

Tu comprends maintenant pourquoi je suis si triste ? J’ai de la peine, beaucoup de peine pour elle et je lui demande pardon pour l’immense douleur qu’elle ressent. Je sais combien ma présence lui était précieuse. Je comptais tout pour elle, j’étais à la fois son ami, son confident, mais aussi sa moitié, son âme sœur. J’étais là pour l’aider à grandir, pour lui permettre de se nourrir elle et son petit enfant intérieur de tendresse lorsqu’elle me chérissait. Elle a, grâce à moi et à ma présence, trouvé une grande force intérieure et je suis si content de savoir qu’elle trouvera aussi le courage pour continuer d’aller de l’avant. Nous étions si proches, très fusionnels et la coopération entre nous était parfaite. Lorsqu’elle me montait nous étions connectés l’un à l’autre, nous ne formions qu’un, j’étais elle, elle était moi, et cette grande complicité nous a permis de vivre des instants magiques, merveilleux ensemble.

Dis-lui merci pour son message, pour leur message d’amour à toutes les deux. Pour moi toutes ces années, même si courtes, ont été des années de purs et grands bonheurs. Et surtout dis-leur que mon amour pour elles est pur profond et inconditionnel. Je les aime toutes les deux très fort et je sais que je leur manque. Même si je peux encore les voir et les entendre, ne plus pouvoir me manifester physiquement à elles me manque aussi.

Dis-lui que j’étais prêt, je savais qu’on ne pouvait plus me guérir, qu’on ne pouvait plus rien pour moi, et de savoir que ce serait terrible pour toi, m’a hélas retenu dans ce bas-astral, et je suis heureux maintenant d’avoir de l’aide. Je suis content de pouvoir rejoindre ce haut-lieu magique pour me réparer. Je n’ai pas souffert longtemps, j’étais déjà dans mon corps astral et j’ai réussi à gérer la douleur et mon état.

Maintenant je me sens à nouveau tout léger et lorsque je serai monté au jardin des animaux, je pourrai leur faire des coucous et leur envoyer des signes. Je n’ai pas de souvenirs particuliers si ce n’est ta grande souffrance et je ne peux t’en vouloir de n’avoir été là lorsqu’ils sont venus récupérer mon corps physique. Tu sais ce n’était que les restes de mon enveloppe corporelle dans cette incarnation, mon âme perdure, elle est éternelle et elle reste reliée à la tienne et ce où que je sois.

Je sais que tu m’aimes, que vous m’aimez très fort toutes les deux et moi aussi. Depuis mon départ ton cœur te semble bien vide, et ce vide seul moi je peux le combler. Ma vie, mon existence à vos côtés a été pleine de tendresse, je me suis senti respecté, aimé et choyé à chaque instant. Toutes les deux vous êtes de belles âmes au cœur rempli d’amour et de compassion, et c’est si bon d’être à vos côtés. Je sais que tu as besoin de ma présence sur le plan terrestre pour continuer à grandir, à mûrir et à avancer sur ton chemin. Et de monter au jardin des animaux me permettra de me réparer et préparer mon retour. J’endosserai le costume qu’il te plaira et lorsque tu seras prête et te mettras à ma recherche, je me mettrai sur ton chemin. Car même si là-haut c’est le nirvana, pour moi le paradis est sur terre à tes côtés.

Je sais que tu ne m’oublieras pas et je sais aussi que tu as besoin de ton gars pour te rendre heureuse. Tout comme toi je suis fier de la jolie, aimante et tendre jeune fille que tu es. Il me tarde que tu retrouves le sourire et la joie de vivre. Ce ne sera pas long, l’espace-temps là-haut n’est pas du tout le même qu’ici-bas et lorsque tu seras prête nous nous retrouverons. La mort est un nouveau soleil et après la mort il y a la renaissance. Et moi ton titi d’amour, ton soleil, sera toujours là pour to.

Il me tarde maintenant de monter dans ce bel havre de paix, condition sine qua none pour me ressourcer et t’aider à retrouver la paix et la sérénité en attendant de pouvoir continuer notre belle aventure et histoire d’amour ensemble.

Puis tous les deux nous avons emprunté un chemin de lumière qui s’est ouvert à nous, et lorsque je me suis arrêtée devant le pont des fleurs il m’a dit :

Merci, merci d’être là pour nous, merci à ma mie, je lui suis si reconnaissent pour tout ce qu’elle a fait pour moi, beaucoup de gratitude à elle et sa maman. Je les aime très fort et nous nous retrouverons, qu’elles n’aient aucun doute. Si elle veut vivre une vie heureuse, elle doit s’attacher à un but. Et la volonté, la mienne et la sienne doit être celle de nous revoir sur le plan terrestre et nous aurons le destin que nous aurons mérité tous les deux, c’est le mystère de la vie toujours et encore. Merci pour ta bienveillance, ton titi, ton Einstein, je t’aime et à bientôt.

Puis il a traversé le pont au petit trot et s’est noyé dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel. Au revoir Titi, repose et ressource-toi. A bientôt.