La connexion avec Elfie s’est faite dans cette magnifique et luxuriante clairière qui est le jardin des animaux. Elle était paisiblement allongée de tout son long sur le ventre et prenait plaisir à observer les abeilles et les papillons butiner des petites fleurs de toutes les couleurs et tournoyer autour des arbres à papillons, roses, blancs et violets. J’ai attendu quelques instants avant de m’approcher d’elle, et dès qu’elle ma aperçue, elle a dressé ses oreilles, l’œil vif, pétillant, elle tournait la tête à droite, à gauche, visiblement heureuse d’avoir de la visite. C’était amusant à voir et sans tarder je me suis présentée et lui ai expliqué que j’avais des messages de la part de sa gardienne et qu’elle aimerait aussi lui poser quelques questions :

Ma Elfie, ma Minoune, mon petit renard des neiges, ma fifille, ma noune, mon minou,

 

Tu me manques tellement… Je savais que ce jour arriverais, je t’en avais déjà parlé et je t’ai toujours dis que je serai perdue sans toi. Depuis le 1er jour où je t’ai vu je savais que le jour où tu partirais cela serait une douleur immense dans mon cœur… Ce jour a fini par arriver. Je n’étais pas prête mais de toute façon je ne l’aurai jamais été. Tu emportes avec toi une partie de mon cœur et aujourd’hui je suis incomplète. Je ne trouve pas les mots pour décrire ce que tu as été pour moi. Je t’ai aimé au-delà de ce qu’il est possible d’aimer, je t’aimerai toujours… Je nourri l’espoir de t’aimer jusqu’à ce que moi aussi je quitte ce monde et qu’après, enfin, nous nous retrouverons vraiment. Mais pas encore… Je dois encore m’occuper de ta petite sœur Lana.

Tu as été et tu resteras mon premier bébé. Toi et moi on a passé des moments indescriptibles d’amour. On s’est regardé les yeux dans les yeux et  nos âmes se sont parlé.  J’espère avoir fait de mon mieux pour que tu aies une vie de princesse. Je n’ai pas toujours été à la hauteur je crois. Je n’ai pas toujours compris tout de suite lorsque tu n’étais pas bien mais j’ai essayé de faire mon maximum pour te comprendre au plus vite et soulager tes souffrances à chaque fois au plus vite.

Je me souviens du premier jour où je t’ai vu en photo à ton élevage, puis du premier jour où je suis venue te chercher pour te ramener à la maison. Tu étais si petite, si craquante. Depuis ce jour-là, nos âmes se sont entremêlées et nous ne nous sommes plus quittées. Jusqu’à ce triste jour de septembre… Je crois que j’ai fait le meilleur choix pour toi, je l’espère. Je ne voulais pas te laisser seule chez le vétérinaire durant plusieurs jours avec peu d’espoir de te guérir. Je ne voulais pas prendre le risque que tu puisses partir seule. Je ne voulais pas que tu souffres non plus, et puis vu ton état de santé, finalement il n’y avait a priori plus rien à faire. J’ai préféré t’accompagner jusqu’au bout, que tu partes en sécurité dans mes bras. Il était inconcevable pour moi que tu souffres où que tu partes seule. Cela a été l’épreuve la plus dure de toute ma vie. Aujourd’hui tu laisses derrière toi un vide immense dans mon cœur, dans ma vie, dans la maison… Je trouve du réconfort à me dire que tu es partie un jour de lumière, un de ces jours d’été indien où la lumière de la fin de journée est belle. Belle comme toi et j’y vois là un signe. le signe que le chemin t’était ouvert et que tu as pu trouver la lumière rapidement.

 

Malgré tout je continue à te chercher lorsque je rentre à la maison, ton sourire et ta queue qui frétille me manquent. Ta présence me manque, dans le lit, sur le canapé, ta place est toujours là et je m’imagine que quelque part, même si je ne te vois pas, tu viens t’y coucher à côté de moi. La porte de la salle de bain qui s’ouvrait quand tu me rejoignais. Ton odeur me manque, l’odeur de tes petites oreilles, de tes pattes, la douceur de tes poils, tes léchouilles, sentir ta respiration contre moi, te couvrir de bisous me manque, te caresser… Le bruit de tes papattes sur le carrelage, sur le parquet de la chambre. Le bruit de ton collier lorsque tu t’ébrouais, tes wouf wouf lorsque tu voyais un animal à la télé, ta façon de râler lorsque je voulais te « manger tes papattes ». Ta façon de d’étaler lorsque tu apercevais un chat dans le jardin. Tes longues siestes au soleil sur la terrasse, ta façon de me faire comprendre quand tu voulais quelque chose, notamment lorsque tu voulais monter sur le canapé. Tous ces dimanches passés l’une contre l’autre sur le canapé. Le bruit que tu faisais lorsque tu buvais, quand tu rêvais… Tu me suivais partout et tu me rassurais. Avec toi je n’étais jamais seule. Je n’avais qu’à tourner la tête et tu étais toujours dans mon champ de vision. Et si moi je n’étais plus dans le tien, tu faisais toujours en sorte de venir me retrouver ou te rapprocher. Tu a été une chienne formidable. Jamais de ma vie je n’aurais imaginé rencontrer une toutoune comme toi. Je t’ai dit 1 million de fois que je t’aimais et même si aujourd’hui tu n’es plus là, je continue à te le dire. Aujourd’hui tu reposes à la maison, dans ton jardin, auprès de nous. Je viens te voir tous les jours. Je ne sais pas si tu m’entends, je l’espère. Je regarde le ciel et te cherche, je cherche ton odeur dans les endroits que tu occupais à la maison… Tu occupes aussi parfois mes rêves. Ma Elfie comme tu me manque. Je suis tellement malheureuse sans toi. Mais j’espère sincèrement qu’aujourd’hui tu as trouvé le chemin du paradis et que tu y repose en paix. Car je ne veux surtout pas que mon chagrin de t’avoir perdu t’empêche d’aller là où tu dois aller. Je n’ai toujours voulu que ton bonheur et je m’en voudrais terriblement si ma peine te bloquait quelque part, seule, dans un endroit triste. J’aimerai simplement que tu me fasses un signe pour m’assurer que là où tu es tu es bien. Je t’ai trop aimée pour t’imaginer dans un endroit sombre alors j’espère sincèrement que tout cet amour que j’ai essayé de mettre en toi t’a permis de trouver le chemin du paradis tout de suite.

Ma minoune je ne t’oublierai jamais. Tu as laissé dans ma vie une trace indélébile. Tu as rempli mon cœur d’un amour complètement fou. Tu a été une chienne merveilleuse en tout point et pour cela je n’aurai pas assez de ma vie pour t’en remercier. Merci d’être venu à moi il y a presque 12 ans. Merci d’avoir été ma confidente, de m’avoir rassurée, consolée parfois, merci d’avoir accepté l’arrivée de ta petite sœur car tu avais bien compris que personne au monde ne te volerai ta place dans mon cœur. Merci pour ces années de bonheur. Ma minoune tu sais l’amour que j’ai pu te porter et que je te porterai toujours. Mais je ne suis pas la seule. Lana t’aime, mémère t’aime, mémère paulette, pépère à sa façon tu sais comme il est et comme il a souffert de cette relation exclusive entre nous mais je ne regrette rien. Tu as laissé ta trace en ce monde, chacun qui se souviendra de toi se souviendra de ce que tu représentais pour moi. J’aurais aimé pouvoir te dire encore 1 million de chose mais je ne peux malheureusement pas abuser de ce moment surréaliste qui nous est offert. Mais je crois que tu sais tout ce que voudrait encore te dire mon cœur.

 

Sois heureuse là où tu es ma fifille, ne m’oublis pas, repose toi, et quand l’heure viendra pour moi, si tu es là, viens me chercher.

Merci pour tout ma minoune d’amour. Tu es mon ange gardien. Je t’embrasse à côté de tes yeux.

Je t’aime.

Ta maman pour toujours.

 

Questions :

Où es-tu ?

As-tu trouvé le chemin ?

Est-ce que tu vas bien ?

Es-tu seule ?

Est-ce que quelqu’un de la famille est venu te chercher pour t’accompagner/te guider ?

Est-ce que tu peux me voir et m’entendre ?

Est-ce que nous nous retrouverons lorsque moi aussi je quitterai ce monde ?

Est-ce qu’en attendant ce moment nous nous reverrons autrement ?

Comment le saurais-je car tu sais que je ne suis pas très douée… ?

Etais-ce vraiment la fin pour toi ou est-ce qu’on aurait pu faire quelque chose de plus pour toi ?

Est-ce que j’ai fait le bon choix ?

Comment as-tu vécu ce moment ?

As-tu envie de me dire quelque chose ?

As-tu été heureuse avec moi, avec nous ?

 

Après lui avoir lu le contenu, il y a eu un petit blanc, l’espace de quelques secondes je pouvais ressentir les fortes émotions que ce courrier lui suscitait, et elle s’est aussitôt levée pour venir se frotter à mes jambes ; Ses yeux me parlaient, ils avaient envie d’un câlin et après lui avoir demandé l’autorisation, je l’ai longuement caressée. Puis avant de me répondre, elle a poussé des petits aboiements et elle m’a dit :

Tu peux la rassurer, je suis bien montée, dis-lui que c’était simple de trouver le chemin, elle me la tellement fait voir à travers ses yeux, elle m’a tellement bien accompagnée et laissé partir vers cet endroit paradisiaque qu’il m’était impossible, malgré sa grande souffrance de ne pas le prendre. Et puis je n’étais pas seule, on m’a accueillie, on m’a guidée pour faire le passage. Il y avait des êtres de lumière, des êtres de la nature et aussi un couple une femme et un homme (ancêtres) très croyants qui invoquaient des prières et je n’avais pas peur. Je suis partie bien entourée et j’ai pris l’escalier de l’arc en ciel, éblouie par la beauté et la paix qui règnent ici.

J’avais besoin de faire une petite pause dans cette belle prairie avant de pousser la porte dorée qui se trouve juste derrière moi et rejoindre les autres animaux, parce que je voulais être seule lorsque j’aurais cet échange et que je pourrais répondre à tes messages et tes questions. C’est pour moi encore un moment privilégié où il n’y a que toi et moi.

Mais oui ma petite maman, ton bébé, ta fifille, ton renard des neiges te connait si bien et je savais que tu trouverais les moyens pour me contacter. Tes messages m’ont profondément émue, je suis très touchée pour la douleur, la souffrance que tu exprimes et moi qui t’aime tant, d’un amour pur, profond et absolu me rend compte que mon départ te plonge dans une immense détresse. Je suis si triste de te savoir triste, de te savoir malheureuse alors que moi je vais bien, je me suis déjà bien reposée et ressourcée et je peux de nouveau courir et sauter.

Tu sais je souffrais d’un mal qui n’était pas guérissable, et on ne pouvait rien pour moi. Je ressentais parfois de vives douleurs dans mon ventre et j’avais des bobos un peu partout, notamment dus à l’âge, je me sentais bien fatiguée, mon cœur, mes reins étaient usés et c’était bien mieux pour moi de tirer ma révérence. Lorsque ça n’allait pas je me réfugiais dans mon corps astral pour mieux le gérer, mais tu as bien vu qu’on ne pouvait plus rien pour moi et tu as pris la bonne décision. Tu as fait le bon choix et Dieu sait combien cela a été difficile pour toi, et je t’en suis si reconnaissante d’avoir eu le courage de le faire.

Merci ma petite maman pour tout cet amour que tu m’              as donné, pour les bons soins, les câlins et surtout pour ta grande générosité de cœur, ta grande compassion que tu as montré une fois de plus à travers cette cruelle épreuve pour toi, de m’aider à partir. Je sais que je te manque et je sais combien ton cœur se sent abandonné, ta maison te semble vide et tu as l’impression que j’ai emmené une partie de toi, qu’il te manque quelque chose à l’intérieur de toi. Cela me fait de la peine pour toi, mais tu as fait les choses comme elles devaient se faire et tu m’as laissée partir dans les meilleures conditions possibles, et c’est sans aucune crainte ni appréhension que j’ai emprunté le pont des fleurs et ce gigantesque et magnifique escalier de l’arc en ciel.

Tu sais notre relation était si fusionnelle que j’étais toi, et tu étais moi. Nous étions des âmes jumelles et notre complicité telle que nous n’avions pas besoin de nous parler. Et dans ce havre de paix où je me trouve aujourd’hui, je peux toujours te voir et t’entendre. Seul mon corps physique repose dans le jardin, mon âme perdure et restera toujours reliée à la tienne où que je sois. Je suis toujours encore avec toi, même si je ne peux plus me manifester physiquement et profiter des bons moments de tendresse. Cela me manque aussi, mais je sais que nous nous retrouverons sur le plan terrestre.

J’ai vécu une vie de rêve, de princesse et même si ici c’est le nirvana ma place est avec toi et auprès de toi. Tu es une belle âme emplie d’amour et de compassion et je te reviendrai pour t’accompagner sur ton chemin spirituel. Tu es une maman en or et il fait si bon vivre à tes côtés. Je t’aime et je vous aime tous. Dis-leur que je les aime et que je n’oublie personne. Et même si parfois il y avait des petites pointes de jalousie, toute la famille et surtout papa, ont besoin de moi et de mon énergie pour continuer à avancer sur leur chemin.

Je fais des gros poutous à ma petite sœur, c’est ma petite poupée et je l’adore. Et toi ma maman de cœur, tu es un être exceptionnel alors ne ferme pas porte de ta maison, sans moi elle est sans âme et mets-toi très vite à ma recherche. Tu as besoin de moi et sans moi la vie est trop difficile. Ce ne sera pas long, je me suis déjà bien reposée et ressourcée, et lorsque tu te sentiras prête et te mettra à ma recherche je me mettrai de nouveau sur ton chemin. Et tu le sauras au premier regard, n’aie aucun doute, fais-toi confiance, ce sera une évidence pour toi. N’oublie pas que je t’aime et que mon âme aspire à être avec toi sur le plan terrestre et pas dans l’au-delà.

Je vais rejoindre mes compagnons qui m’attendent derrière cette porte dorée, et je continuerai à profiter de cette belle énergie pour me ressourcer et surtout à préparer mon retour. A bientôt ma maman d’amour, ton petit renard des neiges qui t’aime.