La gardienne de ta famille d’accueil me charge de te donner des messages et de te poser des questions, acceptes-tu d’y répondre ?

 

* S’il veut me dire un peu de sa vie et me confier ses souffrances.

* Ce que je peux faire pour l’aider à s’adapter et à avoir confiance aux humains.

* Comment je peux faire, sans trop l’embêter, pour lui donner ses médicaments. Je veux qu’il aille bien.

* J’aimerais bien qu’il sorte petit à petit de sa planque et qu’il mange matin et soir.

* Lui dire aussi que je l’aime beaucoup et que chez moi personne ne va lui faire du mal.

 

Après avoir hésité un long instant, Enzio planqué sous l’armoire est sorti et m’a regardé craintivement. J’ai, l’espace de quelques secondes, retenu ma respiration avant de lui expliquer très doucement que j’étais là pour l’aider, pour le rassurer et pas l’inverse. Après encore un long moment d’observation il m’a dit :

J’ai peur, je suis de nature craintive et anxieuse, les humains n’ont pas toujours été très bienveillants à mon égard et surtout je n’ai pas l’habitude d’être enfermé. Pour moi c’est difficile, ce changement de territoire tout d’abord et en plus être prisonnier et ne pouvoir m’échapper et me cacher dans le jardin dans les buissons. C’est terriblement perturbant et déstabilisant pour moi. Je n’ai pas connu une vie à l’intérieur,

Je n’avais pas accès à la maison et je  suis habitué à vivre dehors. Cela doit être bien agréable surtout lorsqu’il fait froid mais pour l’instant le changement est trop radical pour moi et je sois d’abord m’habituer au lieu avant de pouvoir m’adapter et faire confiance aux humains.

Dis-lui que ce n’est pas de l’ingratitude de ma part, j’ai bien ressenti que je n’avais rien à craindre chez elle. Elle est gentille, douce et pleine d’amour. Elle a de l’empathie pour moi et je n’ai jamais eu la chance de rencontrer une personne comme elle. Dis-lui merci pour ce qu’elle est et fait pour moi et je sais bien qu’elle ne me donne pas les médicaments pour m’embêter. C’est juste que je n’aime pas, cela m’agresse et crée des angoisses supplémentaires.

Dis-lui aussi que je sais que j’ai trouvé une bonne maison et que j’ai besoin d’un peu de temps pour m’adapter. Le territoire, les humains c’est remettre toute mon existence en question et seul le temps et la patience m’aideront à reprendre confiance. Et puis me gardera-t-elle lorsque j’irai mieux ? De savoir que ce n’est que provisoire ne me donne pas très envie de sortir de ma cachette.

Je l’ai rassuré et lui ai dit qu’il ne devait surtout pas s’inquiéter, que sa vie allait changer à présent mais que pour du meilleur, et qu’il ne sera confié qu’à une famille où il se sentira bien, en paix et en harmonie avec les personnes.

Sans me répondre il s’est de nouveau précipité sous l’armoire, ma réponse ne l’avait visiblement pas convaincu…