Ta gardienne Filou me charge de te transmettre des messages et de te poser quelques questions, et avant même que je ne lui lise le contenu, Filou couché sur son ventre s’est redressé précautionneusement comme les vieux chats qui ont des bobos dus à l’âge ,et m’a regardé droit dans les yeux pour me dire :

Mais elle peut le faire, elle communique avec moi, elle me parle et on se comprend bien. Qu’est-ce qui l’en empêche aujourd’hui ? Pourquoi fait-elle appel à toi ? Elle a peur des réponses ? Elle manque de confiance ? Elle a peur de faire un transfert et d’entendre son propre ressenti ?

Elle est ma maman et je l’adore. Nous sommes si heureux et si complices depuis toutes ces années passées ensemble et elle sait qu’elle peut et doit se faire confiance. Nous sommes un vieux couple et comme tous les vieux couples on se connaît par cœur. Mais voyons voir ce qu’elle a de si important à me dire et me demander et qui m’explique qu’elle fasse appel à toi une fois de plus (triste mine).

Mon Filou d’amour,

Je te regarde, et je vois mon bébé. Mais mon bébé est un vieux pèpère, même si tu es toujours aussi beau, je vois que ton corps est faible et je devine dans ta démarche, qu’il te fait souffrir.

Je voudrais que tu me pardonnes de t’enfermer toutes les nuits dans le bureau. C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour calmer les réactions de Laurent et pour que l’on puisse dormir. Je sais que tu ne le fais pas exprès et que nous réveiller t’embête. Et t’enfermer me fait de la peine, pardon.

Je veux le mieux pour toi, quel qu’il soit.

–        Comment vas-tu ? dans ton corps, dans ta tête ?

–        Quel est le niveau de ta souffrance ?

–        Qu’est ce que je peux faire pour toi ?

–        Est-ce que je dois demander un anti-douleur au véto pour diminuer tes douleurs ?

–        Est-ce que tu manges assez ? à ta faim ?

–        Est-ce que c’est moi qui t’empêche de partir de l’autre « côté » ?

–        Souhaites tu partir ? Qu’attends-tu de moi ? Est-ce que tu me demandes de t’aider à partir ?

–        Si tel est le cas, je ne peux t’aider qu’à partir de la maison, cela me sera impossible de chez le véto. Je sais que tu n’as jamais aimé cet endroit.

–        As-tu quelque chose à me dire ?

–        Je ne sais pas pourquoi communiquer avec toi m’est si difficile, je suppose que j’ai trop peur de tes réponses et ne me fais pas suffisamment confiance.

Je t’aime à l’infini…

Voilà les raisons de sa demande, peur des réponses et manque de confiance… Cela me rend triste pour moi et pour elle. Elle a un cœur énorme, un cœur aussi grand que l’univers, et elle a une belle âme. Elle dégage un grand charisme et irradie de lumière les endroits où elle passe, où elle se trouve et avec tout cela persistent des peurs et ce manque de confiance. C’est très contradictoire, lorsqu’il s’agit d’elle, de rentrer à l’intérieur d’elle, elle se sent presque obligée de sortir de sa zone de confort. Pourquoi ? Qu’y a-t-il qu’elle ne veut pas voir ? Qu’elle a peur de voir ? A l’intérieur d’elle elle retrouve son petit enfant intérieur qui lui aussi souvent a été confronté à des désaccords entre le papa et la maman, et qui lui rappelle, même si c’est inconscient, qui lui rappelle trop ce qu’elle vit avec son compagnon humain.

Dis-lui que cela ne doit pas l’arrêter, ce qu’elle pense et ce qu’elle ressent c’est juste, très juste même, et elle fait bien de se battre et ne pas se laisser soumettre à ses besoins à lui, même si pour cela elle est obligée de m’enfermer dans le bureau la nuit. Cela même si je n’aime pas je l’ai compris et je l’accepte. Dis-lui de ne pas s’inquiéter et de ne surtout pas culpabiliser. Je n’ai rien à lui pardonner, elle cherche et prend la solution la plus appropriée à tous les 3 et c’est très bien. Vers le matin j’ai ce besoin de sortir, et même si je n’étais pas enfermé dans cette pièce, je miaulerais fort et les empêcherais encore plus de dormir.

Mea culpa, c’est à moi de  lui demander pardon pour tous les désagréments, pour tous les soucis et conflits que mes plaintes génèrent. Lorsque je m’y mets, je suis un peu dans mon monde et je ne peux pas dire que je me trouve en souffrance, cela devient un rituel et me permet en même temps de relâcher des tensions que je ressens à l’intérieur de moi, dans tout mon corps, et je me sens mieux, plus léger. Pardon encore une fois pour tous les torts que je te cause.

Tu te tortures l’esprit pour ma santé, pour mon bien-être, mais tu sais je ne suis pas en aussi grande détresse que tu le crois. Je suis sur mon chemin et je prépare ma transition à mon rythme et ce depuis un bon bout de temps, et j’ai toujours aussi plaisir à t’accompagner. Lorsque j’ai un peu plus mal, je me réfugie dans mon corps astral et tout devient plus facile et supportable. Que tu me donnes un médicament, même si je déteste le prendre, pour m’aider et soulager ces courbatures et toutes les douleurs osseuses, oui je pense que cela m’aide grandement. Tant que  je manque, même si c’est un peu moins, ce qui est normal aussi, avec l’âge on an besoin de moins se nourrir, mais tant que je mange mon âme n’est pas prête à faire le grand saut. Et ce n’est pas toi qui m’empêche de partir, au contraire, c’est ta bonté et ta générosité qui me remplissent de joie et qui me donnent encore envie de t’accompagner. Je ne te demande pas de m’aider à partir, il n’y a pas le feu, lorsque ce sera la moment tu le verras et tu sauras comment faire.

Dis à papa que lorsque les humains sont malades et handicapés et ne peuvent plus se déplacer, ils se plaignent aussi de tous leurs maux, mais on ne les aide pas à partir pour autant. Non, non tu es dans le juste et tu ne t’acharnes pas, je suis heureux et je t’aime toujours autant. Même si je marche comme un pépère, un vieux pépère, tu vois ma tête, même si par moments il y a d’importants dysfonctionnements, mais de temps à autre elle comprend et enregistre ce qu’on lui dit, moi le vieux pépère me considère toujours encore comme ton bébé et si content de l’être.

Je t’aime d’un amour pur, profond et inconditionnel et lorsque je soufflerai la flamme de ma bougie parce que c’est la loi, oui j’aimerais tirer ma révérence dignement à la maison. En attendant profitons encore du moment présent en évoluant spirituellement à mes côtés, et ton âme s’en trouve encore plus belle et plus forte. N’aie pas de peurs ni de doutes, si pour l’instant il t’est impossible de m’aider à partir, c’est parce que tu sens au fond de toi que ce n’est pas encore le moment. Ecoute ton intuition, elle est très juste et ne te laisse pas parasiter par ce qui t’entoure. Ton petit bébé d’amour qui t’aime très fort. Ton Filou et petite canaille (clin d’œil, sourire…).