Lorsque je suis arrivée sur le chemin, Flafy m’y attendait. Un chemin triste sans lumière, et ses yeux exprimaient une grande tristesse. Il était assis, le regard vide, comme figé, scotché à cet endroit. Je me suis approchée doucement pour ne pas l’effrayer, et lorsqu’il a senti ma présence il a tourné la tête vers moi, le regard rempli d’espoir pour me dire :

Depuis bien longtemps déjà que je suis sur ce chemin gris et que je ne me sens pas le droit de l’emprunter et d’aller vers la lumière, ou alors à errer, à vaquer comme une âme en peine dans leur environnement, je suis très content de te voir car j’ai besoin de ton aide et ma maman aussi. Tant que je reste là entre deux, que j’attends sur ce chemin sombre que l’on vienne me libérer et m’accompagner jusqu’au pont des fleurs ou que je rode dans son quotidien et que je m’accroche à elle, à tous les deux pour leur pomper leur énergie, je ne suis pas bien. Ici ce n’est plus ma place et pour pouvoir me reposer et me ressourcer j’ai besoin de partir au jardin des animaux. Et ma maman ne pourra retrouver la paix dans son cœur et son esprit.

Je me suis enfin présentée à Flavy et lui ai expliqué que j’avais des messages et des questions à lui transmettre de la part de ses gardiens, je l’ai rassuré, je lui ai promis de le guider vers le pont des fleurs après notre échange. Il s’est aussitôt levé pour venir à côté de moi, les yeux remplis d’espoir et sans tarder je lui ai lu les messages et les questions.

Après lui avoir lu le contenu, il m’a regardée fixement, intensément et son regard  plongea profondément dans le mien. Je pouvais y lire une profonde gratitude et un immense amour inconditionnel. Tout content, il s’est mis à tourner autour de moi en jappant, poussant sa tête, son museau contre mes jambes, contre ma main, quêtant quelques caresses, et je me suis empressée de le câliner longuement. Après un long moment d’effusion, il m’a dit :

Ils ne sont pas mes gardiens, ils sont mon papa et ma maman. Je suis et me suis toujours considéré comme leur bébé, leur petit garçon et si heureux, si fier de l’être. Dis-leur merci pour leur message d’amour empreint de souffrance et de mélancolie, et surtout dis-leur que moi aussi je les aime beaucoup. Dis-leur que je les aime tous les deux d’un amour pur, profond et inconditionnel.

J’étais relié à ma maman, c’était elle ma gardienne et c’est auprès d’elle que j’avais la mission de l’accompagner sur son chemin, de la guider afin de se reconnecter à son petit enfant intérieur, à sa source et lui permettre de se guérir à travers moi de toutes les blessures du passé. Lorsqu’elle me chérissait de tendresse, c’est elle qu’elle nourrissait d’amour et d’affection et cela lui a permis de trouver en elle une grande force et surtout le courage et la confiance. A travers moi elle a su panser toutes les offenses qu’elle a subies et cela lui permet aujourd’hui de continuer sa route en toute quiétude.

Dis-lui de ne surtout pas culpabiliser, j’étais sur mon chemin et je préparais mon départ depuis cet hiver. J’avais des bobos partout dans tout mon corps dus à l’âge,  toute ma carapace corporelle était bien plombée. Mes reins, mon cœur étaient bien usés, surtout mes reins, les fonctions et élimination et tout mon tube digestif était bien paresseux. Je me réfugiais déjà très souvent pour gérer mon état et mieux supporter la douleur dans mon corps astral. Dis-leur de  ne pas culpabiliser, de ne pas vivre avec des regrets, j’étais prêt, et de m’emmener plus tôt chez le vétérinaire n’aurait rien changé. C’était le moment pour moi de faire le grand saut, ils ont pris la bonne décision. J’avais ressenti et je ressentais depuis quelque temps des oppressions  dans la tête et pour mieux le vivre, je partais dans mon corps astral. On ne pouvait plus rien pour moi et j’étais prêt, ne vous torturez pas l’esprit. Je ne voulais pas être handicapé et vous m’avez permis de tirer ma révérence dignement.

Merci, merci pour tout ce que vous avez fait pour moi, et merci pour toutes ces années de pur et grand bonheur. Je te suis si reconnaissant ma chère maman, et de te voir me pleurer, de te voir en si profonde détresse me fait très mal. Lorsque j’aurai rejoint le jardin des animaux je pourrai me reposer et me réparer, et toi tu pourras enfin faire ton deuil et retrouver la paix dans ton cœur et ton esprit. Encore une fois ne regrette rien, on ne pouvait plus rien pour moi.

Ce que tu dois savoir et ressentir, c’est que nous sommes toujours encore très liés. Mon âme est éternelle, elle perdure et elle reste reliée à la tienne où que je sois. Lorsque j’aurai rejoint ce haut-lieu magique, je pourrai te faire des coucous et des petits signes, et surtout je pourrai continuer à vous protéger et à vous envoyer des énergies divines. Depuis mon départ tu te sens bien vide à l’intérieur de toi, la maison te, vous semble bien triste et vide, et ce vide, seul moi je peux le combler.

Quel que soit ton âge tu as besoin de moi à tes côtés pour continuer d’avancer et je te reviendrai, oui mon âme aspire à te revenir pour continuer notre belle aventure ensemble. Nous sommes très complices, très fusionnels et c’est sur le plan terrestre que tu as besoin de ma présence. Je t’aime et je suis maintenant pressé de rejoindre le paradis des animaux, j’espère que tu arriveras très vite à faire ton deuil et que tu auras la volonté de me retrouver. Dès que tu te mettras à ma recherche, je me mettrai sur ton chemin, fais-moi confiance et ne me ferme pas la porte de ta maison.

Puis tous les deux nous avons emprunté ce chemin qui au fil de nos pas devenait de plus en plus lumineux, et lorsque je me suis arrêtée devant le pont des fleurs, il m’a dit merci, jappant joyeusement et s’est empressé de traverser le pont pour se noyer dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel. Au revoir Flafy, paix à ton âme. Repose et ressource-toi.