A mon arrivée sur le chemin, FOXY était assise et semblait m’attendre. Je me suis approchée doucement et lui ai expliqué que ses gardiens m’envoyaient vers elle pour lui dire qu’elle manque terriblement à toute la famille, qu’ils sont désolés de n’avoir pu faire plus pour elle et qu’ils espèrent de tout cœur qu’elle sera en paix et heureuse là-haut avec tout le reste de sa famille déjà partie et surtout qu’ils l’aiment plus que tout au monde.

Elle m’a regardée d’un air nostalgique avec des yeux empreints d’une grande tristesse et m’a répondu :

Moi aussi je les aime beaucoup et ils me manquent, nos câlins me manquent, le rituel au réveil et  quand ils vont au lit, tout est allé très vite et ni eux, ni moi n’étions vraiment prêts pour ce départ. J’ai senti une attaque sournoise mais terriblement douloureuse et oppressante, puis plus rien (poitrine). J’étais sortie de mon corps, je me suis vue étalée et plus moyen de réintégrer mon corps physique.

Ce drame se profilait depuis quelque temps, je sentais une grande chape qui parfois m’envahissait et qui revenait de plus en plus fréquemment, comme si ces attaques venaient de l’extérieur et j’entendais des chiens grogner et manifester de l’agressivité vis-à-vis de moi (problèmes neurologiques, oppressions dans la tête). Cela me faisait peur et je ressentais du stress et des angoisses. Puis tout redevenait très calme et c’est comme si rien de tout cela n’avait pas eu lieu, jusqu’à cette nuit où la douleur intense m’a empêché de revenir dans mon corps physique.

Je sais que c’est difficile pour vous, pour moi aussi et cela m’empêche de partir au jardin des animaux. Dis-leur que je les aime, que je sais qu’ils sont en souffrance. Mais ils ne doivent pas être désolés, ni culpabiliser, ils ne pouvaient rien faire pour m’aider plus, le moment était venu pour moi de tirer ma révérence et de rejoindre ma petite famille qui est toujours là à m’attendre de l’autre côté du pont et qui m’accompagnera et me guidera jusqu’au jardin des animaux.

Leur douleur, leur incompréhension m’empêchent de traverser le pont et je suis toujours encore au quotidien dans leur entourage, je les suis partout où ils sont, et puise dans leur énergie. Cela les empêche de faire leur deuil, et moi, tant que je ne suis pas au paradis des animaux, je ne peux me reposer et me ressourcer.

Dis-leur que j’ai vécu des années merveilleuses avec eux, j’étais heureuse, je me sentais être un membre de la famille, j’étais la fille mais aussi la sœur et j’étais aimée et choyée. J’étais leur princesse, je me sentais admirée, ils me disaient souvent que j’étais belle, que j’étais un amour et la plus jolie.

Mon départ un peu rapide et violent les a beaucoup perturbés, et même s’ils savent qu’ils doivent me laisser retrouver mes congénères, ils ont encore du mal à se faire à mon absence. Ils ressentent un grand vide, leur maison est vide, leur cœur est vide, et ils ont besoin de mon énergie, de ma présence pour combler ce grand trou qu’ils ressentent tous à l’intérieur d’eux et dans leur foyer.

Explique-leur que moi tant que je reste entre deux, je ne peux me ressourcer et préparer mon retour et qu’un passage au jardin des animaux est nécessaire pour pouvoir leur revenir, que mon âme aspire, bien entendu, à les retrouver très vite.

J’étais encore jeune et je n’avais pas terminé ma mission. Mon âme aspire à la retrouver pour l’aider à avancer sur son chemin et l’ouvrir à l’amour inconditionnel. Ce ne sera pas très long, un aller/retour me suffira, mais ce sera à eux de décider, moi je ne serai pas seule, je serai bien entourée.

Dis-leur de faire confiance à la vie, à l’univers et on aura la chance de vivre encore une belle aventure ensemble. Je me mettrai sur leur chemin et ils ne pourront se tromper. Ce sera une évidence même si la réincarnation ne fait pas tellement partie de leurs croyances.

Elle est venue à côté de moi, elle s’est collée à moi et avec sa tête se frottait à ma main pour se faire caresser encore et encore. Puis elle m’a dit merci et ensemble nous nous sommes avancés sur un chemin de lumière qui s’est ouvert à nous. Lorsque nous sommes arrivées devant le pont des fleurs, elle m’a dit :

Tu peux voir de l’autre côté, ils m’attendent humains et animaux, je suis très contente de les revoir.

Puis elle l’a traversé sans même se retourner et tous ensemble ils se sont noyés dans la vive lumière de l’escalier de l’arc en ciel.

Au revoir Princesse, paix à ton âme.