width=La rencontre avec Huggy s’est faite sur un chemin aride avec des pierres et des cailloux de partout. Il était assis très inconfortablement sur son arrière train et m’a jeté un regard plein de détresse. Lorsque je me suis présentée à lui il m’a regardée en dressant ses oreilles et le regard plein d’espoir.

Ca fait déjà si longtemps que je suis ici entre deux à attendre qu’on vienne m’aider à rejoindre le jardin des animaux et je suis si heureux aujourd’hui que tu sois là. Mon départ n’était pas programmé, je me suis fait percuter, le choc a été violent, je n’ai pas souffert, je suis aussitôt sorti de mon corps et il m’était impossible de le réintégrer. J’ai eu peur, je savais que j’étais passé de l’autre côté et je savais surtout que cela allait être terrible pour eux. Surtout pour Maxence, c’était mon petit frère, mon jumeau et de me perdre allait être une douleur intense, incommensurable, la fin de ses jeux et rêves de petit garçon. J’aurais tant voulu être encore de ce monde pour lui, pour l’aider à grandir et surtout pour qu’il continue de choyer, de câliner son petit enfant intérieur.

De savoir qu’il allait être en grande souffrance, de savoir qu’il allait avoir du mal à s’en remettre, mais aussi la brutalité de mon départ que je n’ai pas préparé, m’ont empêché de partir. Impossible de faire ma transition pour ce monde meilleur, je suis toujours là dans leur entourage, même si eux ne peuvent pas me voir, moi je les vois, je les vois me pleurer et leur chagrin, surtout celui de Maxence me peine et me fait beaucoup souffrir. C’est mon petit frère et je l’aime plus que tout, je donnerai tout pour être encore en vie à ses côtés. Mais pour cela je sais que je dois hélas faire un court passage au jardin des animaux avant de pouvoir redescendre et lui revenir dans un corps physique d’un petit chien à la même apparence.

Je t’aiderai à faire ce passage Huggy, mais j’ai d’abord un message et des questions pour toi de la part de ton petit frère.

Huggy m’a regardé avec des yeux remplis de désespoir, des larmes coulaient, les miennes aussi, il poussait des petits feulements de douleur et lorsqu’il s’est calmé il m’a dit :

Dis-leur que mon corps physique va bien, dis-lui que je n’ai mal nulle part, seul mon cœur est en grande détresse pour lui. Je sais combien ses rêves de petit garçon sont anéantis à jamais, je sais que je lui manque cruellement et que sa vie ne sera plus jamais comme avant. Le choc de me perdre le met dans une situation, dans un état de souffrance qu’un enfant ne devrait pas connaître. Dis-lui que moi je ne l’oublierai pas non plus, je suis relié à lui et je lui reviendrai. Ici ce n’est plus ma place et lorsque j’aurai enfin pu faire le passage, il se sentira mieux. Il se sentira plus apaisé, la maman aussi et ils pourront commencer à faire leur deuil. Tant que je suis à leurs côtés, je leur pompe leur énergie et ils ressentent de la tristesse et du désespoir.

Lorsque j’aurai rejoint le paradis des animaux je pourrai leur envoyer de bonnes ondes et aussi des signes. Lorsque j’aurai passé l’escalier de l’arc en ciel il pourra parfois me voir dans le ciel. S’il est très attentif, il pourra voir la forme de mon petit corps de chien dans les nuages.

Le chat qui vient le voir, ce n’est pas moi, mais c’est moi qui le lui ai envoyé. Il a en ce moment besoin de l’énergie d’un chat, un chat qui lui apprend le détachement. Pas le détachement au sens où il m’oublie et ne pense plus à moi, non le détachement qui lui permet de continuer à grandir tout en sachant que la vie est mort et renaissance et que lorsqu’on est parti rejoindre les étoiles, notre âme est toujours là, elle existe et que pour nous les animaux il est possible de vous revenir très vite. Ce chat est venu à lui pour l’aider à passer ce moment difficile, mais c’est de la présence, de l’énergie d’un chien dont il a besoin et c’est moi qui vais très vite lui revenir.

Je sais que je manque aussi à sa maman et que malgré mes aboiements, elle aussi a besoin de ma présence et surtout pour son bébé.

Je n’ai pas eu de chance, il n’y a aucune raison à ce départ si jeune, j’ai encore tant à faire auprès de lui, ma mission étant justement de l’aider à grandir dans l’amour et la joie, l’amour et la présence du père n’étant pas toujours très actifs. Dis-lui que moi je l’aime et que je lui reviendrai et l’aiderai à ce que son petit enfant intérieur retrouve le plaisir et la confiance en la vie. Si petit qu’il soit, si grande est sa souffrance et il ne la mérite pas. Ce chauffard, je ne sais qui c’est, une voiture grise anthracite m’a percuté et ne s’est même pas arrêtée. Sans doute la peur de prendre ses responsabilités, la peur aussi des conséquences malheureuses de son acte. L’être humain est ainsi fait et mon petit frère, aussi petit qu’il soit, se retrouve aujourd’hui déjà confronté à la lâcheté, le manque de compassion de l’être humain.

Peux-tu aussi donner un message pour sa maman ?

Dis-lui d’adopter ce chat, ou un autre, peu importe. Ils ont tous besoin de l’énergie d’un chat pour transmuter les énergies négatives du lieu. Dis-lui aussi de ne pas porter le chagrin de son garçon sinon elle n’arrivera pas à le rassurer et le consoler et il perdra confiance en lui. Dis-lui aussi qu’un chat l’aiderait à se détacher affectivement afin qu’elle vive ses relations un peu plus sereinement, sans dépendance ou co-dépendance. De pouvoir regarder les choses en face et d’agir en toute conscience permet souvent de tourner la page et de se préparer une meilleure existence. Je n’aimais pas le papa, il est souvent pas présent et vit un peu dans son monde (égoïste)…

Dis à Maxence, mon petit frère que je l’aime, que je l’adore et que même si le père est contre, je lui reviendrai maintenant très vite. Cela peut être très, très rapide si je pars maintenant au paradis des animaux. Ce sera la même race et lorsqu’il me verra il n’aura pas de doute, il me reconnaîtra, il saura que c’est moi. Nous sommes tellement fusionnels tous les deux qu’au premier regard il aura capté que c’est moi et tous les deux nous vivrons encore une belle aventure et histoire d’amour. Je l’aiderai à réparer son petit cœur blessé.

Si tu es prêt maintenant Huggy je vais t’accompagner jusqu’au pont des fleurs. L’es-tu ?

Oui il le faut pour sa survie et aussi pour permettre à mon âme de se ressourcer et lui revenir.

Ensemble nous avons commencé à marcher sur ce sol caillouteux et après quelques pas s’est ouvert à nous un chemin très vert avec de l’herbe et des petites fleurs, des pâquerettes et des coquelicots, de jolis pavots rouges et Huggy s’est mis à aboyer et m’a dit :

C’est ma manière à moi de m’exprimer, de dire que je suis heureux, que je suis rempli de joie et dans le moment présent, je suis très content de faire le passage car je sais qu’après nous pourrons nous retrouver.

Dis-lui que je l’aime et que je serai très vite de retour pour le faire rire à nouveau.

Je me suis arrêtée juste avant le pont et sans aucune hésitation, il l’a traversé et s’est dépêché de sauter et de grimper l’une après l’autre, toutes les marches de l’escalier de l’arc en ciel et se noyer dans cette magnifique lumière.

Au revoir Huggy, à bientôt.