La rencontre avec Isa s’est faite dans cette belle clairière qui se trouve juste après l’escalier de l’arc en ciel et avant l’entrée du paradis des animaux. Elle était couchée très sereinement sur son ventre, les pattes avant allongées devant elle et sa tête tournait dans tous les sens. Elle s’amusait à suivre les papillons blancs, orange et dorés qui virevoltaient autour d’un arbre à papillons d’un violet très fluo. Il y avait aussi des abeilles qui butinaient les petites fleurs de toutes les couleurs, et les teintes de ce jardin étaient très vives et lumineuses. Cette farandole de danses semblait l’éblouir, ses yeux pétillaient, je l’ai appelée doucement par son nom pour ne pas l’effrayer. Elle ne m’a pas entendue tout de suite, elle était tellement absorbée que je me suis avancée un peu plus près pour lui dire :

Isa, ta maman m’envoie à toi, Isa ta maman aimerait que je te donne un message, et là, ses oreilles se sont dressées, elle s’est mise à aboyer, elle s’est levée très rapidement et a commencé à me tourner autour comme une petite fofolle. Elle jappait, elle aboyait, elle semblait tellement contente qu’elle n’arrêtait pas de tourner à droite, à gauche. Lorsqu’elle s’est enfin calmée, je me suis présentée et lui ai dit que :

Sa maman aimerait savoir si son passage s’est bien passé ? Si elle n’a pas eu très peur ? Lui dire surtout qu’elle l’a aimée plus que tout, qu’elle a tout fait pour la sauver et qu’elle ne l’oubliera jamais. Qu’elle a adoré ces 8 années passées à ses côtés, qu’elle la remercie de lui avoir donné ce cadeau, mais que le destin a été cruel de les séparer si tôt ? et que si un jour elle veut revenir chez sa maman, elle et sa maison seront toujours là pour elle. C’est elle qui décidera.

Pendant que je lui donnais ce message je l’ai vu de seconde en seconde de plus en plus émue, ses yeux me regardaient comme s’ils voulaient me parler, l’expression de son regard était devenue profonde, intense et ses yeux se sont embués de larmes. Elles perlaient et une, puis 2 et une autre sont tombées sur sa truffe, elle essayait de les attraper avec sa patte, elle se léchait le nez, j’étais là devant elle et ma gorge se serrait tellement c’était émouvant à voir ce que ce petit message d’amour de sa maman pouvait la bouleverser à ce point. Après quelques instants elle m’a dit :

Ne t’inquiète pas, je ne suis pas triste, je ne pleure pas parce que je suis malheureuse, je pleure de joie, je suis trop heureuse d’avoir cet échange avec toi, de pouvoir lui répondre, de pouvoir te donner des messages, car je sais que pour elle ce départ est tragique. Elle ne s’y attendait pas, elle n’était pas préparée et c’est une grande souffrance pour elle.

Dis-lui que moi aussi je l’aime. Je l’aime d’un amour pur, profond et inconditionnel. Dis-lui aussi que je suis reliée à elle, à son âme. Nos 2 âmes sont reliées et le resteront où que je sois, et que ce n’est pas la mort qui va nous séparer. Dis-lui aussi que j’ai beaucoup de peine pour le mal, la douleur immense qu’elle ressent et que je suis triste et désolée pour elle.

Mon petit cœur était en souffrance depuis bien longtemps. Je souffrais d’une malformation même si cela n’était pas visible, je sentais souvent une oppression et une gêne dans la poitrine. Ce n’était pas guérissable, même avec la meilleure volonté du monde, aucun docteur n’aurait pu m’aider et il valait bien mieux remonter me reposer et me ressourcer que de vivre avec cette douleur et ce handicap. Je me sentais fatiguée, mon cœur était usé et je le ressentais dans tout mon corps. Parfois je me réfugiais dans le corps astral pour mieux le gérer, mais tu sais ma petite maman j’étais déjà en transition et je préparais mon départ depuis la fin de l’hiver. Je ne voulais pas que tu t’inquiètes et j’essayais de ne pas te le faire voir pour te ménager et ne pas trop te torturer l’esprit.

J’ai vécu une vie de princesse à tes côtés, je me suis toujours considérée comme ton bébé, ta petite fille, tu étais ma maman et nous avons passé des moments merveilleux ensemble. Je savais et je ressentais tout ce que tu pouvais vivre et ressentir. Nous étions fusionnelles et si complices. Nos deux âmes étaient des âmes sœurs et je sais que mon départ te plonge dans un atroce et effroyable vide. Tu te sens vide à l’intérieur de toi comme si on t’avait enlevé une partie de toi, et c’est difficile aujourd’hui pour toi de te projeter dans l’avenir sans moi. Tu te sens seule et presque inutile tellement tu avais l’habitude de me choyer et de me câliner.

Tu sais je n’ai pas eu peur lorsque j’ai fait le grand saut, je n’étais pas seule, j’étais bien entourée, il y avait des êtres de la nature et des ancêtres (mère, grand-mère), elles étaient là pour m’accueillir et m’accompagner de l’autre côté du pont des fleurs. Elles m’ont aidée et cela t’a permis aussi à toi de me laisser aller vers la lumière, de ne pas t’accrocher à moi, et aujourd’hui je me suis déjà bien reposée et ressourcée. Je me sens de nouveau jeune et en pleine forme. Je peux courir, jouer, m’amuser et faire des petites cabrioles dans cette herbe si tendre et si douce.

Même si nous sommes séparées un petit laps de temps je ne suis pas loin et je suis toujours avec toi. Le destin nous a cruellement séparées, mais juste le temps de me réparer pour pouvoir te revenir dans un corps physique en pleine forme. L’univers te rendra de nouveau ce cadeau, celui de te revenir sur le plan terrestre. Ce n’est pas moi qui déciderai, ce sera toi ma petite maman qui choisira quand ce sera le moment pour toi, et je me mettrai de nouveau sur ton chemin.

Mon âme aspire à te retrouver très vite, ce ne sera pas long, alors ne tarde pas trop à te remettre à ma recherche et tu sauras me reconnaître au premier regard, n’aie aucun doute, fais-toi confiance. Je t’aime et te dis à bientôt pour te faire un grand câlin.

Puis elle s’est mise à aboyer, toute contente de pouvoir bientôt retrouver sa maman d’amour.