Lorsque je suis arrivée sur le chemin, Izzia m’y attendait. Un chemin triste, gris, sans lumière. Elle était assise et ses yeux vides, sans expression regardaient vers l’horizon, où l’on pouvait apercevoir à travers les nuages quelques rayons de soleil. Je me suis approchée doucement et lorsqu’elle m’a vue ou senti ma présence, elle a tourné la tête vers moi, et son regard si triste et terne a changé d’expression, je pouvais à présent y lire une forte lueur d’espoir. Je me suis présentée et lui ai expliqué que sa gardienne m’envoyait à elle pour lui délivrer des messages et lui poser des questions.

Que je suis soulagée, que je suis rassurée que tu sois là. Depuis mon départ je reste là sur ce chemin ou dans leur entourage, je la suis comme son ombre partout où elle va, dans tout ce qu’elle fait, je m’accroche à elle et tant que je reste là, je puise dans son énergie, dans leur énergie à tous et je ne suis pas bien et eux non plus. Ici ce n’est plus ma place, tant que ma pauvre âme est en errance entre deux, je ne peux me reposer et me ressourcer, et elle, ma maman ne peut trouver la paix dans son cœur et son esprit. Elle pourra commencer son travail de deuil à condition de m’aider à faire le passage.

Je lui ai dit que j’étais là aussi pour l’accompagner et la guider jusqu’au pont, et lui ai lu le contenu des missives.

« Bonjour mon bébé, mon petit chien d’amour à moi. Si j’ai demandé à cette dame de venir te voir c’est parce que j’ai besoin de te parler, je t’aime énormément ma ziaziou et tu me manque tellement depuis ton départ. Je me rappelle encore la première fois où je t’ai porté dans ma main tu étais toute petite , notre rencontre a été une évidence pour moi et depuis ce jour je t’ai aimé comme mon bébé, ma fille et je m’étais juré de te protéger et de t’apporter le meilleur dans ta vie. Je n’ai pas tenu ma promesse je t’ai abandonné chez le vétérinaire et tu as dû souffrir et te voir partir seule dans cette cage sans moi. Pardonne-moi mon bébé, je m’en veux tellement. tout s’est passé si vite ce jour-là mais je pensais que le lendemain le vétérinaire allait me dire tout va bien venez la chercher…il n’a pas voulu m’appeler cette nuit-là alors que j’aurais tellement voulu être présente pour toi. Depuis l’arrivée de ta petite sœur maelie ton papa et moi on été moins sur toi moins à ton écoute mais cela ne change rien à notre amour pour toi. Je m’en veux de t’avoir moins promené et moins câliné ces dernières semaines étant plus absorbé par ta petite sœur humaine. On était tellement heureux tous les quatre, tu avais déjà une si belle relation avec maelie. On a traversé tellement de chose ensemble toujours ensemble, toutes les deux. tu étais une chienne extraordinaire, belle, intelligente et si sensible. Tu étais mon pilier, toutes nos habitudes me manque, ta présence me manque, j’ai l’impression d’avoir perdu une partie de moi, notre maison est vide sans toi tu nous as apporté tellement de joie et d’amour. mais je veux que tu sois bien maintenant et j’espère que ton premier papa aura été avec toi pour ton départ . Personne n’a pu me dire pourquoi tu es partie. Pourquoi aussi vite ? qu’est ce qu’il s’est passé? Tu as mangé quelque chose qu’il ne fallait pas? Quelqu’un d’extérieur t’aurais donné quelque chose qu’il ne fallait pas? Je ne saurai sûrement jamais pourquoi tu es partie… Je n’ai pas vu que tu avais peut-être un problème plus sérieux….Je ne sais pas quoi penser…

As-tu souffert cette après-midi et cette nuit-là? J’espère que tu n’as pas eu peur. Tu te sens mieux là où tu es maintenant? J’espère que tu auras eu une vie heureuse malgré tout à mes côtés et que tu me pardonneras là où j’ai échoué mais sache je t’aime ma ziazou d’amour, que je ne pourrai jamais t’oublier. Peut-être qu’un jour on se retrouvera.

Merci mon bébé pour ses huit belles années de pur bonheur à tes côtés. « 

 

Pendant que le lisais j’ai observé quelques larmes perler à ses yeux, elles tombaient sur sa truffe et elle les léchait au passage. Lorsque j’eus terminé, elle m’a dit :

C’est un moment très fort pour moi, j’en suis triste et si heureuse à la fois. Je vais pouvoir, grâce à ma maman et à toi pouvoir enfin rejoindre le jardin des animaux, et puis surtout je vais pouvoir répondre à ses questions. Tu sais elle n’était pas ma gardienne, elle était ma maman et j’étais sa fille, sa petite fille, son bébé. Nous étions toutes les deux très complices, c’était très fusionnel et j’ai vécu des années merveilleuses avec elle. Nous avons eu des moments difficiles, des moments de grande tristesse où il a fallu faire son deuil, mais nous étions ensemble et c’était bien plus facile pour elle.

Depuis que j’ai fait le grand saut elle a l’impression d’être seule, elle se sent vide à l’intérieur d’elle, la maison lui semble vide, sans âme et elle a besoin de moi et de ma présence pour continuer à avancer sur son chemin.

Dis-lui merci pour son message d’amour et dis-lui que moi aussi je l’aime d’un amour pur, profond et inconditionnel. Dis-lui que j’étais là pour l’aider à se reconnecter à son petit enfant intérieur, à sa source et pour lui permettre d’y puiser la force, de ressentir cette grande force qu’elle a à l’intérieur, pour lui apporter la confiance. Confiance en elle, en la vie et en ce que l’univers lui envoie pour continuer sa route. J’ai réussi ma mission, tu as retrouvé la joie de vivre, l’amour, et depuis l’arrivée de ma petite sœur, tu as été très heureuse, si heureuse que je sais bien que tu as été occupée plus par elle, et tu n’as rien à te reprocher. C’était normal et je ne me suis pas sentie rejetée ni frustrée. Je sais combien je compte pour toi et que notre amour sera toujours le même, que j’aurai toujours une place privilégiée dans ton cœur, même si tu devais avoir une dizaine de petites sœurs et petits frères.

Nous étions déjà ensemble dans une autre vie, j’étais ton double, ton âme sœur, ta jumelle et cela tu l’as bien capté, c’était une évidence pour toi lorsque tu m’as retrouvée. Et puis tu sais ça le sera encore car bien entendu si on m’aide maintenant à rejoindre le jardin des animaux je pourrai me reposer et me ressourcer et te revenir. Mon départ a été brutal, violent pour toi et pour moi aussi. Rassure-toi on ne m’a rien donné à manger, il ne s’agit pas d’un empoisonnement. Je me sentais souvent fatiguée et ce jour-là j’ai eu de violentes nausées, un mal de tête terrible, une très forte oppression et pour pouvoir le supporter et le gérer je me suis réfugiée dans le corps astral. Je me voyais et je savais que c’était fini pour moi, qu’il me serait impossible de retourner dans le corps physique, je savais que le cordon d’argent qui reliait mon âme à mon corps allait se rompre, je savais que c’était la fin pour moi (rupture d’anévrisme ?).

Je n’ai pas eu peur et je ne me suis pas sentie abandonnée. La seule crainte c’était l’angoisse,  la terrible souffrance que tu allais ressentir lorsqu’on t’annoncerait la triste nouvelle. Ce départ non programmé était un accident, ta détresse m’a empêchée de continuer ma route, et je suis là entre deux alors qu’ici ce n’est plus ma place. Je ne me suis pas sentie abandonnée dans la cage, ne te torture pas l’esprit, tu n’y es pour rien et tu ne pouvais rien de plus pour m’aider, je sais combien cela t’est incompréhensible et difficile à accepter. Ce sont des accidents de la vie et on n’y peut rien, tu le sais bien.

Maintenant je vais bien, je ne ressens plus aucune douleur, mais pour pouvoir préparer mon retour un petit passage dans ce haut-lieu magique est nécessaire. J’ai vécu une vie de princesse à tes côtés, choyée, câlinée et respectée comme ton double, un membre de la famille à part entière. Tu n’as rien à te faire pardonner, c’est moi qui te demande pardon pour la grande peine que je t’inflige. Je sais que tu ne m’oublieras jamais et je sais aussi que tu as encore besoin de moi pour continuer ta route. Je suis ton pilier comme tu le dis si bien, et c’est sur un plan terrestre que tu dois pouvoir t’appuyer sur moi. Et puis j’ai envie de voir grandir ma petite sœur, de jouer avec elle et de la protéger.

Un petit passage au paradis des animaux me permettra de me réparer et de vous revenir très vite. Je t’aime, tu es ma petite maman adorée et tes caresses, tes regards emplis d’amour me manquent. Ta petite ziazou d’amour n’aura pas besoin de beaucoup de temps là-haut, l’espace –temps n’est pas le même qu’ici-bas, alors stp ne me ferme pas la porte de ton cœur et de la maison. Après la mort, il y a la renaissance et pour nous les animaux nous avons la chance de pouvoir vous revenir très vite. Nous sommes une famille et la famille doit être réunie. Je n’ai pas peur, je sais qu’on m’attend de l’autre côté, oui mon papa est là et je suis maintenant pressée de faire le passage. Après tu retrouveras la paix et la sérénité en attendant mon retour.

Puis toutes les deux nous nous sommes avancées sur ce chemin austère qui au fil de nos pas devenait de plus en plus lumineux. Lorsque je me suis arrêtée devant le pont des fleurs, elle m’a dit

Merci, merci à toutes les deux pour ce magnifique cadeau que vous me faites.

Et elle l’a traversé pour se noyer dans la belle lumière de l’escalier de l’arc e ciel. Au revoir Ziazou d’amour, à bientôt.