JANIKADès que j’ai pris contact, Janika est venue à ma rencontre en miaulant. Je lui ai expliqué que sa gardienne était très en souffrance et se posait beaucoup de questions.

Oui je sais, et j’admire son courage, malgré cette incompréhension, sa peine, sa colère et sa culpabilité. Elle comprend que ma place n’est plus auprès d’elle et que je dois partir. Elle me le dit, elle fait de gros efforts, mais je n’arrive pas complètement à me détacher. Le choc a été violent, j’ai voulu traverser la route, c’est vrai j’étais trop téméraire. J’ai déboulé sur la route, je courais après un oiseau qui me narguait et je me suis violemment heurtée la tête en premier dans la voiture. L’espace de quelques instants, pas le temps de prendre conscience, pas le temps d’avoir peur, pas de souffrance, juste un choc brutal, une forte résistance qui m’a projetée en arrière, et après je me suis vue, je suis sortie de mon corps et j’ai vu celui-ci couché sur le trottoir, ma tête en contrebas. La voiture ne s’est pas arrêtée, je crois qu’elle n’a même pas remarqué qu’elle m’avait percutée. J’étais allongée et je me regardais, j’étais inquiète, je savais que je ne faisais plus partie de ce monde et en même temps j’étais bien, je ne ressentais aucune douleur, je me sentais flotter et c’était très agréable.

Puis elle est arrivée et elle aussi a été choquée et secouée violemment. Voir cette grande souffrance, cette grande détresse m’a plus affectée que ma mort. Mon départ a été un accident, je n’étais pourtant pas grande chasseuse, mais cet oiseau m’intriguait comme s’il voulait que je le suive. Peut-être le saurais je lorsque je serai arrivée au paradis des animaux. Tant que je reste là sur ce trottoir au bord de cette route, je ne peux le savoir. Il me tarde de pouvoir rejoindre le jardin des animaux, j’ai besoin qu’on m’y aide, mais pour cela elle ne doit pas culpabiliser, ce n’est pas de sa faute et elle ne doit pas non plus être en colère contre ses anges, ils n’y sont pour rien. La colère et la culpabilité l’empêchent de faire son deuil. Si je suis partie, si on m’a rappelée, c’est sans doute parce que je n’étais souvent pas dans mon corps, je le comprends mieux à présent. Probablement qu’il y a eu un petit souci lors de mon incarnation, et qu’on me demande de remonter afin qu’à mon prochain retour, je sois bien centrée dans le ici et maintenant. C’est pour mon confort mais aussi pour le sien, pour me permettre de remplir la mission que j’ai auprès d’elle.

Tu la connais cette mission ?

Oui, même si j’avais du mal à faire ce travail étant pour la plupart du temps dans l’astral.

Ta gardienne aimerait justement savoir comment tu as vécu ce passage sur terre, dans leur foyer et si tu as des choses à lui dire ?

Le passage sur terre, pas toujours dans le présent. Dans leur foyer j’étais très heureuse, et elle me considérait comme son petit ange. Son petit bébé qui s’est transformé en ange et ma mission est de lui apprendre le détachement afin de vivre en paix et en harmonie avec elle-même. Elle est sur son chemin, mais a encore beaucoup de notions à intégrer, et je reviendrai à ses côtés pour l’aider dans son évolution personnelle, mais aussi spirituelle.

Reviendras-tu en tant que chat ?

N’est-ce pas notre mission de vous apprendre le détachement ?

Si, mais saura-t-elle te reconnaître ?

Dis-lui de ne pas s’inquiéter, elle saura me reconnaître.

Et quand ?

Si grâce à ces messages mon âme est libérée, ce sera très rapide. Le temps de faire le tour de ce magnifique paradis, le temps de savourer la splendeur du paysage et le temps de me préparer à m’incarner correctement et complètement dans un autre corps physique. Ce ne sera pas très long, rassures-là, quelques semaines…

J’ai encore une autre question concernant cette lubie des éponges et des couvercles à yaourt ?

C’était pour la faire rire, pour la taquiner. C’était un jeu, un moment de complicité entre nous, mais aussi pour lui montrer que tel un enfant, j’étais capable de faire et de répéter les mêmes bêtises.

Je dois maintenant te dire un grand message de ta gardienne, et j’espère qu’il va te permettre et t’autoriser à partir maintenant.

J’aimerais lui dire à quel point je l’aime, à quel point elle a mis du bonheur dans ma vie, ce petit être innocent, rempli d’amour sans rien attendre en retour.

J’aimerais lui dire à quel point je trouve cela injuste, ce qui lui est arrivé et en conséquence, ce qu’il m’est arrivé

J’aimerais lui dire que je l’aime si fort que je la laisse partir, que je l’aime si fort que j’accepte de ne plus sentir sa présence auprès de moi et que j’accepte l’idée qu’elle ne soit plus auprès de moi.

Mais j’aimerais comprendre pourquoi elle m’a laissée, pourquoi m’a- t-elle abandonnée alors que nous étions si heureuses l’une avec l’autre, …

Elle me manque terriblement, les matins et les soirs sont des moments extrêmement douloureux (surtout les matins) mais je ferai un effort, pour ne pas la retenir là où elle ne doit plus être, je vais essayer dès demain…

Dis-lui que je ne l’ai pas abandonnée, je ne serai partie qu’un laps de temps, nous ne serons pas séparées longtemps et je pourrai revenir cette fois-ci comme il se doit et pour remplir mon rôle auprès d’elle. Nous aurons à nouveau l’occasion de partager de grands moments de bonheur ensemble. Qu’elle fasse confiance à l’univers et l’univers le lui rendra. Je l’aime et je saurai à nouveau lui rendre la joie et le sourire.

Merci Janika, veux-tu que je t’accompagne un petit bout sur ton chemin maintenant ?

Oui, cela m’aiderait à prendre mon envol.

Nous avons marché quelques instants sur un chemin tout fleuri, très légèrement afin de veiller à ne pas piétiner les jolies petites pâquerettes. La lumière qui nous entourait prenait toutes les couleurs de l’arc en ciel, et mes yeux avaient du mal à la supporter. Elle devenait de plus en plus vive. A un moment j’ai ressenti une petite brise, j’ai regardé autour de moi et je ne voyais plus Janika, j’ai levé les yeux et je l’ai vue, elle volait comme un petit ange vers cette magnifique lumière. Elle venait de partir.

Au revoir Janika, que ton âme puisse très vite trouver son chemin.