La rencontre avec Jiai s’est faite sur un chemin gris, sans lumière. Assis comme scotché à cet endroit, le regard vide, il semblait être posé ici pour l’éternité. Je me suis approchée doucement pour ne pas l’effrayer, et arrivée à une distance respectable, je l’ai appelé plusieurs fois par son nom et aucune réaction de sa part jusqu’à ce que je l’appelle Titi Jiai est-ce que tu m’entends ? La réponse fut immédiate, il a levé la tête vers moi, les yeux remplis d’espoir et m’a dit :

Oui, oui je t’entends mais qui es-tu ?

Et sans tarder je me suis présentée et lui ai expliqué que c’est son gardien qui m’envoyait à lui pour lui donner des messages et lui poser des questions :

Mon « titi » JIAI
inutile de te dire que tu me manques. La maison est vide sans toi. Je pense à toi tout le temps et ma tristesse est toujours présente 6 mois après ton départ.
J’espère que tu sais combien je t’aime. Je te le dis tous les jours d’ailleurs.
Je voulais te demander comment tu as vécu ton départ?
Quand je t’ai envoyé chez la vétérinaire, je pensais qu’elle allait te « requinquer » et que j’allais te récupérer en forme. Malheureusement, elle m’a téléphoné le lendemain matin pour me dire que tu étais décédé.
Inutile de te dire que j’ai versé toutes les larmes de mon corps.
Mais malheureusement pour moi,tu étais seul quand tu es parti, enfermé dans une cage à la clinique vétérinaire;ce qui m’a fait mal.
Crois-moi, je ne t’avais pas abandonné.
Quelques jours avant ton départ, j’ai eu l’impression que tu voulais sortir de la maison quand je fermais la fenetre comme si tu voulais partir te cacher.Tu sentais que tu allais partir?
C’est ce que j’ai pensé plus tard mais pas sur le coup.
Tu ne mangeais plus les derniers jours.est-ce que tu souffrais?
est-ce que j’aurais du en faire plus?
As-tu été heureux pendant ces 9 années passées ensemble.
Ta compagnie m’était précieuse.
Je ne voulais pas que tu sortes de la maison. Je ne voulais pas te perdre. Tu comptais trop pour moi. Je voulais faire attention à toi à tout prix.
Je n’ai jamais autant aimé un animal de compagnie que toi.
Depuis ton départ, la maison est vide et je te vois partout ou tu allais.
As-tu un bon souvenir précisément de quelque chose que l’on a vécu ensemble?
Est-ce qu’on se retrouvera?
est-ce que ton ame aspire à me revenir dans le corps physique d’un autre chat jeune et en pleine forme sur le plan terrestre?Si oui comment vais-je savoir que c’est toi?
Ou est-ce que je dois reprendre (ou pas) un nouveau compagnon chat?
Je n’ai pas envie de te remplacer.
Est-ce que tu m’envoies des signes?Oui je le pense mais peut-etre que je ne les perçois pas forcément.
Mais si tu peux continuer à m’en envoyer,cela me fera surement du bien.

Je t’ai aimé,je t’aime et je t’aimerais tout le temps.
Tu es pour toujours dans mon coeur.

Je l’observais tout en lisant et je voyais des larmes tomber sur son nez, sur ses joues et il essayait discrètement de les attraper avec sa patte au passage, et lorsque je me suis arrêtée, il m’a regardée intensément dans les yeux pour me dire :

Que je suis touché, je suis très ému et j’ai tellement de peine pour lui. Mon départ lui est insupportable, il ne peut et n’arrive pas à faire son deuil. Cela a été trop rapide et il a du mal à l’accepter et à me laisser partir. Mais tant que je reste là je ne peux me reposer et me ressourcer, et lui ne peut retrouver la paix dans son cœur et son esprit. Ici ce n’est plus ma place et tant que je reste là, je m’accroche à lui, à son énergie, je lui pompe toute sa vitalité et il va finir par tomber malade. J’ai besoin d’aide et lui aussi. Tant que je reste dans son quotidien, à le suivre comme son ombre, ni lui, ni moi ne sommes bien et je ne peux me réparer ni préparer mon retour.

Je l’ai rassuré et lui ai dit qu’après notre échange je l’accompagnerais pour faire le passage et il a poussé un petit soupir et m’a dit :

Me voilà soulagé, que je suis content que tu sois là. Dis-lui merci pour son message d’amour et dis-lui que moi aussi je l’aime d’un amour pur, profond et inconditionnel. Je l’aime fort et j’ai vécu des moments intenses et des années remplies de pur et grand bonheur à ses côtés. Je sais combien je lui manque et même si je peux encore le voir et l’entendre, de ne plus pouvoir me manifester physiquement à lui me manque aussi. Je sais combien mon départ lui est difficile et j’ai tant de peine pour lui.

Nous étions très proches, très fusionnels, je comptais plus pour lui que la prunelle de ses yeux, et mon départ lui inflige une profonde souffrance.  Dis-lui de ne pas culpabiliser, je savais qu’il ne m’avait pas abandonné lorsqu’il m’a laissé chez le vétérinaire et je savais aussi que hélas je ne rentrerais plus à la maison. Depuis quelques temps je souffrais d’un mal qui me rongeait à l’intérieur, j’avais des douleurs dans le ventre (pancréas) et je me réfugiais souvent dans mon corps astral pour gérer mon état, et mes douleurs étaient supportables, mais je n’avais plus faim, je ne pouvais plus manger. J’étais sur mon chemin et je préparais mon départ, je savais qu’on ne pouvait plus rien pour moi et j’aurais aimé t’éviter de devoir m’emmener chez le vétérinaire, mon souhait était de partir, de sortir me cacher pour mourir.

C’était trop cruel et incompréhensible pour toi, et cette profonde détresse me faisait du mal. Mes reins étaient très fatigués aussi et tout mon système digestif était malade. Ne te torture plus l’esprit, on ne pouvait rien pour moi et c’est mieux de remonter me ressourcer au jardin des animaux, mais pour cela j’ai besoin d’aide et je te remercie d’avoir fait appel à Christiane. Je te suis si reconnaissant, j’ai tellement de gratitude pour toi et pour elle, et lorsque j’aurai rejoint le jardin des animaux je pourrai enfin t’envoyer des signes et te faire des coucous. Tant que je reste entre deux dans ce bas-astral ce n’est pas possible.

Ce que je veux te dire c’est que je me suis toujours considéré comme ton bébé, ton petit titi et j’étais si heureux et fier de l’être. J’ai bien compris la raison pour laquelle tu ne voulais pas me laisser sortir, nous étions si attachés l’un à l’autre que tu n’aurais pas supporté de me perdre percuté par une voiture. Je ne t’en ai jamais voulu, de me sentir aimé, choyé et câliné, respecté comme ton enfant me suffisait.

J’étais là pour te permettre de te chérir de tendresse à travers moi, de te reconnecter à ton petit enfant intérieur, à la source et t’aider à panser toutes les blessures du passé. Nous nous sommes apporté beaucoup d’amour, tu en as manqué et depuis mon départ, tu te sens seul et abandonné. Ton cœur, ta maison te semblent bien vides et tu as l’impression de me voir partout, et ces images te hantent continuellement. De là-haut je pourrai t’envoyer de bonnes ondes et surtout je pourrai, après m’être reposé et ressourcé, préparer mon retour.

Seul mon corps physique n’est plus. Mon âme est éternelle, elle perdure et elle aspire bien sûr à te revenir. Tu as encore besoin de moi à tes côtés sur le plan terrestre pour continuer ton chemin. J’endosserai le costume qu’il te plaira et ce sera moi qui te reviendra. Tu ne me remplaceras pas, ce sera bien ton petit titi, ton Jiai d’amour qui te reviendra. Un moment précieux que nous avons vécu ensemble ? Mais ils le sont tous pour moi, toutes les petites et grandes choses ont une importance et de venir me blottir contre toi est le moment heureux qui me manque le plus.

Je t’aime et je suis pressé maintenant de monter pour pouvoir nous retrouver dès que tu seras prêt. N’ai aucun doute, tu sauras me reconnaître au premier regard.

Puis tous les deux nous nous sommes avancés sur ce chemin gris, qui au fil de nos pas s’est transformé en un réel chemin de lumière, et lorsque je me suis arrêtée devant le pont des fleurs, il l’a traversé et s’est noyé dans la belle lumière de l’arc en ciel. Aurevoir Jiai titi d’amour, repose et ressource-toi et à bientôt.