JO était assis sur un chemin sans lumière, il m’est apparu très triste et me semblait perdu. Je me suis approchée doucement et lui ai expliqué que j’avais des messages et questions pour lui de la part de ses gardiens :

LES QUESTIONS :

Est-il en paix maintenant ?
Etait-il heureux avec nous ?
Pourquoi était-il si perturbé ?

J’aimerais aussi que vous lui transmettiez, si possible, les messages suivants :

Nous l’aimons énormément
Nous avons échoué dans son parcours de « réhabilitation » mais nous savons que ce n’est pas de sa faute mais celle de ses anciens « gardiens »
Lui présenter toutes nos excuses

Il a tourné la tête vers moi, ses oreilles se sont dressées et ses yeux exprimaient pendant quelques instants une lueur d’espoir, puis il m’a à nouveau regardé tristement et je pouvais voir les larmes perler dans ses yeux. J’en ai eu des frissons tellement il me paraissait malheureux. Il a dû capter mon ressenti, il m’a dit :

C’est pour eux que je suis triste, c’est pour eux que je pleure, ils sont mes nouveaux et gentils gardiens et je les aime. Mon départ a été brutal, je n’ai pas eu le temps de m’y préparer et eux non plus. Cela m’empêche de faire la transition, cela m’empêche de rejoindre le jardin des animaux. Je reste dans leur entourage, je puise leur énergie et je m’accroche à elle. Elle ne va pas bien, elle culpabilise, et a beaucoup de regrets de ne pas avoir pu me venir en aide.

Dis-lui de ne pas culpabiliser, dis-lui de ne pas s’en vouloir, mes souffrances étaient profondément ancrées en moi et j’avais plus besoin qu’on m’aide à m’en débarrasser, qu’on me délivre de toutes ces mémoires qui ont profondément perturbé mon comportement, que de reprendre mon éducation. Mais cela ils ne pouvaient pas le savoir.

Je n’ai pas eu de chance, j’étais dans une famille où le gardien n’était pas gentil, il était souvent méchant et violent (alcoolisé) et mon éducation a manqué de stabilité et d’équilibre. Les disputes et les cris, la colère m’ont beaucoup perturbé et j’étais constamment sur le qui-vive prêt à attaquer pour me défendre. Tous les gestes brusques, les bruits m’effrayaient, je vivais tout le temps dans le stress, les angoisses et les peurs. Les chats aussi, et leur peur ne faisait qu’augmenter la mienne et me poussait à les attaquer. Et les enfants, c’était encore pire, c’était une source d’inquiétude terrifiante à force d’avoir des coups de pieds, les oreilles et la queue tirées, je les craignais et ne pouvais m’empêcher de les pincer.

Mea culpa, mais c’était plus fort que moi, les moindres stimuli me faisaient réagir avec beaucoup d’agressivité et j’en suis triste. Triste pour moi et triste pour ma maman et mon papa qui ne demandaient qu’à m’aider et à m’aimer et qui sont maintenant en souffrance d’avoir été obligés de me faire partir.

Dis-leur que les seuls moments heureux de ma vie ont été avec eux et que je me suis senti aimé et respecté, que cela m’a apporté beaucoup d’espoir et de plénitude. En leur présence seule, j’étais un être comblé et heureux de mon existence. Dès que nous étions à l’extérieur, j’étais aux aguets, je ne me sentais plus en sécurité et je me sentais en danger.

Dis-leur que pour leur tranquillité d’esprit et surtout la mienne, il valait sans doute mieux me faire partir, et que si on m’aide à passer le pont des leurs, je pourrai me reposer et me ressourcer. Dis-leur aussi que j’aimerais tellement leur revenir, je leur suis si reconnaissant de m’avoir aimé et respecté, mon âme après s’être débarrassée de ce passé douloureux et difficile aspire à leur revenir dans le corps physique d’un chien en paix et en harmonie dans son cœur et son esprit. Mon passage dans l’au-delà nous permettra de nous donner une seconde chance.

Puis il est venu à côté de moi, et ensemble nous avons emprunté ce chemin, qui au fil de nos pas devenait de plus en plus lumineux. Et lorsque je me suis arrêtée devant le pont, il a fait un bond, a posé ses 2 pattes avant sur mes épaules et j’ai eu plein de léchouilles sur la joue. C’était sa manière à lui de me dire qu’il était content et de me dire merci.

Puis sans plus se retourner, il a traversé le pont en courant et s’est noyé dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel.