width=Lorsque je suis arrivée sur le chemin, Joey appelé Djodjo était tristement assis sur son arrière train. Je me suis avancée lentement pour ne pas l’effrayer, mais il restait comme figé, cloué au sol. Je l’ai appelé doucement pour ne pas lui faire peur, une fois, deux fois, et à la 3e fois il a enfin levé et tourné la tête vers moi. Il semblait prostré et ses yeux exprimaient une grande et terrible tristesse. J’en ai eu mal au cœur, j’ai dû prendre sur moi pour lui expliquer les raisons de ma présence et lui dire que sa gardienne m’envoyait à lui pour lui donner des messages et lui poser quelques questions :

J’espère que tu ne m’en veux pas, je n’ai pas vu le drame arriver, je n’ai rien pu faire pour l’éviter. Je t’aimerai toute mon existence, tu as été le meilleur compagnon que j’ai pu avoir, je n’aurais pas pu rêver mieux, dès l’instant où je t’ai vu je t’ai aimé et tu as embelli ma vie. Chaque instant passé à tes côtés était du pur bonheur. Tu étais aimé de tous, merci mon bébé »

 

Question pour Joey :

« As-tu souffert ? »

 » As-tu entendu mon dernier Je t’aime ? « 

« Comment es-tu parti et te sens-tu bien là où tu es ? »

« Avec qui es-tu ? « 

« Aimes-tu l’arbre que j’ai planté au-dessus de ta tombe ? »

 

Dès qu’il a entendu le mot gardienne, il a dressé ses oreilles et j’ai eu l’impression qu’il n’avait pas compris ce que je venais de lui dire, je lui ai répété que sa gardienne me chargeait de lui transmettre des messages et lui poser des questions, et là, il m’a aussitôt répondu :

J’avais bien compris, pas la peine de te répéter, mais tu dis ma gardienne et je ne comprends pas, elle est ma maman et je suis son bébé, son petit bébé, son garçon, son petit toy, et malgré ma petite taille c’était moi son gardien et je veillais sur elle.

Oui j’étais chargé de la protéger, de lui ouvrir son cœur à l’amour inconditionnel. J’étais là pour lui permettre de se reconnecter à son petit enfant intérieur et je suis si triste d’avoir failli à ma mission, de ne pouvoir la protéger contre la terrible souffrance que mon départ lui inflige, d’avoir été là et de voir cet accident tragique. Ce départ si brutal et sa grande souffrance m’empêchent de faire la transition, je reste là complètement figé et j’attends, j’attends qu’on me libère, car dans cet état je n’arrive même pas à l’accompagner dans son quotidien et dans son environnement.

Seulement voilà, ni elle, ni moi n’arrivons à trouver la paix, et tant que je reste dans ce bas astral, je ne peux me ressourcer et elle, elle ne peut faire son deuil.

Je l’ai rassuré et lui ai expliqué qu’après notre échange je l’accompagnerai jusqu’au pont des fleurs, et qu’après son passage sa maman, (je n’allais pas refaire l’erreur de dire sa gardienne) se sentira plus apaisée et pourra retrouver un peu de sérénité pour commencer son travail de deuil. Djodjo avait capté ma pensée :

Tu t’es reprise au dernier moment et j’apprécie ton respect et ta délicatesse, car bien entendu elle est ma maman, ma maman d’amour et j’y tiens. Utilise ce mot gardienne pour quelqu’un d’autre, mais pas pour moi.

Ouah ! Il avait du caractère ce petit, et à peine pensé, aussitôt dit !

Ce n’est pas parce que je suis resté un bébé, que je suis un petit toy, que je me suis laissé marcher sur mes pattes. Hormis ce terrible drame ce soir-là, j’ai vécu comme un grand, comme un roi, on m’a toujours aimé et respecté comme un membre de la famille, comme son fils, son bébé et on m’a considéré comme un être humain, et tu l’as remarqué j’ai une forte personnalité et du caractère.

Je lui ai répondu que j’étais bien contente pour lui et que je m’excusais si mes mots ou peut-être mes pensées l’avaient froissé. Et encore une fois il m’a surprise, parce qu’il a retroussé ses babines en guise de sourire et m’a dit :

Mais non, je suis très heureux que tu sois là en ce moment, je sais aussi être très espiègle et cela te montre un autre aspect de ma personnalité.

Puis il a enchainé sans me laisser le temps de lui rétorquer.

Dis à ma petite maman d’amour que je l’aime, je l’aime d’un amour pur et profond, d’un amour inconditionnel et je sais qu’elle n’a rien pu faire pour m’aider. On m’a foncé dessus, un vrai bolide et ce n’est même pas la douleur qui m’a fait sortir de mon corps pour me réfugier dans mon corps astral, c’est plus la surprise, la rapidité du choc. Mais je n’ai pas souffert, rassure-toi, le choc a été violent et j’ai aussitôt compris qu’il me serait impossible de revenir dans mon corps physique.

Je me suis vu et j’ai vu et entendu ton « Je t’aime » juste quelques secondes avant que je ne pousse mon dernier souffle, avant que mon âme sorte de ma bouche. Et je savais que c’était horrible pour toi, que tu étais aussi sous le choc et que tu aurais beaucoup plus de problèmes pour te remettre.

J’ai vu l’arbre que tu as planté et les terribles sanglots et les larmes qui sont tombés sur ma tombe, et j’en suis très malheureux. Cela me fait de la peine pour toi, tu as toujours été si douce et si gentille avec moi, et moi qui avait la mission de te protéger et te donner force, confiance et courage, je te trahis et te plonge dans une détresse effroyable.

Je sais que nous avons besoin d’aide tous les deux pour me permettre de faire le passage afin que je puisse me ressourcer et préparer mon retour, et te permettre à toi de retrouver paix et harmonie dans ton cœur et esprit, et te permettre dans un futur très proche d’aller à ma recherche. Sache que mon âme est reliée à la tienne et le restera toujours, elle aspire à te revenir très vite.

Je n’ai pas terminé mon travail auprès de toi, tu as besoin de mon énergie à tes côtés sur un plan terrestre pour continuer ton chemin. Je n’ai pas peur, je sais qu’on m’attend de l’autre côté du pont (homme) et qu’on me guidera jusqu’au jardin des animaux, qui est un haut-lieu magique et d’où je pourrai t’envoyer des signes en attendant mon retour.

Du pur bonheur de vivre à tes côtés et ce bonheur il me tarde de le retrouver au plus vite. Fais-moi confiance et mets-toi très vite à ma recherche, je me mettrai sur ton chemin. Tu sauras me reconnaître au premier regard, car nos âmes sont si fusionnelles qu’elles ne font presque une. Je t’aime ma petite maman d’amour et je suis pressé maintenant de rejoindre le paradis des animaux.

Puis il s’est enfin mis à bouger, à tourner autour de moi, et ensemble nous avons emprunté ce chemin, qui au fil de nos pas devenait de plus en plus lumineux. Je commençais à en être extrêmement éblouie et lorsque nous sommes arrivés devant le pont des fleurs, je me suis arrêtée, il m’a léché tendrement la main et m’a dit merci.

Puis il l’a traversé et s’est noyé dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel.

Au revoir Djodjo, à bientôt !