La connexion avec Juliette s’est faite dans cette belle clairière qui se trouve après l’escalier de l’arc en ciel et juste avant l’entrée du paradis des animaux. Lorsque je suis arrivée elle était couchée de tout son long sur son ventre et semblait prendre beaucoup de plaisir à observer les papillons blancs, orange et dorés se poser d’un arbre à papillons à 1 autre. Il y avait aussi des abeilles, elle se posaient et virevoltaient d’une fleur mellifère à une autre, et les couleurs étaient extrêmement flashy. Les herbes d’un vert fluo contrastaient beaucoup avec les fleurs rouges, jaunes, orange, de toutes les teintes et toutes les nuances, et j’étais, comme d’habitude, époustouflée par cette splendeur et plénitude qui régnaient dans ce haut-lieu. Je me suis approchée doucement de Juliette, et dès qu’elle m’a vue ou senti ma présence, elle s’est levée très rapidement et très souplement, le regard pétillant et m’a dit :

Approche, je sais pourquoi tu es là et je sais qui t’envoie, je t’attendais. J’attendais ce moment depuis plusieurs jours, car même si ici c’est le nirvana et que j’avais besoin de t’attendre dans cette extraordinaire prairie, que je m’y sens bien et en harmonie car ne règne que la paix et tout est d’une beauté exceptionnelle avec toutes les lumières de l’arc en ciel, je suis aussi tentée de pousser la porte dorée que tu peux voir derrière moi pour rejoindre mon frère avant tout, mais aussi d’autres congénères et animaux.

Mon départ lui est tellement difficile à vivre qu’il avait besoin de continuer un peu d’échanger avec moi car je sais que je lui manque énormément et que son cœur et sa maison lui semblent bien vides depuis que j’ai tiré ma révérence. J’avais moi aussi besoin de rester là dans ce si bel endroit pour pouvoir échanger avec toi en toute intimité, et tout à l’heure j’irai rejoindre Roméo, mon Roméo, car même si nous étions frère et sœur, je l’ai toujours considéré comme mon compagnon et nous étions très complices. Il est parti bien trop vite pour moi, mais et vous le savez bien, c’est toujours difficile de perdre ceux que l’on aime plus que tout, et mon papa, depuis que j’ai fait le grand saut est en grande détresse.

Sa souffrance aurait pu m’empêcher de faire le passage, mais il n’en était rien, Roméo était là depuis plusieurs jours, il était là, il m’a entourée et guidée de l’autre côté du pont des fleurs et dans l’escalier de l’arc en ciel. Il m’a laissée ici avec la joie de savoir que nous nous retrouverons très vite, et le jour est venu où nous allons à nouveau pouvoir jouer, nous amuser et courir ensemble. Mais je parle, je parle, excuse ma volubilité et dis-moi ce que mon papa veut me dire ou me demander ? Nous sommes tellement proches, nous étions tellement fusionnels que c’était une certitude pour moi qu’un échange dans l’au-delà se ferait.

Et sans tarder profitant d’un instant de silence, je lui ai lu le contenu des messages de son gardien.

Juliette avait 20 ans et 5 mois et je l’aimais énormément.
Les messages que j’aimerais lui transmettre c’est lui redire que je l’aime énormément, qu’elle m’a apporter avec son frère énormément d’amour et de réconfort, de joie et qu’elle a parfaitement remplit sa mission auprès de moi, que je suis tellement triste et qu’elle va me manquer énormément.
J’aimerais savoir si elle est partie sereinement, sans souffrir. De quoi exactement est-elle partie ?
Si elle va retrouver son frère, où est-elle ?
Si pour elle, elle a était heureuse avec moi et son frère Roméo.
J’aimerais savoir aussi si elle va se réincarner ou non et si un jour on se retrouvera de l’autre côté.

Pendant que je lisais les missives, je pouvais voir Juliette tantôt l’air triste et tantôt l’air heureux, joyeux et espiègle. Lorsque j’avais terminé, elle a poussé quelques miaous et m’a dit :

Oui j’étais de tout temps une compagne qui s’exprimait, bavarde, tu as pu le constater, j’aimais lui montrer que j’étais bien, que j’étais heureuse et que mon existence à ses côtés était et je la vivais comme dans un rêve.  Avec mon frère nous étions destinés bébés à passer de l’autre côté et cela sans remord ou culpabilité aucune, et notre papa est venu nous chercher, il était notre sauveur, notre ange gardien sur terre. Tous les deux nous avons connu à ses côtés une existence de petit roi et petite reine. Nous étions ses enfants et je me suis toujours considérée comme son bébé, sa petite fille, sa princesse.

Dis-lui merci pour son merveilleux message d’amour et dis-lui que moi aussi je l’aime d’un amour pur, profond et inconditionnel. Je l’aime très fort, et où que je sois je reste reliée à lui tout comme Roméo, et nous l’aimons et ne pourrons jamais l’oublier. Où que je sois je continuerai de veiller sur lui et j’espère bien que nous nous retrouverons.

J’étais un chat de type timbre-poste, mon frère un peu moins, mais lui aussi avait son rôle auprès de toi. Moi je devais, j’étais chargée de t’apprendre le détachement affectif, t’apprendre à aimer sans peur d’aimer, en toute fluidité, en toute confiance et sans peur de perdre l’autre. Tous les deux nous étions là pour te permettre à travers nous lorsque tu nous chérissais, de nourrir ton petit enfant intérieur de tendresse. Tu en as bien manqué et nous avons su te donner ce que l’humain, et surtout tes parents, n’ont pas su t’apporter. Avec nous à tes côtés tu as réussi à toucher ton âme, à trouver à l’intérieur de toi cette grande force qui t’habite.

Je sais que je te manque, mais rassure-toi, je suis partie sans douleurs, mes reins étaient bien usés et mon petit cœur aussi, je me suis endormie alors que je me trouvais déjà dans mon corps astral et j’ai, grâce à toi, à mon frère, réussi à partir avec dignité. Certes, j’avais ces dernières années beaucoup de bobos dus à l’âge, mais rien de plus normal. J’étais sur mon chemin et je préparais ma transition à mon rythme. J’étais prête, triste de te savoir, triste de la peine que mon départ allait t’infliger, mais aussi très heureuse de retrouver mon petit roi, et je suis partie bien accompagnée avec amour dans la lumière.

Si j’étais heureuse avec toi ? Avec vous ? Mais tu connais la réponse, sans ton amour, sans ta grande noblesse d’âme, ton empathie et ta compassion j’aurai rejoint mon frérot beaucoup plus tôt. Si je suis restée aussi longtemps, n’ayant pas été sevrée et socialisée, c’est bien parce que c’était le bonheur absolu à tes côtés, tu as toujours su m’aimer,  me soigner et me câliner. Que du pur, du véritable et profond bonheur.

Maintenant je me sens de nouveau toute légère, j’ai retrouvé la force de mon plus jeune âge. Je me suis déjà bien reposée et ressourcée et je suis, je ressemble à nouveau à la jolie petite princesse. Mais même lorsque j’ai vieilli tu m’as toujours vue aussi jolie, car tu as toi cette grandeur d’âme en toi qui aime avec son cœur. Si tous les deux nous étions intelligents et adorables, c’est parce que tu l’es, nous ne sommes que ton miroir (petit sourire et clin d’œil).

Tu as de grandes capacités et tu le sais, tu y crois et tu le veux, alors ne te pose plus de questions et dès que tu seras prêt, mets-toi à ma, à notre recherche, car tous les deux aussi bien Roméo que moi avons envie de te retrouver. Tu sais que l’âme perdure, l’âme est éternelle et la mienne aspire bien entendu à te revenir. Pour moi ce ne sera pas long, je me suis déjà bien réparée, et dès que tu te mettras à ma recherche, j’endosserai le costume qu’il te plaira et je me mettrai sur ton chemin. Mais n’oublie pas ton petit roi souhaite lui aussi te revenir, et tous les 3 nous pourrons continuer notre belle histoire d’amour ensemble.

Alors ne réfléchis pas, ne tarde pas, plus vite nous serons de nouveau ensemble et plus vite tu te sentiras de nouveau apaisé et en paix avec toi. Tu as besoin de ma, de notre présence sur un plan terrestre et non de l’autre côté. Tu es notre gardien, notre ange terrestre. Je t’aime de tout mon cœur et je te dis à bientôt. Ta Juliette, la Juju, princesse d’amour.