width=J’ai rencontré Kiki sur un chemin dur comme du béton. Il m’a regardé et m’a dit :

Peu importe la texture de ce chemin, même si j’étais assis ou couché dans de l’herbe ou du sable, je ne me sentirais pas bien. C’est un cauchemar de devoir me voir ici, d’attendre que quelque chose se passe et je suis en grande souffrance.

Je le sais et je vais, à la fin de notre communication, t’accompagner pour t’aider à faire le passage afin que tu puisses enfin rejoindre le jardin des animaux. Ta gardienne a un message pour toi :

« Dites-lui que je l’aime et mais que je ne l’ai certainement pas assez démontré, qu’il me pardonne je sauve des chatons chats et je l’ai délaissé. Avec mes autres chats je veux être plus disponible. 

Je voudrais que vous lui disiez qu’il se repose, je sais ce qu’il a ressenti j’en suis désolée nous l’avons laissé sortir comme d’habitude, il comprendra mais jamais il n’y avait de chiens sauf 1 chienne que je nourri mais qui est adorable.

Demandez-lui s’il est parti en dormant et s’il n’a pas souffert.

C’est difficile de résumer. Je lui parle tous les soirs et lui demande pardon et de partir rejoindre les autres copains décédés. Que je l’aime fort. »

Oui je sais qu’elle m’aime et moi aussi je l’aime. Je sais aussi qu’elle culpabilise de m’avoir fait sortir, mais cela ne change rien, bien au contraire. Sa culpabilité rajoute à mon mal être et m’empêche aussi de partir. Je devais sortir la nuit et je sais qu’elle ne pouvait pas, l’instant d’une seconde, s’imaginer qu’un chien pouvait m’attaquer. Mais c’est arrivé et ce n’est peut-être pas un hasard.

Comme elle le souligne, elle fait du bénévolat et sauve beaucoup de chatons, alors que nous ses compagnons, elle nous délaisse car trop  occupée par ses activités et son quotidien. Dis-lui que si elle veut aider les autres congénères, c’est tout à son honneur, mais à condition de s’occuper d’abord des siens. Aider ailleurs c’est bien, mais cela ne change rien à ses problèmes. Elle ne les règle pas même si elle pense le contraire, son esprit étant axé sur d’autres centres d’intérêt. Dis-lui qu’elle ne vit pas dans le ici et maintenant, elle n’est pas centrée et tant qu’elle ne le sera pas, elle ne saura pas gérer et surtout gérer les priorités.

Moi je me suis souvent senti délaissé, et c’était difficile de lui venir en aide. Ma mission consistait justement à lui apprendre le détachement, le détachement affectif, afin de mener ses relations affectives avec beaucoup plus de fluidité. Je n’ai pas terminé ma mission, elle a, au lieu de mener de front les soucis quotidiens, préféré s’échapper, fuir et se trouver des tâches, qui sont certes très utiles et indispensables, mais au détriment du travail qu’elle doit faire sur elle.

Il n’y a qu’un chien qui m’a attaqué cette nuit-là. Il a tout de suite reniflé que j’étais une proie facile et ne s’est pas gêné de se jeter sur moi et de me planter ses crocs dans ma chair. La douleur a été vive et m’a fait sortir de mon corps. Je n’ai donc pas trop souffert, malgré que je ne sois pas mort tout de suite. Mais la violence de l’attaque m’a surpris et choqué, et de me voir flotter au-dessus de mon corps m’a fait très peur, plus que le chien qui s’est précipité sur moi. Et maintenant je reste là entre 2 et c’est une vraie souffrance. Ici ce n’est plus ma place et j’espère rejoindre le jardin des animaux pour me reposer et me ressourcer, car je dois lui revenir pour continuer ma mission.

Dis-lui que ce n’est pas de sa faute, ce chien lui a permis de prendre conscience de certains faits et c’est très bien comme ça. Je lui pardonne, qu’elle n’ait aucun doute à ce sujet, et je la remercie de me parler tous les soirs. Je sais qu’elle est en souffrance aussi, qu’elle est très triste et se torture l’esprit. Lorsque je serai libéré et que j’aurai atteint le jardin des animaux, ce sera plus facile pour elle aussi. Elle se sentira plus apaisée, plus en paix avec elle-même et pourra commencer à faire son deuil. Et qu’elle n’oublie pas, je dois revenir chez elle pour terminer ma mission et il y a encore du travail.

Si tu es prêt maintenant Kiki, je vais t’accompagner un petit bout de chemin pour t’aider à faire le passage, traverser le pont des fleurs, monter l’escalier de l’arc en ciel et enfin atteindre le paradis des animaux.

Je suis prêt, je suis même très impatient, je sais que derrière la porte que j’apercevais au fond de ce chemin se trouve d’autres copains que je suis heureux de revoir et qu’ils me guideront aussi pour le passage.

Il est venu à mes côtés et tous les deux nous nous sommes avancés sur ce chemin qui au fur et à mesure de nos pas a changé de couleur et de texture. Arrivés devant la porte, je me suis arrêtée et il m’a dit :

Merci, dis-lui merci d’avoir eu l’intuition et la compréhension que j’avais besoin d’aide et que je suis très heureux maintenant de monter dans l’au-delà.

Au revoir Kiki, paix à ton âme !