Lorsque je suis arrivée sur le chemin Kitkat m’y attendait. Un chemin triste et sans lumière. Elle était assise le regard vide, terne et semblait être scotchée à cet endroit. Je me suis approchée doucement pour ne pas l’effrayer et lorsqu’elle m’a vue ou senti ma présence, elle a tourné la tête vers moi et je pouvais lire dans ses yeux beaucoup de mélancolie. Je me suis présentée et lui ai expliqué que sa gardienne m’avait chargé de lui transmettre qu’elle l’aimait très fort et qu’elle souhaiterait qu’elle réponde à ses questions :

– je voudrais savoir ce qui s’est passée cette nuit là

– est ce que je vais la revoir quand moi aussi je passerai de l’autre côté

– est ce qu’elle m’en veut?

 

Dès que je lui avais lu le contenu, elle s’est levée pour venir à moi et me dire :

Je suis si contente de pouvoir répondre à ses questions. Depuis mon départ elle se tourmente nuit et jour, elle se torture l’esprit, mon départ lui est incompréhensible, elle a peur d’être passé à côté de quelque chose, elle culpabilise et a besoin de comprendre. Elle est en profonde détresse et tout cela me rattache ici et m’empêche de rejoindre le jardin des animaux. Cela n’est bon ni pour moi, ni pour elle, ici ce n’est plus ma place, et tant que je reste là je ne peux me reposer et me ressourcer et elle ne peut trouver la paix dans son cœur et son esprit. Tant que je reste ici dans ce bas-astral, comme figée sur ce chemin, que je ne me sens pas le droit d’emprunter, ou à errer dans son environnement et lui pomper son énergie, elle ne peut pas aller bien et moi non plus. Dis-lui que je ne ressens plus aucune douleur, je me sens de nouveau toute légère, mais pour pouvoir me ressourcer et me réparer, je dois monter au paradis des animaux.

Je l’ai rassurée et lui ai dit que c’était aussi le but de ma présence, et qu’après notre échange je l’accompagnerai jusqu’au pont des fleurs. Elle s’est de nouveau assise et a poussé un grand soupir pour me dire :

Tout d’abord merci pour son merveilleux message d’amour et dis-lui que moi aussi je l’aime d’un amour pur, profond et inconditionnel. Je sais que je lui manque et combien de devoir faire ce choix et m’aider à partir a été cruel et difficile pour elle. Mais elle a pris la bonne décision, il n’y avait guère d’autre possibilité, je ressentais de fortes oppressions dans la tête depuis un certain temps, j’avais une grande tension dans la tête, et cette nuit-là une douleur très vive, aigue est montée dans mon crane, dans mes méninges (AVC ?…) et je me suis retrouvée là tremblant de peur et plus moyen de garder mon équilibre, de rester debout, je ne pouvais plus bouger.

J’étais sur mon chemin et je préparais ma transition à mon rythme depuis l’entrée de cette longue saison froide que nous connaissons ici, et j’étais prête. Même si tu n’as pas trop voulu le voir, je préparais mon départ depuis quelque temps, j’avais des bobos dus à l’âge,  rien de plus normal mais tout mon corps était fatigué, usé, je faisais bien plus que mon âge, mon cœur et mes reins étaient bien atteints aussi. Et puis je ressentais au début des petites et de plus en plus fortes tensions dans ma tête. Parfois j’avais comme des éclairs et je me réfugiais dans mon corps astral pour mieux le gérer.

Ne culpabilise pas, ne regrette rien, tu n’y es pour rien et le vétérinaire ne pouvait guère m’aider. Cette crise a été irrémédiable, et c’était bien de m’aider à faire le grand saut. Je n’avais pas peur, tu étais là à mes côtés et je te suis si reconnaissante d’avoir eu le courage de le faire. Je sais que ma présence te manque même si je suis encore dans ton environnement et cela n’est pas bon pour toi, car si je puise trop ton énergie tu vas finir par tomber malade ou dépressive.

Lorsque je serai dans ce haut-lieu magique je pourrai de nouveau veiller sur toi, te protéger et t’envoyer des petits signes avant mon retour. Car tu sais, seul mon corps, mon enveloppe physique n’est plus, mon âme elle, elle perdure. Elle est éternelle et aspire à rejoindre le paradis des animaux pour pouvoir me reposer, me réparer et préparer mon retour. Où que je sois je suis et je resterai reliée à toi, n’en doute pas et dès que tu te sentiras prête, dès que tu auras fait ton deuil et te mettra à ma recherche, je me mettrai sur ton chemin. Ce n’est pas lorsque tu passeras de l’autre côté que nous nous retrouverons, c’est sur le plan terrestre car ma place est avec toi et à côté de toi et tu as encore besoin de moi pour continuer ton chemin.

De type timbre-poste, j’avais la mission de t’apprendre le détachement affectif et te permettre de vivre tes relations affectives sans dépendance ni co-dépendance. Je n’ai pas terminé mon rôle et je te reviendrai pour continuer ce travail. J’ai vécu des années merveilleuses de pur et grand bonheur à tes côtés, aimée, choyée et respectée comme ton bébé, ta petite fille. J’étais aussi ta compagne, ta confidente et depuis mon départ tu ressens un grand vide dans ton cœur et seule moi peut le combler ce vide. Je suis pressée maintenant de partir car c’est la condition sine qua none pour pouvoir te revenir et il me tarde de te retrouver.

Puis elle s’est mise à tourner et frotter sa tête contre mes jambes pour me dire « allons-y » et toutes les deux nous avons emprunté ce chemin si triste, qui au fil de nos pas devenait de plus en plus lumineux. Lorsque je me suis arrêtée devant le pont des fleurs, elle m’a dit :

Merci, dis merci à ma maman et dis-lui que je l’aime et que je suis pressée de la retrouver dès qu’elle se sentira à nouveau prête à m’ouvrir son cœur et la porte de sa maison.

Puis elle l’a traversé et s’est noyée dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel ? Au revoir Kitkat repose et ressource-toi. A bientôt !