width=A mon arrivée sur le chemin, Lancelot couché dans quelques brindilles d’herbe s’est levé et est venu vers moi.

Ce n’est pas trop tôt, ça fait 4 mois que je suis en standby et cette attente me pèse terriblement. Je me sens coupé en deux, je ne souffre pas physiquement, je ne ressens aucune douleur, mais je suis en souffrance parce qu’elle l’est encore, qu’elle n’arrive pas à faire son deuil et qu’elle culpabilise encore de m’avoir laissé sortir. Et puis mon départ a été brutal, je n’ai pas eu le temps de le préparer, j’ai été très imprudent en voulant absolument traverser cette route la nuit, et les lumières m’ont complètement fait perdre tout risque du danger, l’éblouissement m’a empêché de faire marche arrière, j’étais tétanisé. Je n’ai pas eu de chance, j’étais un chat très vif et impatient. Il fallait que je traverse cette route coûte que coûte et à ce moment précis est arrivé ce bolide.

La suite tu la connais, je me suis retrouvé là à voir mon corps sans vie, la mâchoire déchiquetée, la patte fracassée. Le choc était violent et je n’ai pas eu le temps de ressentir la douleur, mon âme est instantanément sortie de mon corps. Je me voyais, je voyais ce pauvre corps abîmé et j’ai compris que c’était fini pour moi, j’ai compris que je ne pourrais pas réintégrer cette enveloppe et j’ai eu peur. Peur de rester là trop longtemps, peur aussi de lui faire du mal lorsqu’elle me trouverait, peur de la choquer, peur de l’abandonner. Je suis très heureux qu’elle t’envoie à moi, car cela fait trop longtemps, et ici ce n’est plus ma place.

Oui Lancelot, c’est ta gardienne qui me demande de communiquer avec toi et elle a un message pour toi.

« Je t’aime mon petit Lou, tu me manques

Même si au début, je t’ai dit « tu n’es pas beau mais je t’aime »

Tu m’as beaucoup fait rire, quand tu faisais du ski avec un foulard dans la gueule et tes 2 pattes arrière qui glissaient… Quand nous jouions à cache-cache, avec le canapé ou le rideau de l’escalier ! Ou jouer avec l’eau, rigolo, mon p’tit Lou

Au début, cela n’a pas dû être évident pour toi car j’avais le souvenir de Plume, calme douce  et ne dépassant pas la limite du jardinet ,

 Aussi, excuse-moi d’avoir gardé les cendres de Plume dans la maison pendant tes 6 premiers mois à la maison, ce n’était pas cool pour toi !

Toi, si vif, si impulsif et imprévisible mais attachant, je ne savais pas toujours m’y prendre avec toi : être plus sévère, ça ne marchait pas mieux !

Te mettre plus de limites, être plus autoritaire je ne sais pas ce que tu attendais ?

Alors j’ai décidé de te céder et te laisser sortir quand tu voulais !

Je te disais : «  attention à la route, il y a des voitures qui passent vite, c’est dangereux , si tu veux te faire tuer, tu n’as qu’à y aller ! »

Mais je sentais que tu avais besoin de cette liberté et je crois que tu aurais été trop malheureux d’être enfermé, non !

Mais quand tu es mort, j’ai frémi d’effroi et aussi j’étais en colère contre moi et contre toi !

Tu me manques et je t’aime »

Oui je sais qu’elle a été très en colère et je peux la comprendre, mais la colère et un sentiment qui provoque des blessures très vives et ouvre des brèches à des énergies très négatives. Dis-lui de se pardonner et de me pardonner, je ne suis plus là mais resterai toujours relié à elle et lorsque j’aurai rejoint le jardin des animaux, je pourrai enfin me ressourcer et elle se sentira plus apaisée et libérée aussi. J’étais un chat joueur, espiègle, mais aussi très vif, impatient et parfois très têtu. Je devais traverser la route à cet instant-là, c’était mon côté impulsif qui m’y a poussé, rien n’y personne n’est en cause.

Je me sentais bien avec elle, je l’aime et j’ai eu des moments très heureux, très complices avec elle. Qu’elle ne s’excuse pas pour Plume, ses cendres ne me dérangeaient pas. Plume est restée longtemps, tout comme moi, dans la maison et cela me perturbait. Ce n’est que quelques semaines après mon arrivée et sachant que je saurai lui rendre le sourire et la joie de vivre, qu’elle s’est autorisée à partir. Dis-lui que mon comportement compulsif me faisait sortir de mon corps et je n’arrivais pas à contrôler mes instincts, je ne la mordais pas par vengeance. Je suis un chat qui s’est réincarné trop vite, et je n’étais pas assez ancré dans mon corps. J’étais souvent dans l’astral et pouvais me faire surprendre lorsque je n’étais pas dans le ici et maintenant. Ce n’était pas de sa faute et c’était difficile pour elle de pouvoir capter et comprendre ça.

Qu’est tu venu lui apprendre ? A-t-elle raté sa mission avec toi ?

Tout d’abord lui faire comprendre qu’il faut toujours vivre dans le présent, dans le ici et maintenant, sans quoi il vous arrive des aventures pas très chanceuses et des accidents comme celui-ci. Dis-lui aussi que ce ne sont pas les gardiens qui ont une mission auprès de leurs animaux, mais que c’est le contraire. C’est nous qui avons des missions auprès de vous les humains. Et moi je suis passé un peu à côté de la mienne et surtout je ne l’ai pas terminée.

Laquelle ?

Celle de s’ouvrir à l’amour inconditionnel. Lui apprendre à aimer avec son cœur et pas qu’avec ses yeux. Lui apprendre à aimer même si le physique ne correspond pas tout à fait à ses envies. Lui apprendre à aimer tout en laissant la liberté à l’autre. La liberté de vivre et d’aimer ce qu’il aime. Pour ces deux aspects j’ai bien réussi mon travail, elle  m’a aimé malgré ma tête carrée, et je l’ai ressenti très fort, et elle a aussi eu le courage de me laisser sortir, de ne pas me priver de liberté. Elle a bien fait de nettoyer les énergies de la maison et de me permettre d’éliminer ces énergies négatives en me ressourçant avec les énergies telluriques de la terre, sans cela elles m’auraient rendu malade.

Pour ce qui est d’aimer d’un amour inconditionnel, elle est sur son chemin et je souhaiterai lui revenir lorsque je me serai reposé au jardin des animaux, pour continuer cette mission. L’idéal serait de lui revenir sous la forme d’un chien, c’est une mission plus facile à remplir pour un chien, mais je saurai endosser le costume de l’animal qu’elle aura choisi, qu’elle n’en doute pas. Dis-lui que je l’aime et que je ne l’abandonnerai pas. Lorsqu’elle sera prête je le serai et j’ai hâte de rejoindre maintenant le paradis des animaux.

Je lui transmettrai tes messages Lancelot, et si tu es prêt je vais t’accompagner un petit bout de chemin.

Il marchait d’un pas altier à côté de moi, le chat joueur et espiègle, tantôt aussi très caractériel et dominateur, s’est montré être un chat avec un fort charisme, un chat qui vibrait fortement sur un plan supérieur et qui savait qu’il allait remonter pour revenir sous un autre plan.

Au bout de quelques instants, je me suis arrêtée, et telle une colombe, il a pris son envol et s’est mis à gravir rapidement les marches de l’escalier de l’arc en ciel ,

Lancelot avait définitivement fait sa transition. Au revoir.