J’ai rencontré Layka assise sur un chemin très caillouteux, et je pouvais, rien qu’à la voir, ressentir que c’était très inconfortable. L’environnement était austère, je ne voyais que du gris, une grosse chape de plomb envahissait tout le lieu. J’ai pris mon courage à deux mains pour m’approcher d’elle, ce n’était pas facile tellement le chemin était accidenté. Lorsque j’étais à 3 mètres d’elle je me suis arrêtée pour me présenter et lui expliquer la raison de ma présence. Elle me fixait, mais son regard était complètement absent comme si elle ne me voyait pas. Je l’ai resalué et lui ai répété que j’avais des messages et des questions à lui transmettre de la part de sa gardienne et elle m’a répondu :

Bienvenue dans le bas-astral. Ici tout est sombre et je me sens figée, collée sur ces cailloux pour l’éternité.

Devant tant de détresse j’ai eu un petit moment de blanc, puis de la manière la plus douce et chaleureuse possible je lui ai expliqué que sa gardienne se trouvait dans la même détresse qu’elle et qu’elle m’envoyait vers elle pour les aider toutes les deux, qu’après notre échange je ne l’abandonnerais pas et que je l’accompagnerais jusqu’au pont des fleurs pour l’aider à faire le passage et rejoindre le paradis les animaux.

Tout de suite son regard a changé, l’expression de ses yeux reprenait un peu de vie, elle s’est levé pour prendre appui sur ces 4 pattes, chose pas évidente sur ce chemin désastreux. Puis elle s’est approchée de moi, m’a léché la main, avec sa tête elle me poussait la main et se frottait contre moi, et je lui ai demandé l’autorisation de la caresser. Elle a aboyé une fois puis deux fois puis plusieurs fois et cela signifiait oui, oui, oui, oui caresse-moi, j’ai besoin de sentir que tu es là, que tu existes et que ce n’est pas une hallucination, car ce lieu est morbide, il fait peur.

Je l’ai caressé un petit moment et je pouvais sentir la tension qu’elle avait encore toujours en elle, se libérer. Je lui ai dit que sa gardienne me demandait de lui dire :

Qu’elle ne l’oublierait jamais, qu’elle est dans son cœur à tout jamais et qu’elle l’aime toujours autant.

Qu’elle avait vraiment envie de la rejoindre si elle est au paradis.

Elle aimerait aussi savoir si elle a été un peu heureuse avec eux. Si elle pouvait lui pardonner son geste. (Sa gardienne a dû la faire euthanasier parce qu’elle a mordu toute la famille et qu’elle devenait de plus en plus agressive avec elle).

Elle voudrait aussi savoir si elle est heureuse dans sa nouvelle vie. Que si elle pense à elle qu’elle lui fasse un petit signe pour qu’elle puisse enfin continuer à vivre, car elle n’arrive pas à survivre à cette catastrophe, elle s’en veut énormément.

Lorsque je l’ai regardée après lui avoir lu la missive, Layka était en pleur. Cette belle, grande et imposante chienne (berger du Caucase) était en larme et tremblait de tout son corps. Je me suis baissée vers elle pour la serrer dans mes bras, je pleurais avec elle et c’est elle qui me réconfortait en me léchant mes larmes.

Excuse-moi, mea culpa, je ne voulais pas te faire pleurer, mais je suis tellement contente, tellement heureuse d’avoir de ses nouvelles, de savoir qu’elle m’aime encore malgré mon agressivité, que je ne peux m’empêcher de pleurer. Dis-lui que moi aussi je l’aime, dis-lui que c’est à moi de lui demander pardon pour les morsures et que je sais qu’elle ne pouvait pas faire autrement que de m’aider à partir.

Lorsque je devenais méchante, j’étais comme poussée par une force extérieure et la pression montait très fort dans mon crâne. C’était terriblement douloureux, j’avais l’impression que quelque chose à l’intérieur allait imploser (tumeur ? énergies maléfiques qui ne lui appartenaient pas ?) et je devenais agressive.

Je suis désolée, je vous aime tant et j’ai vécu une belle vie avec vous. Oui j’ai connu et aimé le bonheur avec vous et je t’aime toujours très fort. Ne culpabilise pas et ne te torture pas l’esprit, tu n’avais pas d’autre choix et je sais que tu as tout essayé pour éviter le pire. Maintenant je suis là dans cet endroit glauque et je te remercie profondément de m’avoir envoyé Christiane pour m’aider à rejoindre enfin le jardin des animaux.

Je sais que lorsque j’arriverai enfin dans la lumière, je pourrai me reposer et me ressourcer et que toi tu te sentiras plus sereine et apaisée. Tu pourras enfin commencer ton travail de deuil et retrouver un peu de paix dans ton cœur et ton esprit.

Tu es ma maman, je t’aime et nous sommes reliées toutes les deux. Nous le resterons toujours, crois-moi. Et ce n’est pas au paradis que nous devons nous retrouver, c’est sur un plan terrestre que mon âme aspire à te retrouver. Un petit passage là-haut suffira à me ressourcer et j’aimerais tant que tu m’ouvres à nouveau la porte de ta maison, car aussi bien toi que moi ne pouvons supporter de rester séparées très longtemps.

Maintenant que tu vas recevoir mes messages, je peux accepter cette précieuse aide qu’on m’offre et je suis prête à faire ce passage. Merci à toi ma maman, ma douce maman chérie et merci à Christiane pour sa profonde empathie et son merveilleux travail.

Puis elle a poussé sa tête contre ma fesse pour me dire « On y va ? ». Nous nous sommes avancées sur ce chemin qui s’est complètement transformé en un beau chemin de lumière avec de l’herbe et des jolies fleurs de toutes les couleurs. Lorsque je me suis arrêtée devant le pont des fleurs, elle s’est mise à aboyer de toutes ses forces tellement elle était heureuse et s’est mise à le traverser en courant et d’un grand saut s’est noyée dans l’escalier de l’arc en ciel.

Au revoir Layka, paix à ton âme.