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Lorsque je suis arrivée sur le chemin, Lola était assise, le regard triste et vide. Elle semblait perdue, je l’ai appelée doucement par son nom, elle a levé la tête vers moi et je lui ai expliqué qui j’étais et que j’avais des messages et des questions de la part de sa gardienne. Avant même que je ne lui ai lu le  contenu, ses yeux ont changé d’expression et je pouvais à présent y lire une lueur d’espoir. Elle s’est levée pour venir à côté de moi pendant que je lui lisais le contenu :

Nous avons accueilli une petite chatte de 2 mois une semaine avant son décès.

J’aimerai demander à Lola si elle est partie plus vite du coup ?

Et si elle m’en veut ?

La semaine avant sa mort, je me suis fâchée et lui mis des coups que je regrette car elle faisait ses besoins devant moi le temps que je ramasse les restes dans mon garage, sa caisse était propre…et à quelque mètre.

Je lui demande de me pardonner pour cela, je m’en veux terriblement.

 Je suis désolée aussi pour ces 2 dernières années de disputes avec Nouky que nous avions recueilli tout petit, il s’était perdu…

Je regrette nos moments d’amours qui se sont petits à petits éloignés à cause du territoire disputé avec Nouky et de sa douleur liée à la maladie. 

 Je rêve qu’elle s’incarne dans notre nouvelle petite Plume mais ce n’est peut-être pas possible puisqu’elles se sont croisées une semaine ?

J’aurai dû attendre avant de reprendre un chat.

Je souhaite que Lola revienne.

 M’en veut-elle d’avoir toujours évité l’euthanasie ?

J’aurai peut-elle dû le faire la veille (elle est partie en 24h.)

 Mes séances de magnétisme ont-elles été efficaces ?

J’ai eu peur de faire l’effet contraire et la dernière fois que je l’ai fait j’ai ressenti quelque chose de très lourd, une fatigue extrême, qu’il n’y avait plus rien à faire.

Mais j’ai peur de lui avoir mis une charge au lieu de la soulager…

 Merci Lola pour tout cet infini amour et tes enseignements que tu m’as appris : c’est à travers tout l’amour que j’ai pour toi : je l’ai réalisé c’est grâce à toi que je m’aime et que je peux donner.

J’ai réalisé grâce à toi que moi aussi je pouvais donner de l’amour puisque je te donnais tant…

 Ma Lola, je t’aime, tu me manques tellement, reviens vite.

Tu es la plus belle chose qui me soit arrivé dans cette vie, tu es un maître.

Quelle chance d’avoir reçu ton amour, je te remercie et te souhaite tout ce qui a de plus merveilleux.

Merci de t’être battue pour rester avec nous.

Merci de m’avoir protégée à plusieurs reprises, tu as été une compagne fabuleuse et très rassurante comme personne.

Tu m’as sauvé Lola. Merci mon amour. 

 

Dès que j’eus terminé, son regard avait repris un air très triste et elle m’a dit :

J’ai beaucoup de peine pour elle, elle est ma maman, j’étais son bébé, sa petite fille et elle m’a donné beaucoup d’amour pendant toutes ces années. J’ai connu des moments de bonheur extrêmement intenses et profonds avec elle. Il y a aussi eu des périodes plus difficiles pour elle, pendant lesquelles elle se sentait parfois dépassée par la situation, par les évènements, mais nous avons toujours su garder cette belle et merveilleuse complicité entre nous, et j’ai vécu du pur bonheur avec elle.

Dis-lui de ne pas culpabiliser, sa culpabilité et ses regrets m’empêchent aujourd’hui de rejoindre le jardin des animaux. Ici ce n’est plus ma place et tant que reste ici, je leur puise leur énergie à tous, cela perturbe beaucoup mes compagnons et moi je ne peux faire le passage pour me reposer et me ressourcer.

Elle souhaite que je lui revienne très vite ? Mais encore faut-il m’aider à partir. Sans un petit passage là-haut rien n’est possible. Dis-lui qu’elle a fait le bon choix, j’étais sur mon chemin depuis plus d’un an. Je préparais mon départ et ma transition à mon rythme. J’étais prête, je n’avais pas peur de faire le grand saut, d’autant plus que lorsque Plume est arrivée, je me suis dit «  quelle adorable petite chatonne, voilà le corps, l’enveloppe physique idéale pour vous revenir si mon passage au jardin des animaux se fait rapidement ». Mon vœu a été exaucé, j’ai tiré ma révérence, mais encore faut-il me donner les moyens maintenant de me laisser monter au paradis des animaux.

Je t’aime et je ne t’en veux pour rien, ne t’inquiète pas. Cela n’a rien à voir avec l’arrivée de Plume, au contraire, cela m’a donné la force de partir plus vite car j’ai bien envie de redescendre dans son corps. Tu sais il y a des transferts d’âme qui se font chez les animaux et tout est possible. Laisse-moi juste le temps de monter et me ressourcer quelques jours, ce ne sera pas très long. Et ne regrette rien, tu as fait les choses comme tu les sentais et c’est très bien, moi j’ai préparé ma transition à mon rythme.

Et Nouky n’y est pour rien non plus, il a fallu l’éduquer un peu, il manquait de repaires, pas sevré correctement, il n’en faisait qu’à sa tête, d’où les disputes pour le recadrer. Cela m’a évidemment beaucoup fatiguée et je me sentais usée, tout mon corps mérite maintenant de se ressourcer.

Les soins m’ont fait du bien, n’en doute pas et ne doute pas toujours de toi et de ce que tu fais. Tu as en effet ressenti cette grosse et lourde chape que je portais, et tu m’as aidé à la gérer du mieux possible. Je me réfugiais souvent dans mon corps astral et cela devenait beaucoup plus léger pour moi. Et puis ne t’excuse pas, je comprends que tu te sois fâchée contre moi, je suis désolée, cette malpropreté était indigne de moi, mais je ne l’ai pas fait par contrariété ou pour t’embêter, c’était involontaire, j’avais vraiment du mal à me retenir et cela devait te faire comprendre que la fin était proche pour moi. C’était de la sénilité et je me suis oubliée et oublié l‘usage de la litière. Je comprends ton profond désarroi par rapport à la situation.

Je t’aime d’un amour inconditionnel et ma mission auprès de toi consistait à te reconnecter à ton petit enfant intérieur, à la source, pour te permettre, à travers moi de t’aimer, te chérir et te nourrir de tendresse. C’était plus une  mission de chien, nous étions déjà ensemble sous cette forme-là dans une autre vie, et ce travail je l’avais terminé et je pouvais tirer ma révérence pour monter me reposer et me ressourcer, avant de te revenir avec une nouvelle mission et t’apprendre le détachement affectif. Tu as su, à travers moi, panser toutes les carences affectives du passé, car tu as manqué de beaucoup d’amour dans ton enfance et dans ta vie, et mon âme aspire à te revenir pour cette fois-ci t’apprendre à aimer en toute fluidité, avec confiance et sans dépendance ni co-dépendance.

Et pour toi tout est possible, c’est toi qui, lorsque tu te sentiras prête, m’ouvrira à nouveau les portes de ton cœur et me laissera soit descendre dans le corps physique de Plume, ou te mettras à ma recherche, et je me mettrai sur ton chemin. La décision t’appartient, laisse faire les choses naturellement.

Après mon passage, tu retrouveras paix et harmonie dans ton cœur et ton esprit et ce sera plus facile à gérer pour toi. Fais-toi confiance, écoute ton intuition et vit dans le présent, dans le ici et maintenant.

Je t’aime et tu me manques aussi, les câlins et les caresses me manquent, même si je peux encore te suivre partout où tu vas, que je t’entends, que je te voie. Lorsque je serai montée au paradis des animaux, je pourrai t’envoyer des petits signes, et en attendant mon retour, je veillerai sur toi et vous enverrai des ondes divines.

Mais il est temps maintenant de te laisser, car mon corps mérite de se reposer et se ressourcer, et tant que je reste entre deux, même si je ne ressens plus aucune douleur physique, je ne peux le faire et ne peux préparer mon retour.

Puis elle est venue à côté de moi, s’est frottée à mes jambes pour réclamer quelques caresses, et après nous nous sommes avancées sur un chemin qui s’est ouvert à nous. Au fil de nos pas, ce chemin devenait de plus en plus lumineux. Emergeaient des petits fleurs de toutes les couleurs sur notre passage, et lorsque nous sommes arrivées devant le pont des fleurs, elle m’a dit :

Merci, remercie ma maman d’amour pour tout et dis-lui que nous nous reverrons bientôt.

Puis elle l’a traversé en sautillant joyeusement et s’est noyée dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel.

Au revoir Lola, et à très vite !