width=Lorsque je suis arrivée sur le chemin, Lord était assis, le regard triste, éteint, et il semblait être complètement figé au sol. Je me suis approchée doucement pour ne pas l’effrayer, et lorsqu’il m’a aperçue ou senti ma présence, il a tourné la tête vers moi pour me dire :

Tu peux venir, je n’ai pas peur de toi, bien au contraire, tu es entourée de lumière, une lumière jaune tout autour de ton enveloppe corporelle, et après elle devient blanche très vive avec des rayons violets. J’en ai mal aux yeux, moi qui me trouve dans la noirceur depuis tout ce temps, elle m’éblouie complètement, je vois des étoiles, des petites étoiles qui brillent partout. Que ça fait du bien, tu ne peux savoir combien je suis rassuré, car de rester dans le bas-astral pendant tous ces mois, de m’accrocher à elle, de lui pomper son énergie ainsi qu’à mes compagnons, est très mauvais et malsain pour tous.

Je me suis présentée et lui ai expliqué que j’avais des messages et des questions de la part de sa gardienne :

J’aimerais qu’il sache à quel point je m’en veux de ne pas m’être rendu compte de son état et de ne pas avoir été ses côtés pendant son hospitalisation. J’ai le sentiment de l’avoir négligé et abandonné et je ne me pardonne pas. J’étais hystérique lorsqu’il a dû être endormi et je m’en veux terriblement de lui avoir fait subir mon désarroi. Il hurlait quand le vétérinaire l’a transporté dans la salle où il serait endormi. Ça a été un crève-cœur pour moi. C’est comme s’il me suppliait de ne pas laisser faire.
J’aimerais savoir d’où il venait car il est apparu de nulle part et pourquoi il a choisi de rester auprès de moi alors que ma tribu était plutôt  hostile à son égard. Je veux lui dire pardon car il a dû contracter la leucose au sein de mon foyer. J’aurais aimé lui prodiguer plus d’amour.
J’aimerais savoir s’il est en paix et savoir qui s’occupe de lui là-haut. J’espère le retrouver quand mon heure viendra

Dis-lui merci pour son message d’amour, dis-lui merci d’avoir eu le courage et la force de m’aider à partir, j’étais sur mon chemin, on ne pouvait rien pour moi et elle a pris la bonne décision. Je lui suis tellement reconnaissant pour tout ce qu’elle a fait pour moi et elle ne doit pas culpabiliser, je ne me suis jamais senti négligé ou abandonné. Elle et bien occupée avec nous tous et malgré mes problèmes de santé je me suis senti aimé et respecté.

Tout comme toi elle est entourée d’une lumière jaune, son aura dégage beaucoup d’amour et de compassion. Toute son empathie va vers les animaux en priorité et nous y trouvons chacun notre place, même si parfois comme dans toutes les fratries c’est un peu plus conflictuel. J’étais un chat un peu particulier et j’étais déjà avec elle.

Etais-tu Maestro ?

Oui et je suis parti, revenu et reparti à cause de la même maladie. Impossible de me soigner, la leucose est mortelle, surtout lorsqu’on est jeune. Elle n’a rien à se pardonner, ce n’est pas chez elle que j’ai attrapé ce virus, il était déjà en moi, je lui suis revenu trop vite, mon âme s’est réincarné dans le corps physique d’un chat qui avait déjà cette maladie.

Pourquoi ?

Pour sans doute l’aider à comprendre certaines choses qui demain lui permettront d’avancer sur son chemin. Si j’ai hurlé lorsqu’on m’a aidé à partir, ce n’est pas parce que je n’étais pas prêt, c’est parce que j’exprimais le grand désarroi et désespoir que toi tu avais à l’intérieur de toi, et que tu as toujours encore.

Tu es une âme généreuse au cœur rempli d’empathie, toujours au service, à notre service, mais tu te négliges et ne fais rien pour toi. Tu penses à nous, à notre confort et tu t’oublies. Mon départ te renvoie à la mort, à un deuil que tu n’as toujours pas fait et qu’il est plus que nécessaire de faire maintenant, afin de pouvoir continuer à avancer sur ton chemin.

J’ai été envoyé, guidé vers toi par ton compagnon humain qui me chargeait de te donner un message, et ce message à cause de mon si rapide départ n’a pas pu t’être délivré. Il voulait que je t’apprenne le détachement affectif, il voulait que je me charge de t’aider à te reconnecter à ton petit enfant intérieur pour lui pardonner de l’avoir tant fait souffrir à cause de son départ. Tu sais son âme, comme la mienne, comme celles de tous ceux que tu as aimés, sont éternelles et perdurent après la mort. Nous restons toujours reliés les uns aux autres par des fils, comme une espèce de toile d’araignée, et c’est si bon de continuer à veiller sur vous et vous protéger.

Seulement ta grande souffrance, ta grande détresse m’ont retenu auprès de toi et cela m’a empêché de faire le passage. Depuis tous ces mois je reste là dans ton environnement au quotidien et je m’accroche à toi, à mes compagnons et vous pompe votre énergie. Luciole aussi est toujours là, comme ton ombre et il est temps maintenant de nous laisser partir tous les deux. Ici ce n’est plus notre place et tant que nous n’avons pas fait le passage, nous ne pouvons nous ressourcer et œuvrer de l’autre côté du voile pour ton bien-être, et toi tu ne peux trouver la paix dans ton cœur et ton esprit, et tu ne peux faire ton deuil.

Ce que j’aimerais te dire c’est qu’il est urgent aujourd’hui de nous laisser partir tous les deux, mais aussi ton cher et tendre compagnon. La mort est un nouveau soleil, et de là-haut nous te protègerons et veillerons sur toi. Et si le cœur t’en dit, si tu es prête un jour à me retrouver, je me mettrai de nouveau sur ton chemin, mais dans un corps sain et en bonne forme. Tu es à la croisée d’un nouveau chemin qui s’ouvre à toi et tu dois l’emprunter en toute conscience, le cœur léger et gai. Tu as encore de belles choses à vivre et tu dois les vivre pour toi, mais aussi pour ton compagnon humain et les animaux.

Je t’aime et je suis si heureux de pouvoir aujourd’hui te dire combien je t’aime et combien tu comptes pour moi. Où que je sois je reste relié à toi et je suis pressé maintenant de rejoindre ce magnifique jardin des animaux avec Luciole qui est à côté de moi depuis quelques instants sur ce chemin.

Luciole semble en effet avoir été là pour tout notre échange même si elle ne s’est pas manifestée, et tous les 3 nous avons empruntés ce chemin gris, qui au fil de nos pas devenait de plus en plus lumineux, avec des petites fleurs jaunes et rouges qui émergeaient à notre passage. Lorsque je me suis arrêtée devant le pont des fleurs, Lord m’a dit merci, merci à toi, à ma maman, merci pour Luciole et tous les deux ils ont traversé le pont et se sont noyés dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel.