Ta gardienne me demande de te transmettre des messages et de te poser quelques questions :

  • Questions:

   Pourquoi as-tu aussi peur de Florent?

   Que t’est-il arrivé sur l’île de la réunion?

 

  • Messages à lui passer:

 Sache qu’aujourd’hui tu n’as plus à rien à    craindre. Florent et moi sommes là pour t’apporter tout notre amour et la sécurité qu’il te faut. Florent aussi peut-être être ton gardien. Et il ne te fera aucun mal. Quand je m’absente tu peux te référer à Florent sans aucune peur. Il est aussi ton repère (ta ressource) dans la famille.

Pourrais-tu arrêter d’aboyer sur les voisins? Ils sont adorables et ne te feront aucun mal.

Pourrais-tu arrêter d’aboyer sur les chats et de les courser pour jouer? Tu leur fait peur. Ce sont tes frères félins. Soit plus doux s’il te plaît.

N’ai pas peur de la famille de Florent et de notre entourage. Ils t’aiment aussi. Tu es un membre à part entier de notre famille. Tu n’as plus aucun raison d’avoir peur. Tu peux désormais vivre ta vie de chien au sein de ta famille.

Dis-lui merci pour son message qui me rassure et me réconforte. Je suis navré d’être aussi ingrat, je sais bien que je peux faire entière confiance en son compagnon, sinon il ne serait pas là avec elle. Seulement j’ai beaucoup de difficultés avec les hommes, ils n’ont pas été bienveillants avec moi, ni dans la famille qui m’a accueillie quelques semaines, ni dans la rue.

Lorsque j’étais libre et que j’errais dans le village pour faire les poubelles parce que j’étais très affamé, un type grand et fort m’a tabassé avec un bâton. J’ai eu une peur terrifiante et depuis j’évite d’être à proximité des hommes, je préfère les fuir car ces mémoires sont encore profondément ancrées et je ne peux les effacer.

Déjà pas socialisé correctement par ma génitrice, je n’ai jamais connu la sérénité et je suis de nature plutôt très craintive et anxieuse. A cela se sont rajoutés les maltraitances de la gente masculine et cela n’arrange pas mes peurs. J’aime être seul avec toi et dès qu’une autre personne se rajoute, je ressens déjà une forte inquiétude et j’ai du mal à gérer la situation. Et lorsque j’aboie sur les voisins c’est pour leur dire « restez chez vous ne vous approchez pas trop de moi ni de notre maison, on a pas besoin de vous ici ». Ça m’arrangerait qu’on vive dans un endroit bien isolé, juste toi et moi.

Mea culpa c’est de l’égoïsme, mais moins je vois de monde, le mieux c’est pour moi. Et lorsque  tu n’es pas là, lorsque tu me laisses seul c’est le stress, la panique.

Je sais que je suis arrivé dans une bonne famille et que tous les deux vous aimez les animaux et avez beaucoup d’amour et de compassion dans votre cœur, mais j’ai besoin d’aide et de temps pour oublier ces souvenirs qui émergent au moindre stimulus.

Les chats, je suis navré de les embêter, mais en tant que chien de la rue j’avais l’habitude de les côtoyer au quotidien et de les courser pour jouer et m’amuser. Ils n’avaient pas peur de moi, ils étaient dans la rue tout comme moi et on partageait les mêmes soucis. Je vais essayer de faire des efforts, ce ne sera pas facile, c’est devenu un automatisme chez moi et je ne sais si j’arriverai à contrôler mes pulsions.

Pardon si je suis parfois un peu brutal, c’est un peu par instinct. Tu es ma maman maintenant et je sais que je peux compter sur toi. Il me faut juste un peu de temps pour m’habituer à cette vie à présent, et apprendre à habiter un même lieu et de le partager avec un humain masculin. Jusque-là je prenais les pattes à mon cou.