La rencontre avec Luttin s’est faite sur un chemin gris et austère. A mon arrivée, il a levé la tête vers moi et m’a dit :

He bien ce n’est pas trop tôt, depuis tout ce temps que j’attends qu’on vienne me libérer, j’ai passé les fêtes et tout ce temps dans leur entourage, les accompagnant dans leur quotidien. Je les ai entendu rire, pleurer, me parler et je ne pouvais pas me manifester à eux, car tant que je suis entre deux, dans ce bas-astral, il m’est impossible de lui faire des signes et des coucous.

J’ai tout de suite compris que Luttin, ce beau Luttin à la fourrure rousse si douce et si soyeuse avait une forte personnalité, un fort caractère. Il a bien entendu capté ma pensée et m’a dit :

Oui je suis un chat malgré mon apparence noble, gentil et doux, très câlin, mais je sais aussi ce que je veux et ce que je ne veux pas, et de rester ici entre deux, de puiser dans leur énergie, de m’accrocher à elle et lui pomper toutes ses ressources, ça je ne le veux pas, car tous les deux nous méritons autre chose, et nous avons besoin de toi pour m’aider à faire le passage. Tant que je reste là je ne peux me reposer et me ressourcer, et elle ne peut trouver la paix dans son cœur et son esprit. Lorsque j’aurai rejoint le jardin des animaux, elle pourra enfin faire son deuil.

Jusque-là c’était lui qui me parlait, pas moyen de placer un mot, et lorsque j’ai enfin pu m’exprimer, je lui ai expliqué qui j’étais et que c’était sa gardienne qui m’envoyait vers lui, car son départ est trop difficile pour elle, qu’elle a besoin de comprendre la raison, qu’elle a essayé de le rendre heureux et qu’il le lui rendait bien. Elle aimerait savoir s’il a souffert, s’il avait mal les jours précédant son départ (crise cardiaque), qu’il mangeait bien, qu’il jouait et qu’elle culpabilise parce qu’elle ne s’était rendu compte de rien. Est-ce qu’il vient la voir à la maison et où se pose-t’il précisément ? Il lui manque tellement.

Dès que j’eus fini de lire le contenu des messages et questions de sa gardienne il m’a dit :

Tu vois ? Tu vois combien elle culpabilise ? Tout cela rajouté à mon départ si brutal m’empêche de continuer ma route, et je reste là et la suis partout comme son ombre. Dis-lui de ne pas culpabiliser, elle ne pouvait pas le voir, elle ne pouvait pas savoir que j’étais si malade, moi-même je ne le savais pas et je n’ai pas pu préparer mon départ. Je sentais de temps à autre une forte pression dans mon cœur et dans mon corps mais ça passait très vite et je n’ai à aucun moment eu des douleurs, rassure-là. Je n’ai pas souffert, ce n’est qu’à l’instant de mon arrêt du cœur que j’ai ressenti une douleur si vive et si forte que j’en ai moi-même été très surpris, et je me suis aussitôt réfugié dans mon corps astral. Je me suis vu, j’ai vu mon corps physique, je flottais, mon esprit était au-dessus et de savais que c’était fini pour moi et que je ne pourrais plus le réintégrer. Mais je n’ai pas eu peur et la douleur a duré quelques secondes, j’ai poussé un grand râle et c’était fini, le cordon d’argent qui reliait mon âme à mon corps physique était rompu.

Ne t’inquiète pas et ne te tourmente plus, tu ne pouvais pas m’aider et même un traitement médical ne pouvait m’aider, c’était probablement génétique et cela n’a rien à voir avec mon âge ni le fait d’avoir été abandonné. Je n’ai moi-même pas eu le temps de préparer mon départ et je comprends oh combien cela peut te sembler injuste et cruel. Le choc a été violent pour toi et je sais que tu as du mal à accepter mon départ, mais il le faut afin que tu puisses faire ton deuil et ouvrir à nouveau ton cœur, car mon âme tant qu’elle reste dans ce bas-astral ne peut se reposer et se ressourcer et ne peut préparer son retour. Mon âme est éternelle et aspire à te retrouver.

Tu es ma maman, je t’aime et tu as besoin de moi sur un plan terrestre pour te reconnecter à ton petit enfant intérieur et le nourrir de tendresse lorsque tu me câlines. Ton petit Luttin avait la mission en tant que chat timbre-poste, de t’apprendre le détachement affectif, t’apprendre à aimer en toute fluidité, en toute confiance, sans dépendance, ci co-dépendance. Je n’ai pas terminé ma mission, tu as encore besoin de moi pour cultiver et distribuer des états émotionnels positifs en toi afin de trouver en toi cette force qui te permet d’être en paix et en harmonie avec toi-même.

J’étais ton garçon, ton petit garçon et nous avons passé des moments merveilleux ensemble. Nous étions très complices et j’ai adoré jouer et surtout être câliné. Ma place préférée est sur tes genoux et sur le lit. Mais j’aime aussi la cuisine et tout le reste, cela ne se limite pas à un seul endroit. J’adore regarder par la fenêtre et admirer le paysage, guetter les oiseaux… J’ai vécu une vie de prince depuis mon arrivée chez vous et j’ai bien sûr envie de retrouver cette place très vite.

Fais-moi confiance ce ne sera pas long, j’étais jeune et je n’ai besoin que de très peu de temps pour me ressourcer, et lorsque tu te mettras à ma recherche, je me mettrai de nouveau sur ton chemin. Tu as besoin de moi et de ma présence pour continuer ton chemin, et moi c’est mon rôle de t’accompagner et de te guider encore fort longtemps.

Ton Luttin, ton garçon, ton prince est aussi pressé de te retrouver, c’est si bon d’être aimé, choyé et respecté comme un membre de la famille, je t’aime.

Puis il est venu à mes côtés et ensemble nous avons emprunté ce chemin, qui au fil de nos pas devenait de plus en plus lumineux. Lorsque nous sommes arrivés devant le pont des fleurs, il m’a dit :

Merci, dis-lui merci pour son empathie, pour sa compassion, je l’aime pour la belle âme qu’elle est et je lui ferai des signes en attendant nos retrouvailles.

Puis il l’a traversé et s’est noyé dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel. Au revoir Luttin, repose-toi et ressource-toi, à bientôt !