La rencontre avec MARLEY s’est faite sur un chemin, il était assis et m’a regardée avec des yeux tristes. Plus je m’avançais vers lui, plus son regard exprimait de la curiosité. Avant d’arriver à ses côtés, je me suis arrêtée un petit instant et tout doucement je lui ai expliqué que j’avais un message pour lui de la part de sa gardienne et qu’elle aimerait aussi qu’il réponde à quelques questions :

Message :

Mon Marley, mon Loup,

Tu me manques terriblement. Ton départ m’a fait réaliser à quel point je t’aimais. Tu faisais partie de moi, tu étais une extension de moi. Qui ne te connait pas ne me connait pas. J’ai tellement de souvenirs avec toi. Tu as toujours été là. Ta maladie m’a brisé le cœur. Te voir souffrir lors de ta trombe embolie m’a déchirée. J’ai failli à mon devoir de protection et je te demande pardon. Toi qui  toujours été si fort et si robuste. Notre foyer est si vide maintenant. Nous tournons en rond tous les trois sans toi. Mon chagrin est immense et mes pensées sont toutes à toi.

Je t’aime, nous t’aimons tous.

Questions :

– M’en veux-tu d’avoir essayé de prolonger ta vie alors que ta maladie était à un stade trop avancé ? As-tu souffert lors de tes derniers jours ?

– As-tu essayé de m’alerter avant ce mois de Janvier ? As-tu préparé ton départ qui nous a paru si soudain ?

– As-tu été heureux ? Penses-tu à nous ?

– Qui as-tu retrouvé là-haut ?

Dis-lui merci pour son tendre message d’amour. Dis-lui merci pour tout l’amour, toutes les attentions, tous les soins qu’elle m’a apportés. Dis-lui que moi aussi je l’aime et que je suis triste, si triste de la voir tellement en peine et que sa douleur, ses souffrances m’empêchent de partir. Je ne m’en sens pas la force tellement elle se tourmente l’esprit avec des regrets et de la culpabilité.

Dis-lui que ce n’est pas de sa faute, qu’elle n’a rien à se pardonner, elle ne pouvait pas voir la gravité de ma maladie, elle était sournoise et, si pas opéré à temps, elle ne laisse aucune chance. Mais l’opération n’aurait servie à rien non plus, mon cœur était fatigué et je me sentais souvent, malgré que je fusse encore jeune, épuisé avec des oppressions dans la poitrine et des problèmes respiratoires.

C’était douloureux, tu l’as bien compris par mes miaulements et mes pattes arrières commençaient à ne plus répondre, je me réfugiais dans l’astral pour ne pas trop souffrir. Cela m’a aidé à tenir sans trop de difficultés pour me préparer, bien que j’étais sur mon chemin depuis quelque temps, mais aussi pour que toi tu puisses encore m’accompagner un petit peu. Ma maladie crée souvent un accident brutal et violent, on ne s’y attend pas, on ne le voit pas venir, c’est choquant et souvent sans retour possible lorsque ça arrive.

Je sentais depuis quelque temps que quelque chose ne circulait pas correctement et je savais aussi que je devais préparer mon départ, que j’étais sur mon chemin. Si tu n’as rien remarqué, c’est aussi parce que je ne voulais pas t’inquiéter, j’ai essayé de te ménager du mieux que j’ai pu. Je sais que je te manque, que je vous manque à tous mais surtout à toi à qui j’étais relié. Tu étais ma maman, mon âme sœur et nous étions tellement complices et fusionnels. J’ai été si heureux avec vous, je n’ai jamais manqué de rien et je vous le rendais bien.

J’étais un chat de type timbre-poste et ma mission consistait à m’occuper des énergies du foyer et des personnes et surtout de t’apprendre le détachement affectif, d’accepter ou recevoir la vie, la joie de vivre et l’amour. Il est important pour toi d’accepter et de gérer tes émotions, de les exprimer sans ressentiment et surtout de ne pas les refouler. Aimer sans dépendance ni co-dépendance, je n’ai pas terminé ce travail auprès de toi et mon âme aspire à te revenir lorsque je me serai reposé et ressourcé pour terminer cette mission.

Mais pour cela il est nécessaire que je puisse rejoindre le jardin des animaux. Ton chagrin, ton grand désarroi me retenaient ici dans ton entourage, et tant que je ne suis pas là-haut, tu ne peux pas faire ton deuil. N’aie pas de regrets ni de culpabilité, fais confiance à l’univers. Je suis toi et tu es moi, nous nous retrouverons très vite si tu le désires autant que moi, car une existence sans l’autre n’es pas concevable. Ton cœur et ta maison sont vides et seul moi et mon énergie pourront à nouveau les remplir.

Je reste là entre deux, vous ne pouvez me voir mais je puise dans votre énergie et cela t’empêche de faire ton deuil. Je n’ai plus de douleur, mais ici ce n’est plus ma place et j’aspire à rejoindre maintenant ce lieu magique où ne règnent qu’amour et harmonie. C’est la condition pour vous revenir.

Je me charge Marley de lui transmettre ton message et si tu es prêt maintenant, je t’accompagne jusqu’au pont des fleurs.

Je le suis, elle se sentira apaisée après et lorsqu’elle sera prête, elle pourra se mettre à ma recherche. Dis-lui qu’elle saura me reconnaître au premier regard.

Puis il est venu à mes côté, et ensemble nous avons emprunté ce chemin où poussaient quelques herbes et qui au fur et à mesure que nous avancions devenait de plus en plus vert avec des petites pâquerettes et fleurs jaunes. Lorsque je me suis arrêtée, il m’a dit :

Merci, dis-lui merci aussi de nous avoir permis cet échange. Dis-lui que je l’aime, que je les aime et qu’ils me manquent aussi. Ma place est à leurs côtés, mais pour cela un petit passage là-haut est nécessaire avant de pouvoir m’incarner dans un nouveau corps physique. Je sais qu’elle a des doutes, mais dis-lui qu’elle doit se faire confiance et faire confiance et l’univers le lui rendra. Je l’aime, elle est ma moitié et je ne peux que lui dire que ma vie auprès d’elle a été douce et merveilleuse. Je n’ai pas peur de passer le pont, je sais qu’on m’attend de l’autre côté (m’a montré l’image d’une femme blonde qui souriait).

Puis il l’a traversé sans se retourner et s’est noyé dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel.

Au revoir Marley, paix à ton âme !