width=J’ai rencontré Mimi assis devant une porte d’entrée, il m’a regardée avec des yeux remplis d’une grande tristesse. Je me suis présentée et lui ai expliqué que j’avais des messages et des questions pour lui de la part de sa gardienne :

Mimi,

 T’écrire ces quelques mots me font du bien, je suis remplie de chagrin depuis ton départ je te demande pardon, j’avais oublié ces dernieres années la place immense que tu occupais dans mon coeur…je me suis perdue en chemin dans le rôle de maitresse que j’avais pour toi … nous étions les premieres années si fusionnels, tu m’as connu j’avais 19 ans puis j’ai construit ma vie ma famille, tu m’as suivi dans toutes les étapes de ma vie… Tu leur manques beaucoup tu sais aux enfants, ils sont tristes sans toi … iIs t’ont donné des caresses et des câlins  ainsi que ton papa mais moi j’avais laissé de coté tous ces moments-là, je m’occupais de te donner à manger mais je te repoussais souvent mon coeur s’était refermé et je ne sais pas pourquoi si tu savais comme je le regrette … maintenant que tu n’es plus là je réalise à quel point je t’aimais mais il est trop tard et le chagrin me dévaste de l’intérieur, j’ai mal . Pardon mon mimi de ne pas t’avoir donné tout l’amour que tu méritais toi le chat le plus gentil de la terre… je t’aime et je repense aux premières années où tu étais pour moi mon bébé puis nous nous sommes éloignés et tu faisais ta petite vie dehors… tu étais devenu indépendant et je n’aurais jamais imaginé le vide immense que tu laisserais dans mon coeur , pardon mon mimi je regrette de ne pas t’avoir donné toute l’attention que tu méritais, je t’aime à jamais …je te remercie d’avoir été toujours d’une gentillesse incroyable envers mes enfants , jamais tu n’as eu un geste déplacé et pourtant petits ils t’ont parfois beaucoup embêté mais tu as toujours été d’une patience incroyable … je me suis perdue en chemin en fermant le porte de l’amour que j’avais pour toi pardonne moi…

 Comment te sens-tu ?

As-tu été heureux dans notre famille ? es-tu heureux maintenant ?

 Je culpabilise de ne pas t’avoir emmené au vétérinaire plusieurs semaines plus tôt je n’ai pas vu les signes de ta maladie ?

Pourquoi si vite d’un coup ? Pourquoi ton état s’est si vite détérioré? Pourquoi ne voulais-tu plus manger ?

Pardonne-nous d’avoir choisi d’abréger tes souffrances car je pense que tu souffrais ? est-ce que tu nous en veux ? 

Quelle était ta mission auprès de moi ?

 Mimi dis-moi si je te reverrais, j’aimerais tant que tu me reviennes …

Aimerais-tu revenir auprès de nous, sous quelle forme ? mimi guide moi vers toi je t’en prie reviens moi et pardonne moi.

 je t’aime mimi 

Oui, je sais j’étais assis à côté d’elle, lorsque en pleurs elle t’a envoyé le message. Elle est en grande détresse, elle culpabilise, elle a des remords et mon départ la plonge dans une grande souffrance. Cela m’empêche de partir et je reste là dans leur entourage et leur puise leur énergie. Tant que je reste là entre deux, elle ne trouvera pas la paix dans son cœur et son esprit et elle ne pourra commencer son deuil.

Dis-lui merci pour son message d’amour. Dis-lui de ne pas se mettre dans une telle souffrance, dis-lui de ne pas se torturer l’esprit. Je sais qu’elle m’aime et que mon départ lui fait prendre conscience, qu’avec l’arrivée des enfants, elle m’a un peu délaissé. J’étais son premier garçon, son premier bébé et j’ai pris le rôle de grand frère lorsqu’ils sont arrivés et elle était bien occupée à les materner et à les soigner.

Dis-lui que j’étais bien triste par moments, mais j’ai bien compris qu’ils avaient pris beaucoup de place dans son cœur et je ne lui en ai jamais voulu. Je l’aime d’un amour inconditionnel et même si elle m’a un peu mis à l’écart, je ne me suis jamais senti rejeté. Je me suis toujours considéré comme un membre de la famille et j’avais mon rôle, ma mission auprès d’elle.

De chat timbre-poste, chargé de lui apprendre le détachement, de lui apprendre à aimer et gérer ses relations avec moins de peur et d’angoisse, avec plus de légèreté, j’ai endossé le rôle de protecteur et je me suis chargé de nettoyer le lieu et toutes les personnes du foyer. Je me suis aussi beaucoup ressourcé dans le jardin et je n’ai pas été malheureux.

Son premier bébé a grandi et a bien compris qu’il fallait laisser la priorité aux plus petits. Rassure-la, dis-lui que je n’étais pas malheureux et que je me suis toujours senti aimé, respecté et choyé. Un peu malmené parfois, mais c’est normal, tous les enfants sont parfois brutaux avec les animaux. Mais je sais qu’ils m’ont aimé, que j’étais leur grand frère et je n’ai jamais manqué de caresses et de câlins.

C’est plus toi qui en a manqué, car à travers moi tu nourrissais ton petit enfant intérieur de tendresse et tu l’as un peu oublié. C’est pour cela que tu es dans une telle souffrance aujourd’hui, tu viens de prendre conscience que tu as construit, enfanté, élevé et éduqué les petits, tu as une vie de famille bien solide, mais dans tout ça tu t’es toi beaucoup oubliée. Toujours à leur petits soins, à leur écoute, parfaite maman et maîtresse de maison, mais et toi ? As-tu pensé à toi ? A ton être profond ? Qui je suis ? Qu’est-ce que j’attends de la vie ? De quoi ai-je besoin au plus profond de moi ?

Tu as réussi dans un domaine important de la vie, tu as construit ta famille et tu l’aimes, mais il est aussi très important de t’aimer toi, et pour cela tu as besoin de te reconnecter à ton petit enfant intérieur et le chérir. Et il n’y a que moi pour t’aider à le faire et pour te permettre de continuer à avancer sur ton chemin.

Si j’avais été malheureux avec vous je ne serais pas resté, je serais parti mais j’ai continué mon travail d’une manière différente auprès de vous tous. Et si j’ai choisi de vous laisser maintenant, c’est parce qu’il est temps pour moi de remonter pour me reposer et me ressourcer.

J’étais sur mon chemin et vous avez pris la bonne décision de m’aider à partir. Je ne mangeais plus parce que je n’en avais plus envie et j’étais arrivé au bout de mes forces. Mes reins et mon cœur étaient bien usés et j’avais des bobos dus à mon âge. Et si tu n’as pas remarqué mon état plus tôt c’est parce que je ne voulais pas que tu le voies, je préparais ma transition à mon rythme et le vétérinaire ne pouvait rien y changer.

Je ne souffre plus et je me sens à présent de nouveau très léger dans mon corps, mais ici ce n’est plus ma place et tu dois comprendre que seul un passage au jardin des animaux peut me permettre de préparer mon retour, avec cette nouvelle mission de t’aider à te reconnecter à ton âme et t’accompagner sur ton chemin.

Je sais que je te manque et que la blessure est très vive, mais ne culpabilise pas et ne regrette rien, ce qui est important de savoir c’est que nos âmes sont reliées et le resteront toujours, et que la mienne aspire à te revenir pour ouvrir de nouveau ton cœur à l’amour de toi et la joie que tu as au plus profond de toi. Et tu verras que tu y trouveras une très grande force.

Moi aussi je t’aime et il me tarde de faire le passage pour te revenir très vite, en chat bien entendu, car c’est de l’énergie d’un chat dont tu as besoin, et lorsque tu te mettras à ma recherche je me mettrai sur ton chemin.

Je lui ai promis de transmettre ses messages et réponses et lui ai demandé s’il était maintenant prêt à partir au paradis des animaux.

Plus vite j’y serai, plus vite je peux lui revenir.

Puis nous nous sommes avancés sur un beau chemin de lumière qui s’est ouvert à nous, et lorsque nous sommes arrivés devant le pont des fleurs, il l’a traversé très rapidement pour se noyer dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel. Au revoir Mimi à bientôt !