La rencontre avec Mimine s’est faite au bord d’une route très fréquentée. Elle était assise sur le bitume et regardait tristement les voitures se suivre, se croiser les unes derrières les autres. L’endroit était froid, triste et sans aucune lumière. Je me suis approchée doucement et je l’ai appelée par son nom, dès mon premier appel elle a tourné la tête vers moi les yeux remplis d’une lueur d’espoir. Avant même que je ne me présente et lui explique les raisons de ma présence, elle m’a dit :

C’est moi que tu viens voir ? C’est pour moi que tu es là ? C’est ma maman qui t’envoie à moi ? Je sais qu’elle est en grande souffrance, je la  vois, je l’entends et mon départ lui est insupportable. Sa grande détresse, rajoutée à l’injustice de ce départ si brutal et pas prévu, m’empêche de rejoindre la lumière. Je ne m’en sens pas le droit, elle me pleure tellement, ils me pleurent tous, toute la famille est en deuil et mes compagnons aussi. Et je reste là à attendre, attendre qu’on vienne vers moi et qu’on m’aide à faire le passage.

Je me suis aussitôt présentée, je lui ai précisé que c’est sa gardienne qui m’envoyait pour lui donner des messages et lui poser des questions et qu’après notre échange je l’accompagnerai jusqu’au pont des fleurs. Elle s’est levée, elle est venue vers moi pour me dire en poussant un petit soupir de soulagement :

Me voilà rassurée. J’ai eu peur depuis que j’ai fait le grand saut de devoir encore rester longtemps ici, tantôt au bord de cette route si dangereuse, ou tantôt à vaquer dans leur environnement, dans leur quotidien, à m’accrocher à eux et leur puiser toute leur énergie. Ici ce n’est plus ma place et tant que je reste là ce n’est bon ni pour moi, je ne peux me reposer et me ressourcer, ni pour eux qui ne peuvent trouver la paix dans leur cœur et leur esprit, ni faire leur deuil. Cela perturbe aussi mes compagnons qui eux peuvent me voir et de me savoir entre deux dans ce bas-astral est très dérangeant alors que je  ne peux plus me manifester physiquement à eux.

Puis profitant de quelques secondes de silence, je lui ai lu les messages et les questions de sa gardienne :

Mimine,

Si tu savais à quel point je souffre de ta perte, de ton absence. Cela faisait 10 ans que nous partagions la vie de l’une et de l’autre….

Tu es le premier membre de mon cocon familial.

Est arrivé ensuite N……., mon mari, ton « papa » et ses 2 garçons.  Chatte privilégiée de la maison, nous avons agrandit la famille avec l’arrivée de ta copine Flocon en 2016 (un vrai pot de colle avec toi, qu’est-ce-qu’elle t’aimait !), puis avec l’arrivée de mon fils D……. en 2017, l’arrivée de ma fille V….. en 2020 et l’arrivée de notre chienne Seven en 2021 (une vraie casse-pieds avec toi, qui ne faisait que jouer).

Tu as toujours été un membre à part entière de cette jolie famille, mais surtout LE premier membre. Ton départ nous dévaste. Tous les soirs, une fois les enfants couchés, nous pleurons avec Nicolas, en repensant à toi, en observant les différents endroits où tu aimais t’allonger.

A chaque fois que je m’assois sur le canapé et que je prends le plaid, j’attends que tu viennes te blottir sur mes genoux… Mais ça n’arrivera plus.

Mimine, j’ai le cœur brisé. Ce chauffard n’avait pas le droit de te faire du mal et de t’arracher à moi. Je suis tellement en colère mais je culpabilise aussi… Si ce fameux soir, je ne t’avais pas laissé sortir, tu serais toujours là. J’ai tellement mal de savoir que tu es partie, seule, dans cette nuit noire et que tu as passé la nuit à attendre que l’on te trouve, le lendemain matin…

Je m’en veux de ne pas avoir été toujours patiente avec toi (tes pipis à côté de la litière, tes vomis sur la chaise, tes miaulements à rendre sourd – je regrette toutes ces choses !) ; je donnerais n’importe quoi pour te retrouver ou pour au moins te dire au revoir comme il faut….

Sache que je t’aime du plus profond de mon cœur et que j’attends des signes de ta part. Je crois en la résurrection et j’espère de tout cœur recroiser bientôt ton chemin ; viens à moi, je t’en supplie. Tu es mon premier bébé, j’espère que tu as été heureuse avec moi.

J’ai quelques questions pour toi, peux-tu y répondre stp ?

 

  • As-tu été heureuse à mes côtés ? A nos côtés ?
  • Est-ce-que tu t’es déjà sentie délaissée ? Tu aimais ton indépendance et je me dis que je t’ai parfois trop laissée de côté…
  • Quel est ton endroit préféré dans la maison ? Je te retrouvais souvent dans la salle de bain
  • Aimes-tu Flocon et Seven ?
  • Est-ce-que tu as souffert le jour de l’accident ou as-tu pu partir sans douleur ?
  • M’en veux-tu de ne pas avoir été plus rapidement près de ton corps ?
  • Es-tu d’accord pour qu’on plante des fleurs sur ta tombe ?
  • Est-ce-que tu nous vois, de là où tu es ?
  • Te sens-tu épanouie et apaisée maintenant ?
  • Est-ce-que tu nous reviendras un jour ?

Je t’aime Mimine, ainsi que N…. et les enfants.

 

Pendant que je lui lisais le contenu, j’ai vu les larmes perler à ses yeux et elles tombaient sur son museau, les pattes, le sol. Elle les laissait couler, cela ne semblait pas la déranger, elle était beaucoup trop attentive et concentrée sur ce que je lui disais, et lorsque j’eus terminé, elle m’a dit :

Je suis si émue, je suis profondément touchée par son message d’amour et j’ai tellement de peine pour le grand chagrin que mon imprudence lui inflige, et les regrets et la culpabilité dont elle souffre. Dis-lui merci pour tout. Dis-lui que moi aussi je l’aime d’un amour pur, profond et inconditionnel et je les aime tous : mon papa, mes frères et ma petite sœur. Mes compagnons aussi, surtout Flocon que j’ai adoptée comme ma fille, mon bébé, et que j’ai pris sous mon aile. Seven aussi a sa place avec vous et dans la maison, mais pour moi elle était souvent trop entreprenante, jeune, fougueuse, et même si je savais qu’elle ne voulait que jouer et s’amuser avec moi, elle me tapait parfois sur les nerfs et j’avais besoin de m’isoler. Mais nous étions une famille unie, soudée et chacun y trouvait sa place, celle qui lui revenait de droit et qui était la sienne.

Dis merci à ma maman pour les merveilleuses années que nous avons passé ensemble. Je me suis toujours considérée plutôt comme sa compagne, son amie et sa confidente que sa fille, son BB la première, l’ainée, mais peu importe j’étais la première et j’avais et je garderai une place privilégiée dans son cœur. Cela n’enlevait en rien l’amour qu’elle porte à chacun de nous mais toutes les deux nous étions très proches, très fusionnelles et je ne me suis jamais sentie délaissée.

De tempérament très indépendant j’avais besoin de me sentir libre et de pouvoir aller et venir, de pouvoir me ressourcer avec les énergies de la terre a toujours été un grand plaisir pour moi. Je te demande pardon pour ce terrible soir où cette voiture m’a envoyée de l’autre côté du voile, je me suis fait éblouir par les phares et au lieu de traverser rapidement ou de faire marche arrière, je me suis figée sur place et le choc a été violent, si violent que je suis aussitôt sortie de mon corps pour me réfugier dans mon corps astral, et je n’ai pas souffert, rassure-toi. C’était bien trop rapide et lorsque je me suis vue allongée sur le sol, je savais que c’était fini pour moi et qu’il me serait impossible de réintégrer mon corps physique, j’ai eu peur, peur pour toi, peur pour la violence du choc que tu aurais en me retrouvant et surtout ton immense chagrin. C’est à moi de m’excuser pour cette grande peine que mon départ vous cause à tous. Vous me manquez aussi même si je peux encore vous voir, vous entendre, les câlins, la tendresse et les caresses et nettoyages énergétiques que je te faisais en me blottissant sur tes genoux me manquent énormément.

Ne culpabilise pas et ne te torture pas l’esprit, je n’ai jamais manqué de rien. Je me suis toujours sentie aimée, choyée et respectée, et la charge de travail pour toute la famille était conséquente et les petits avaient plus besoin de toi que moi. J’ai eu beaucoup de plaisir à te partager avec eux, ne t’inquiète pas. Pardon pour les pipis et  les vomis, les miaulements, mais j’avais besoin de sortir pour m’autonettoyer avec les énergies de la terre, et ce soir-là plus que les autres.

C’était sur le canapé mon endroit préféré. La salle de bain c’est l’endroit le plus pollué de la maison, et si j’y étais souvent c’était pour la nettoyer énergétiquement. Si vous voulez planter des fleurs sur ma tombe, je n’y vois aucun inconvénient, cela doit vous faire du bien et c’est toujours plus joli lorsque c’est fleuri. Ce ne sont que les restes de mon corps physique qui y reposent, tu sais que mon âme perdure, qu’elle est éternelle et reste reliée à la tienne. Et bien sûr elle aspire à te revenir. Pour cela un petit passage au jardin des animaux pour me ressourcer et me réparer est nécessaire. Après ce sera toi qui décidera et te mettra à ma recherche lorsque tu te sentiras prête. Moi je me mettrai sur ton chemin.

En attendant je suis pressée de rejoindre ce haut-lieu magique d’où je pourrai te faire des coucous et t’envoyer des petits signes.

Puis toutes les deux nous avons emprunté un chemin qui au fil de nos pas devenait de plus en plus lumineux, et arrivés devant le pont des fleurs elle l’a traversé et s’est noyée dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel. Au revoir Mimine, paix à ton âme, repose et ressource-toi. A bientôt