Mistigris -17052009Mistigris est assis et me regarde. Je lui explique que son gardien me charge de lui transmettre un message.

Je n’en suis pas surpris, mon absence le hante et il a beaucoup de mal à l’accepter.

Puis, je lui communique le message :

Mistigris,

Depuis ton départ, même si cela va mieux maintenant, il m’arrive encore d’avoir les larmes aux yeux quand je pense à toi, surtout le soir. Nous avions si souvent l’habitude de partager notre temps quand tu étais sur mes genoux ou sur mon bureau. J’appréciais ta douce présence à mes côtés lorsque je me reposais. Mais voilà, les maladies dont tu as souffert les dernières semaines de ta vie ici-bas ont eu raison de ta santé devenue fragile. Sans doute était-ce là le signe que temps était venu pour toi de partir mais je ne voulais pas y croire et avais toujours l’espoir que le vétérinaire pourrait te sauver. Pardon si le départ en urgence vers le vétérinaire t’a semblé précipité ce samedi soir là. Voyant tes souffrances le mardi soir, la décision a été tellement difficile à prendre pour nous de te laisser partir par les mains du vétérinaire qui ne pouvait plus rien faire pour toi. Nous avons dû nous y résigner le lendemain. Était-ce là le bon choix ? Au fond de moi et de maman, nous aurions malgré tout préféré que tu rejoignes l’au-delà paisiblement pendant ton sommeil, sans avoir été affecté par la maladie.

Ta présence, la douceur de ta fourrure me manque, j’espère que tu vas bien. Je pense à toi.

Sans doute nous avais-tu déjà laissé des signes bien avant que ta mission ne s’achève mais je n’y avais pas prêté attention. Quelle était ta mission à nos côtés ?

Comment saurais-je que c’est toi si j’ai à nouveau la chance que nos routes se croisent et que je puisse à nouveau partager la vie ici-bas avec toi ?

Malgré ton départ, notre amour pour les chats ne s’est pas éteint. Noiraud mérite toute notre attention et nous essayons de faire de notre mieux pour lui.

Peut-être as-tu un message à nous laisser ?

Ton gardien

Mistigri m’a regardé tristement et m’a dit :

Oui je sais qu’il a du mal à faire son deuil. Il a des regrets et se pose beaucoup de questions. C’est ce qui explique que je reste encore un peu dans son entourage, même si ma place est maintenant au paradis des animaux. J’étais sur mon chemin depuis quelque temps déjà et je préparais mon départ. Mais même s’il l’avait pressenti, j’étais très discret car je ne voulais pas qu’il souffre. La maladie lui fait peur et le fragilise, et c’était mieux pour lui que je parte rapidement. Il ne doit pas avoir de doutes, le vétérinaire ne pouvait plus rien pour moi et il a fait le bon choix. M’aider à partir a été une décision douloureuse mais juste et je sais qu’il l’a fait par amour pour moi, ma souffrance l’ayant mis dans une forte détresse. Maintenant, malgré que je n’ai pas encore rejoint le jardin des animaux, je ne souffre plus et je sais qu’après notre échange, tu apporteras les réponses à ses questions qui l’aideront à s’apaiser et me permettront de me libérer et de prendre mon envol pour me reposer et me ressourcer. Comme tous les chats, j’avais une mission pour nettoyer et transmuter les énergies négatives du lieu et des personnes, mais ma vraie mission était auprès de lui et ce n’était pas ma première mission.

Le connaissais-tu avant d’arriver chez lui ?

Oui, j’étais déjà chez lui (il m’a montré l’image d’un homme qui cuisine)

En tant que chat ?

Non Chien.

Et quelle a été ta dernière mission auprès de lui ?

Lui apprendre le détachement affectif. C’est un tendre et comme tous les tendres, très sensible, trop même. J’étais là pour l’aider à gérer cette hyper sensibilité, afin de lui permettre d’évoluer et de faire les bons choix. Il peut à présent se faire confiance et avancer sur son chemin en toute quiétude. Même lorsque je serai dans l’au-delà, je resterai relié à lui et je continuerai à veiller sur lui. Et puis mon repos ne sera pas éternel, je compte bien le retrouver et il saura me reconnaître, qu’il se fasse confiance. Dis-leur que Noiraud a besoin de beaucoup d’attentions en ce moment, ma présence lui est devenue inconfortable et lui pompe de l’énergie. Ce sera mieux pour lui lorsque je serai parti de l’autre côté du voile et nous pourrons communiquer ensemble sans que j’utilise son énergie. Dis-leur que je les aime tous et que j’ai été très heureux de partager toutes ces années avec eux et que l’énergie d’un chat ne leur suffit pas, les chats sont des maîtres en Feng shui et des guérisseurs et nous sommes en service et aimons être reconnus en tant que tels. L’accepter c’est comprendre le sens profond de notre existence et se permettre un regard autre sur la maladie et la guérison. Et je reviendrai pour lui. Maintenant que ces messages leur seront donnés, je me sens le droit de tirer ma révérence. Je lui dis au revoir, mais pas pour longtemps, dis-lui que je lui enverrai un petit signe lorsque je serai prêt à le retrouver. Il comprendra très vite, ce sera une évidence pour lui.

Puis il s’est levé et s’est éloigné, d’abord très lentement, puis de plus en plus vite. Mistigris était maintenant pressé de rejoindre la lumière. Au revoir Mistigris…