La connexion avec Mounette a eu lieu dans cette magnifique clairière qui se trouve après le pont des fleurs et juste avant l’entrée du paradis des animaux. Lorsque je suis arrivée dans la prairie, elle était assise dans les herbes d’un vert fluo et elle était entourée de petits papillons blancs, orange et dorés. Elle s’amusait à les regarder se poser d’un arbre à papillons à un autre et elle tournait la tête dans tous les sens pour suivre cette farandole de danses. Elle me semblait être en forme et heureuse. Je me suis approchée doucement pour ne pas la déranger, et lorsqu’elle ma vue ou senti ma présence, elle s’est tout naturellement levée pour venir jusqu’à moi. Je me suis présentée et lui ai expliqué les raisons de ma présence, et avant même que je ne lui lise le contenu des messages et des questions, elle m’a dit :

Je t’attendais, j’ai fait une petite halte dans cette belle clairière car je savais que ma maman allait avoir besoin de communiquer avec moi, et j’ai préféré partager cet instant avec elle par ton intermédiaire dans ce bel endroit en toute intimité avant de rejoindre mes congénères et tous les autres animaux qui m’attendent de l’autre côté de cette porte dorée que tu peux voir derrière moi.

Puis je lui ai lu les missives :

Je voudrais lui demander si j’ai fait ce qu’il fallait et surtout au bon moment.

Savoir si elle a été heureuse avec moi.

Savoir bien sûr si elle est bien au paradis des chats.

Et si ma profonde peine ne lui occasionne pas de soucis où elle est.

Peut-être a-t-elle aussi un message à me transmettre.

 

Voilà, j’ai perdu ma troisième fille et suis anéantie, comme vous pouvez vous en douter car elle était mon soleil et ma joie de vivre au quotidien.

 

 

Je sais bien combien mon départ est terrible pour elle, je sais combien je lui manque. Elle était ma maman, j’étais sa fille et nous serons toujours reliées d’âme à âme où que je sois. J’ai eu de la chance, beaucoup de chance, j’ai non seulement été en bonne santé pendant toutes ces années et je n’ai pas vraiment, malgré mon grand âge, souffert des bobos dus à l’âge. Seulement voilà, nul n’est éternel et je commençais tout doucement à vaquer à mon départ avant de souffler la flamme de ma bougie parce que c’est la loi.

Je préparais mon départ depuis la fin de l’hiver et ce mal qui me rongeait de l’intérieur ne m’a pas plus fait souffrir que ça, je me sentais bien et je pouvais continuer ma transition à mon rythme jusqu’à quelques jours avant le grand saut où tout mon corps a lâché, mon cœur, mes reins, tout était usé, je n’avais plus de force et tu as fait ce que tu devais faire pour moi. Je te remercie, comme toujours tu as su être là au moment où il le fallait et tu m’as accompagnée pour me permettre de tirer dignement ma révérence.

Je sais combien ce choix a été difficile pour toi et je t’en suis si reconnaissante. J’étais sur mon chemin et je sais que malgré le grand désarroi, tu l’as fait par amour pour moi. J’ai tellement de gratitude pour toi ma petite maman, je t’aime d’un amour pur, profond et inconditionnel, et j’ai passé des années merveilleuses à tes côtés. Considérée comme ta troisième fille, respectée et choyée comme telle, mon existence terrestre était magnifique, un réel rêve comparé à l’existence de certains de mes congénères.

J’étais là pour t’accompagner sur ton chemin et pour t’apprendre le détachement affectif, t’apprendre à aimer sans dépendance ni co-dépendance, t’apprendre à aimer d’une manière fluide sans trop attendre de l’autre et ne pas l’étouffer, t’apprendre à te reconnecter à la source, à ton petit enfant intérieur pour y trouver la force et le courage nécessaire pour te permettre de remplir ta mission de maman et de femme, pour que ce rôle te convienne tout simplement.

J’étais ta béquille, la petite lumière qui brillait pour te guider sur ton chemin. Tu le dis toi-même, j’étais ton soleil, ta joie de vire au quotidien et mon départ te plonge dans une grande souffrance et solitude. Cela aurait pu m’empêcher de faire le passage, mais ta grande et profonde empathie et compassion ont été plus fortes que le chagrin et tes pensées d’amour m’ont guidée vers le pont des fleurs. Et puis j’ai eu de l’aide, on m’attendait de l’autre côté, il y avait des ancêtres, un homme et une femme (parents), et beaucoup d’animaux et d’êtres de la nature étaient là pour m’accueillir, me tendre les bras et les pattes.

Tu sais ta tomette a vécu une vraie vie de princesse à vos côtés, et de monter me reposer et me ressourcer n’est que juste. Depuis mon départ tu es triste, tu me pleures et la maison et ton cœur te semblent bien vides. Reconnais et tu le sais très bien que tu as besoin de moi pour continuer ta route dans la joie de vivre. Je n’ai pas souffert et je me sens de nouveau en pleine forme, je peux de nouveau courir et jouer, m’amuser à faire semblant d’essayer d’attraper ces petits papillons, mais ce n’est qu’un jeu ici, tout est en paix et en harmonie et toutes les énergies sont harmonisées et pacifiées.

Ce qui me fait mal c’est de te voir en détresse, de voir combien ma présence physique te manque, alors ma petite maman ne te pose pas de questions quant à savoir si tu as pris la bonne décision au bon moment. Savoir si ta peine me crée des soucis, non, fais plutôt confiance à notre si belle et profonde complicité, fais-moi confiance, et fais-toi confiance et pars à ma recherche dès que tu te sentiras prête et je me mettrai de nouveau sur ton chemin. Mon âme aspire à te retrouver, tu as encore besoin de moi sur le plan terrestre et je te guiderai sur la voie spirituelle. La mort est un nouveau soleil et après la mort il y a la renaissance, et si nous ne pouvons, dans une même enveloppe corporelle ne rester que quelques années à vos côtés, c’est pour pouvoir vous revenir dans un autre corps physique jeune et en pleine forme.

Fais confiance à l’univers, mets-toi à ma recherche et nous continuerons notre belle aventure ensemble. Ta mounette qui t’aime et à bientôt.