width=Ta gardienne me demande de te transmettre des messages et aimerait que tu répondes à ses questions :

Je suis contente qu’elle soit avec moi et la remercie pour sa gentillesse, son dévouement au quotidien et notamment dans le travail que je lui demande (l’obéissance) car je sais que cette discipline n’est pas facile. Mais je fais le constat qu’elle est excellente et me le prouve à chaque entrainement. Un grand merci pour ce qu’elle m’offre.

Les questions :

Comment se sent-elle physiquement et psychiquement ?

Est-ce que la discipline l’obéissance que nous faisons lui convient ? Et on va être amené à faire des concours, comment elle se sent ?

Problématiques rencontrées :

1) Agressivité envers ses congénères. Pourquoi tant d’agressivité ? Qu’est ce qui fait qu’elle est agressive ?

 Moi ça me stresse énormément, je ne suis pas à l’aise quand on rencontre d’autres chiens et cela m’oblige à être toujours sur mes gardes donc ça me pèse.

2) Nous avons arrêté la discipline « le ring/mordant », je voudrais savoir qu’est ce qui n’a pas fonctionné ? Alors qu’elle a les capacités et une génétique (issue de champions) qui font qu’elle devrait y arriver et  elle ne doit pas douter de cela. C’est une athlète, elle a tout pour réussir.

  Est-ce que cette discipline ne l’intéresse pas ? Est-ce moi qui m’y suis mal pris, est-ce qu’elle est mal à l’aise avec l’homme d’attaque ? Si tel est le cas pour l’homme d’attaque, je veux la rassurer en lui  disant qu’elle n’a rien à craindre de lui ni de personne. Il peut être maladroit parfois mais n’est pas méchant et au contraire, on fait tout pour qu’elle y arrive. Je sens qu’il y a quelque chose mais que je  n’arrive pas à le définir. Comment pouvons-nous y remédier ?

3) Chienne très craintive (peur de l’orage et des bruits qu’elle ne connait pas). Elle a des difficultés à gérer ses émotions, et je ressens de l’anxiété chez elle, manque de confiance en elle. Peut-elle expliquer  l’origine de tout ça. Comment puis-je l’aider pour qu’elle soit apaisée ?

Dis-lui merci pour son message qui exprime toute la satisfaction qu’elle a pour moi, pour ma gentillesse et mon dévouement dans le travail qu’elle me demande. Je suis content des plaisirs que ça lui procure, mais j’aurais en tout premier, aimé qu’elle me dise qu’elle est heureuse de partager son quotidien avec moi et qu’elle m’aime. Ses messages et ses questions sont tous axés sur le travail, l’éducation, l’obéissance, la discipline…

Moi, j’ai avant tout envie de lui dire que je l’aime, et que ma mission auprès d’elle n’est pas celle de lui faire remporter des concours. Même si je suis issue de champions et que j’ai les capacités, ce n’est pas ma priorité. Dis-lui que mon travail auprès d’elle consiste à l’aider à se reconnecter à son petit enfant intérieur, à sa source et de l’ouvrir à l’amour inconditionnel. Se laisser le droit de s’ouvrir la porte de l’amour et de la compassion et d’aimer l’autre, pour ce qu’il est et non pour ce qu’il fait.

Elle, elle veut faire des concours avec moi, mais pour moi ce ne sera possible qu’à la condition qu’elle porte un autre regard sur moi, je suis son compagnon animal et j’ai besoin de sentir que nous sommes reliées par l’énergie du cœur et non l’énergie de gagner des disciplines. Son empathie envers moi doit dépasser son envie de remporter des trophées. Et là je me sentirai respectée et considérée comme sa fille, sa compagne.

Physiquement je me sens bien, et psychiquement je me sens un peu en souffrance pour les raisons que je viens de te dire, c’est vrai que j’ai toutes les compétences et pour cause j’ai hérité de bons gènes, mais cela ne signifie pas pour autant que je me sens à l’aise et à ma place dans tous ces exercices. Je suis disciplinée et obéissante  mais le ring mordant, ce n’est pas mon truc. Extrêmement sensible, j’ai besoin de câlins, de caresses et n’aime pas être formée à l’attaque. Je suis de nature beaucoup trop gentille pour ça. J’ai envie de jouer, de m’amuser et pas d’attaquer.

Toute petite, bien avant d’être sevrée, on m’a séparée de ma maman et je n’ai pas été socialisée correctement. Cela me crée aujourd’hui quelques problèmes et notamment des peurs. Les stimuli que ma génitrice aurait dû m’inculquer ont été déficients, et cela explique que je me sens en situation de stress et d’anxiété lorsque j’entends des bruits ou que je rencontre des situations nouvelles que je ne connais pas. Cela joue aussi et interfère beaucoup sur ma personnalité. Je manque de confiance en moi, en toi, en l’humain et dans tout ce que je ne connais pas qui est nouveau.. C’est parfois très handicapant pour moi, et lorsque les crises d’angoisses m’assaillent, je n’arrive pas à gérer.

C’est pareil pour les congénères, j’ai peur de ne pas être à la hauteur, ne pas savoir te protéger et cela me rend agressive vis-à-vis d’eux. Je préfère les attaquer pour qu’ils ne s’approchent pas trop près, et surtout de toi. Je me sens l’obligation de veiller sur toi coûte que coûte, et lorsque je grogne et montre mes dents, j’espère qu’ils comprennent le signal et nous laissent tranquilles.

Pardon, désolée d’être parfois un peu « rentre dedans » avec les autres chiens, alors que tu voudrais que je le sois avec l’homme d’attaque. Mais pour moi un humain ça ne s’attaque pas et si je m’en prends aux chiens c’est pour te protéger et te surprotéger. Je prends mon rôle de chien au sérieux, mea culpa, je crains d’avoir tout faux avec toi…