width=A mon arrivée sur le chemin, Nelson était couché sur son flanc droit. Il m’a regardée, un regard triste, vide et semblait accepter son sort. Lorsque je lui ai expliqué que c’était sa gardienne qui m’a demandé de communiquer avec lui pour lui donner des messages et lui poser des questions, l’expression de son regard a changé du tout au tout. Ses yeux se sont illuminés et il m’a regardé, avec cette fois-ci, un regard rempli d’espoir.

Malgré l’avis catégorique de la vétérinaire était-ce le bon moment?

Aurait-il vécu plus longtemps si j’avais détecté sa maladie plus tôt?

Ai-je été une bonne « maman » et a-t-il été heureux près de moi? Ai-je fait des erreurs? Ou bien y a-t-il des choses que je n’ai pas comprises?

Et surtout pourquoi était-il si agressif par moment y compris avec moi (attaques soudaines avec morsures et griffures) alors qu’il était si câlin, affectueux et fusionnel  en temps normal  (mais très peureux)

Cela avait-il un lien avec d’éventuelles maltraitances par mon ex compagnon avec qui j’avais adopté Nelson et qui a vécu avec nous pendant les 6 premiers mois de la vie de Nelson? Et enfin va t il me revenir car c’est mon souhait le plus cher (et comment le reconnaitre)


Dites-lui bien que je l’aime et que je l’aimerai toujours, comme je le lui disais tout le temps, et qu’il me pardonne si j’ai fait des erreurs, malgré tout l’amour et toute l’attention que je lui portais

Je n’ai pas d’enfants, il était mon bébé mon petit garçon, je ne peux accepter de ne plus jamais le revoir ni le serrer dans mes bras… depuis le 13 décembre j’ai l’impression de vivre un cauchemar, je vis seule et mon appartement me semble désespérément vide et sans âme…

Je sais combien mon départ lui est insupportable, elle a perdu son garçon, et son être n’arrive pas à accepter à cette terrible épreuve. J’étais âgé, sur mon chemin depuis quelques mois et j’ai eu le temps, depuis l’été dernier, de préparer mon départ. Elle aussi avait compris la gravité de ma maladie et malgré tout, elle n’était pas prête et n’a pas réussi à me laisser partir.

Pour elle le choc fut terrible lorsque le vétérinaire lui a dit qu’il n’y avait pas d’autre alternative que de m’aider à partir et c’est ce qu’elle a accepté et je la remercie d’avoir fait ce choix. Je sais combien cette décision lui était difficile et cruelle, mais elle aurait pu me ramener pour peut-être quelques heures, un jour tout au plus et mes reins se seraient complètement bloqués. Cela est très douloureux et elle m’a évité cette souffrance. Dis-lui de ne surtout pas avoir de regrets et de culpabilité maintenant. Elle a fait ce qu’elle devait faire mais doit maintenant comprendre qu’il est important pour moi de faire ma transition pour me reposer et me ressourcer.

Ici je ne vais pas mal, je n’ai plus de douleur, je me sens très léger, mais ce n’est plus ma place et je lui pompe son énergie, et tant que je suis à côté d’elle, elle ne pourra faire son deuil. Je sais qu’elle n’était pas prête et elle ne l’aurait de toute façon jamais été. J’étais son bébé, son garçon et elle se sentait pleine lorsque j’étais là. Depuis que je suis parti, elle se sent vide, son appartement est vide, sans âme comme elle le décrit très bien.

Dis-lui que ma maladie était très sournoise et lorsqu’on la détecte, ça n’est souvent plus possible de l’enrayer, d’ailleurs à mon âge, l’urée a complètement intoxiqué mon organisme, mais qu’elle ne culpabilise pas, c’était l’ordre normal des choses, et il faut bien, lorsque c’est le moment pour nous les animaux comme pour vous les humains, avoir une maladie pour partir nous reposer et nous ressourcer. C’est tellement rare de mourir tranquillement de vieillesse, ça arrive mais c’est souvent la maladie qui nous emmène de l’autre côté et il faut l’accepter parce que ça fait partie de la vie.

Ma mission consistait à lui apprendre le détachement affectif, elle va te dire « c’est drôle j’étais plus que tout attaché à lui, nous étions très proches, très fusionnels et nous nous aimions pardessus tout ». Mais le détachement affectif n’a rien à voir avec l’amour que nous avons partagé, non lui apprendre le détachement affectif c’était lui apprendre à vivre ses relations affectives sans dépendance ni Co dépendance, lui apprendre à vivre plutôt seule que mal accompagnée, lui apprendre à vivre sans être obligée de porter l’autre.

Cette mission je l’avais réussie, elle était terminée et je peux à présent remonter et me ressourcer avant de lui revenir avec une nouvelle mission, celle de l’aider à avancer sur son chemin, de lui ouvrir le cœur sur d’autres dimensions et surtout de comprendre qu’on n’est jamais seul, qu’on a à l’intérieur de soi quelque chose qui vous donne la foi, la confiance et la force pour continuer sur son chemin de vie.

J’ai été très heureux avec elle et j’ai toujours vécu dans le présent, dans le ici et maintenant et je n’ai gardé aucune séquelle quant au mauvais comportement de son ex. Ce n’était pas un compagnon pour elle, c’était un être calculateur, manipulateur et ma présence l’a dérangé dès le premier instant, il a vite compris que je prenais toute la place dans son cœur et que j’allais jouer un rôle important dans sa vie.

Oui l’arrivé de ton bébé a beaucoup déplu à cet être dépourvu d’empathie et de générosité de cœur. Mais cela n’avait rien à voir avec mes réactions parfois agressives. Non, mon changement de comportement et mes peurs étaient liés à ma naissance, à la non socialisation de mes premières semaines, ma génitrice ne m’ayant pas appris le nécessaire qu’une mère doit apporter à son petit. C’est primordial dans la vie d’un petit chaton que la mère lui interdise les morsures et les griffures et la séparation e eu lieu bien trop tôt.

J’en suis désolé, cela n’a rien à voir avec elle ou une quelconque maltraitance subie. Moi aussi je l’aime et j’ai vécu une véritable vie de prince auprès d’elle. J’étais tantôt son bébé, son garçon mais aussi son prince, son roi. Je me suis senti aimé, choyé, câliné et malgré l’absence de socialisation, je n’ai jamais ressenti de manque et j’étais très heureux avec elle. Qu’elle n’en doute pas, elle a été la meilleure maman du monde qu’on puisse se souhaiter et mon souhait le plus cher, si tu m’aides à rejoindre le jardin des animaux, c’est de lui revenir très vite.

Nous avons encore de belles années à vivre ensemble et on ne va pas s’en priver. Ce ne sera pas très long, je pourrai lui revenir dès qu’elle se sentira prête à m’ouvrir les bras, et lorsqu’elle se mettra à ma recherche, je saurai me mettre sur son chemin. Là aussi le doute lui est interdit, elle saura me reconnaître au premier regard.

Dis-lui qu’elle ne peut pas longtemps rester sans moi, elle a besoin de moi, de mon énergie pour continuer à avancer.

Je me charge de lui transmettre tes messages Nelson. Es-tu prêt à présent à rejoindre le paradis des animaux ?

Oui je le suis et plus vite j’y serai, plus vite je pourrai lui revenir.

Il s’est mis debout et est venu à mes côtés sans aucune difficulté ni hésitation. Nous avons emprunté le chemin de lumière qui s’est ouvert à nous et lorsque nous sommes arrivés au pont des fleurs, je me suis arrêtée et il m’a dit :

Merci, merci à toi d’exister, merci à toi de nous aider à faire le passage, sans toi notre âme serait bien errante et aurait du mal à rejoindre ce haut lieu magique et surtout, surtout celui de pouvoir vous revenir. Merci à ma maman d’amour pour tout ce bonheur au fil de toutes ces années et à bientôt pour une nouvelle aventure.

Puis, très pressé, il a traversé le pont des fleurs et s’est mis à gravir les marches de l’escalier de l’arc en ciel.

Au revoir Nelson, à très bientôt !