width=La connexion avec Oscar s’est faite dans cette belle et magnifique clairière qui se trouve juste avant l’entrée du paradis des animaux. Il était assis dans l’herbe et regardait les papillons virevolter d’une fleur à l’autre, et lorsqu’il m’a vue il m’a dit :

Approche, je t’attendais. Je sais que c’est ma petite maman qui a fait appel à toi pour me délivrer un grand message d’amour, je sais qu’elle avait besoin de m’écrire, de s’exprimer à travers toi afin de pouvoir enfin retrouver la paix dans son cœur et son esprit, et faire son deuil.

Je me suis présentée et lui ai lu la longue missive de sa gardienne :

« Oscar, mon didou, mon bébé

 Voilà maintenant un mois que tu es parti. Que ce « chauffard » t’a arraché à nous.

 Un mois compliqué, où j’ai perdu une partie de moi. 

Je pense à toi tout le temps. Mon bébé, tu me manques éperdument, à ton papa aussi !

 Je voulais que tu saches que nous t’avons cherché le jeudi soir. Je trouvais bizarre que tu ne rentres pas vers 19h00 / 20h00 comme d’habitude. C’était ton heure ..

Plus tard je t’ai appelé, tu ne répondais pas.

Nicolas a fait le tour, dans tes coins préférés. Nous sommes allés à ta recherche un peu plus tard dans la soirée. Il faisait déjà nuit. 

Le vent s’est levé très fort. Il a plu. J’étais très inquiète. Tu devais avoir froid tu devais avoir peur.

 Nous t’avons appelé et avons agité un sachet de ta nourriture préféré car on savait que tu rappliquerais aussi vite. En vain.

Je sentais que quelque chose n’allait pas. J’ai mis des annonces sur les réseaux sociaux… j’ai surveillé toutes les heures mon téléphone.

 Le lendemain matin, papa a également refait un tour du quartier. Rien à l’horizon.

Nous pensions que tu étais enfermé dans un garage ou une cave. Je l’espérais. C’était moindre mal.

 Le matin je faisais le tour des garages je t’appelais. J’ai montré ta photo à un voisin. C’est marrant mais c’est le Monsieur chez qui tu voulais rentrer l’après-midi même, petit fripon.

Il m’a dit t’avoir vu et qu’il me tiendrait informée.

Et puis …

On m’a envoyé une photo de toi prise après l’accident en réponse à mon annonce.(cette image restera gravée à jamais)

 J’ai hurlé de douleur !! J’ai couru partout pour te retrouver. La police municipale t’avait gardé.

 Oscar, mon didou, mon lapin, tu étais jeune, trop jeune pour partir.

 Même si j’appréhendais que tu sortes, je me disais que c’était pour ton bien, tu en ressentais le besoin .. 

J’étais rassurée quand même car tu étais sage à l’extérieur. Tu ne te baladais jamais trop loin de la maison. 

C’est vrai que j’avais peur tout le temps pour toi (sans doute trop)

Qu’un chat t’agresse, que tu te fasses empoisonner par un voisin méchant. Qu’on te vole à moi… j’appréhendais l’accident de voiture mais je crois que c’est ce qui me faisait le moins peur (enfin je ne sais pas car tout me faisait peur)

Il n’y a pas beaucoup de passage dans la rue… je me disais que ça irait quand même et qu’il fallait que je lâche un peu. Surtout que tu revenais plusieurs fois dans la journée pour manger ou te poser ou discuter…

 Je m’en veux cruellement de n’avoir pas su te protéger, et je regrette de n’avoir pas été là au moment de l’accident pour t’accompagner, que tu sentes mon odeur et mes mains sur toi dans cette ultime épreuve.

 Je crois que je n’ai pas vraiment de questions. Disons que j’ai peur des réponses. J’ai surtout envie que tu saches que je t’aime fort et ce dès la première seconde.

 J’ai ce sentiment de ne pas avoir été une bonne maman avec toi.

 J’ai parfois manqué de patience à ton égard. J’ai parfois été très prise par mon travail et pas autant disponible que je ne l’aurais voulu.

 J’espère de tout coeur que ta vie auprès de nous a été bonne et confortable.

Je sais que tu avais un besoin fort de sortir, de grimper partout où tu pouvais. Tu étais un petit aventurier, un curieux …

 J’espère avoir pu accéder à tes besoins en te laissant profiter de l’extérieur ces trois derniers mois, dès que nous l’avions pu, et que tu étais enfin heureux et épanoui ? 

 Ton arrivée dans notre vie a été une bénédiction.

À la seconde où je t’ai vu sur photo j’ai craqué. Quand je t’ai vu en chair et en os je suis tombée amoureuse.

Tu étais un chat magnifique, d’une beauté inégalée..tout le monde le disait.

 Tu étais ma fierté. Tu étais drôle aussi, tu nous faisais rire avec Nicolas. Tu étais doux .. et tu avais aussi ton petit caractère … je ne savais pas toujours comment te prendre ou comment faire avec toi.

 Les dernières semaines tu communiquais beaucoup avec moi. Je n’ai peut-être pas toujours compris ce que tu voulais … 

 Le dernier jour vers 18h00 quand je t’ai vu pour la dernière fois tu me parlais beaucoup en me regardant dans les yeux. Que voulais-tu me dire ? 

 Ta douceur et ta chaleur nous manquent et nous manqueront toujours.

Tu n’étais pas toujours câlin, tu étais assez indépendant, mais tu n’étais jamais bien loin de nous. 

 La maison est vide sans toi.

 Tes réveils le matin nous manquent (qui aurait pensé que je dirais ça un jour)

 Nos petits rituels me manquent. 

 Tes cadeaux et trophées me manquent. (J’étais fière de l’os de poulet que tu m’as offert généreusement sur le canapé, sache-le)

Tes miaulements et roucoulements me manquent. Ta façon de t’imposer sur mon bureau quand je travaille me manque. Absolument tout de toi me manque. 

 Tu réchauffais mon coeur, mon être tout entier. 

 Nous adorions quand tu venais nous rejoindre dans le lit pour dormir entre nous, sur nous, contre nous de tout ton long, quand tu « patounais » sur nous.

 D’ailleurs le jour de ton départ, tu es venu « patouner » sur moi deux fois l’après-midi. Comme j’adorais ces moments câlins que nous avions ensemble.

 Je te cherche encore, je t’attends et je t’espère encore, en vain.

J’ai gardé ton collier. Je le porte sur moi. J’ai gardé tes jouets. J’ai toutes ces photos et vidéos. Et j’ai ton souvenir dans ma tête et mon cœur à jamais.

 Nous t’avons installé dans le jardin. Pour que tu sois près de nous pour Toujours &#x2764,&#xfe0f, Je te souhaite d’être apaisé et j’espère que tu pourras grimper et courir partout là où tu es. 

 J’ai laissé passer du temps avant de t’écrire. Je voulais te laisser partir sereinement.

La douleur reste intacte. Il est difficile de parler de toi et de penser à toi sans pleurer …

 J’essaie de reprendre le cours de ma vie.

 Nous avons adopté un nouveau petit chat qui nous rejoindra prochainement. Cela ne veut pas dire que nous t’oublierons. Nous ne te remplaçons pas … tu es et seras irremplaçable 

 Je t’aime mon bébé chat ! »

 Et pendant que je lui lisais le contenu, j’ai vu des larmes perler dans ses yeux, et ce beau et majestueux chat, avec un charisme inégalé s’est mis à pleurer. C’était très émouvant, j’avais les larmes qui coulaient le long de mes joues et ma gorge se serrait. Lorsque je me suis arrêtée, il m’a dit :

Tu comprends ma tristesse, tu vois combien mon départ la plonge dans une grande et immense souffrance, et ce n’est que lorsqu’elle t’a écrit son message que je me suis dit , tu ne peux plus rester là, tu ne peux plus rester dans son entourage, tant que tu restes elle sera incapable de retrouver un peu de paix, et cela m’a aidé et décidé à faire le passage.

Depuis hier je suis monté dans cette belle et lumineuse clairière et je t’attendais. Depuis hier j’ai enfin trouvé ma place, et après notre échange je pousserai la porte du paradis des animaux pour me ressourcer.

Dis-lui merci pour son merveilleux et grand message d’amour. Dis-lui qu’elle me manque beaucoup aussi et que je l’aime. Tous les deux ils me manquent, ils étaient ma maman et mon papa et je les aime et les aimerai toujours. Dis-lui aussi de ne plus se torturer l’esprit, dis-lui que j’ai mal pour elle de la voir dans une telle souffrance. Demande-lui pardon de ma part, j’étais un chat aventurier, téméraire et rien ne me faisait peur. Je regrette tant de ne pas avoir été plus prudent ce jour où cette voiture m’a fauché.

J’étais en train de chasser, et complètement excité par cette grosse souris que je coursais et avec qui je m’amusais, elle a traversé la route et je l’ai suivie, complètement absorbé par mes pulsions, lorsque cette voiture m’a heurté violemment. Ne t’inquiète pas, je n’ai pas eu peur, c’était bien trop rapide et le choc m’a aussitôt fait sortir de mon corps. Je me suis réfugié dans mon corps astral et je n’ai ressenti aucune douleur. Lorsque j’ai vu mon corps physique couché sur le bitume, je savais qu’il m’était impossible de le réintégrer, que c’était fini pour moi.

J’ai tout de suite pensé à vous, à toi et je savais que ce serait un drame terrible pour vous. Je sais que tu as du mal à accepter mon départ et je suis si désolé de t’infliger cette immense peine. Ne culpabilise pas, tu n’y es pour rien, cet accident tu ne pouvais pas l’éviter.

J’étais un chat plus de type sentinelle. Oui j’avais plus la mission de m’occuper et de nettoyer les énergies du jardin, de l’environnement, de la rue et du quartier. Etant le seul chat de la maison, je me chargeais aussi de vos énergies et de celles du lieu et tantôt je vous patounais pour vous nettoyer et aussi pour vous donner quelques câlins, car malgré mon tempérament affirmé, j’avais aussi besoin de recevoir de la tendresse et de vous en donner. Et puis j’aimais communiquer avec toi, j’avais du plaisir à te faire comprendre que j’étais heureux et content du travail que je faisais, car même si la rue vous semble tranquille, il y a du taf dans le quartier.

Lorsque ce jour je t’ai regardée si profondément dans les yeux c’était pour te dire que je devais encore ressortir pour nettoyer chez les voisins, et que j’étais bien heureux que chez vous l’endroit soit beaucoup plus zen, mais au lieu de remplir ma mission dans cette incarnation terrestre, je me suis laissé divertir par mes instincts de chasseur et cela m’a hélas couté la vie.

Mea culpa pour ta grande douleur. Je me sentais si proche de toi, j’étais ton bébé et tu as toujours pris si bien soin de moi. J’ai eu une vie, même si elle fut très courte, merveilleuse avec vous et malgré les peurs que tu pouvais avoir de me perdre, tu n’as pas hésité et tu m’as laissé beaucoup de liberté. Je t’en remercie, j’en avais besoin pour être heureux et m’épanouir. M’en priver aurait été m’empêcher de remplir ma mission et je serais tombé malade. Cette fatalité nous a séparés, mais tu sais, mon âme perdure et reste reliée à la tienne et je te reviendrai.

Si tu te sens prête à me retrouver, maintenant que j’ai la chance d’avoir rejoint ce haut-lieu magique, je peux redescendre très vite et m’incarner dans le corps physique de ce petit chat que vous venez d’adopter. Ce sera à toi de le décider, moi je le souhaite et je te reviendrai cette fois-ci avec la mission de chat timbre-poste et t’apprendre le détachement affectif, t’apprendre à aimer sans avoir peur de perdre celui que tu aimes et de ne pas vivre dans la dépendance ou la co-dépendance.

Vous avez bien fait de me mettre à côté de vous dans le jardin, mais ce ne sont que les restes de mon enveloppe corporelle. Mon âme peut vous voir et vous entendre, je peux vous faire des signes et je peux vous revenir très vite. Je me sens bien, apaisé, et mon corps est réparé. Je peux de nouveau courir et jouer mais je laisse mes anciennes proies tranquilles. Ici tout est en paix et en harmonie, et mon souhait le plus cher à mon cœur est que toi aussi tu retrouves la sérénité et la paix. Ne me pleure plus, je t’aime et je t’envoie de bonnes énergies pour t’aider à avancer sur ton chemin. J’espère que tu sentiras très vite prête à m’ouvrir à nouveau la porte de ton cœur. Il ne tient qu’à toi de me retrouver t je te reviendrai dans le corps physique de ce petit chat.

Je t’aime et mon papa aussi. Vous êtes ma famille, je suis votre garçon, votre didou, votre bébé. A bientôt alors !