width=J’ai rencontré Peluche assise devant le pont des fleurs. A mon approche elle a levé la tête vers moi, je me suis présentée et lui ai expliqué que ses gardiennes étaient en grande souffrance et que j’avais des messages et des questions à lui poser :

Le manque est insoutenable, il y a une partie de moi qui est brisée. Je voudrais lui dire que je l’aime profondément, et que je suis désolée de n’avoir pu la sauver. Elle sera dans mon cœur à jamais, je dors avec une boîte où il y a quelques boules de ses poils. Je n’oublierai jamais son regard, son ronronnement, nos « conversations », ses jeux et ses bêtises qui me faisaient tant rire. 

 Comment a-t-elle vécu ses derniers instants, est ce qu’elle s’est sentie abandonnée? Etait-elle prête à nous quitter? (Le matin de son départ, elle a eu la force de monter dans mon lit me faire un câlin puis elle a puisé dans ses forces descendre au rez de chaussée et faire le tour de la maison, avant d’uriner du sang et se coucher dans sa litière…). Et surtout pourquoi on nous l’a enlevé si tôt, si jeune. Ma fille de 11 ans et moi-même avions une relation fusionnelle avec elle, nous avions une forme de dépendance affective, nous sommes dévastées et ne comprenons pas. Nous avons tant besoin d’elle. Pourquoi elle est partie? Où est-elle, nous fera t’elle des signes? Est-elle soulagée ou souffre t-elle de ne plus être avec nous? Est ce qu’elle m’en veut de ne pas l’avoir emmener moi-même pour son dernier voyage ( jai fait tous les rdv vétos, spécialiste, me suis pris de plein fouet les verdicts, les espoirs et rechutes, donc mon mari a voulu m’épargner pour la toute fin.).

 Au-delà de toute cette peine, je m’interroge sur la vie globalement. Pourquoi nous apporter un chat d’une gentillesse extrême, nous apporter de la légèreté, du répit après un passif douloureux, pour ensuite la faire souffrir et nous faire souffrir ensuite?

 Ses yeux tristes exprimaient également beaucoup de souffrance et elle m’a dit :

Je n’ai plus aucune douleur, je ne ressens plus aucune souffrance physique, mais leur souffrance émotionnelle, leur grande peine, leur détresse profonde et leur incompréhension totale me font beaucoup de peine. J’ai mal pour elles et cela me rend si triste pour elles.

Dis-leur que je vais bien, que je suis soulagée de toutes les douleurs, et que je me sens très légère, mais ils me manquent tous autant que je leur manque. Je sais que mon départ les plonge dans une grande détresse, aussi bien ma maman que ma grande sœur et cela m’a empêché de faire le passage.

Depuis qu’elle a pris l’initiative de t’envoyer le message pour échanger avec moi, depuis j’ai compris que c’était urgent et important pour elles que j’arrête de rester dans leur environnement, car je puisais dans leur énergie et ce n’était bien, ni physiquement, ni moralement pour elles et que c’était même dangereux car elles risquaient toutes les deux de craquer.

J’ai pris sur moi pour les laisser et j’ai emprunté ce beau chemin très lumineux avec des petites lumières en forme de cœur qui m’accompagnaient tout le long, et arrivée ici devant le pont des fleurs j’ai manqué de courage. Je n’ai pas peur de faire le passage, au contraire, je sais que de l’autre côté tout est beau, en paix et en harmonie, mais arrivée devant ce pont, j’ai eu peur de les laisser, car je sais combien elles sont malheureuses.

Je l’ai rassuré, je lui ai dit que tout se passera bien pour elle, sa maman et sa sœur, que je leur transmettrai ses messages et ses questions et qu’elle n’a plus aucune crainte ni hésitation à avoir, que tout se passerait bien pour eux tous à présent. Son regard changea aussitôt d’expression, elle est venue se frotter à mes jambes en miaulant pour me dire merci et me réclamer un peu de caresses. Je l’ai longuement caressée jusqu’à ce qu’elle me dise :

Oui ici ce n’est plus ma place et il me tarde à présent de rejoindre le jardin des animaux afin de me reposer et de me ressourcer, et surtout de préparer mon retour. Et lorsque j’aurai rejoint ce haut-lieu magique, elles se sentiront également rassurées, apaisées et pourront commencer à faire leur travail de deuil. Elles retrouveront paix et harmonie dans leur cœur et esprit et pourront commencer à faire des recherches pour me retrouver.

Dis-leur que je les aime et que je suis désolée de la grande détresse que mon départ leur inflige. Dis-leur que j’étais un chat de type timbre-poste et j’étais chargée d’ apprendre le détachement affectif à ma maman. De lui apprendre à aimer sans dépendance ni codépendance, de lui apprendre à aimer d’une manière fluide sans étouffer l’autre et être constamment inquiète de comment va sa fille, de la surveiller constamment et d’être sur le qui-vive à longueur de journée.

Et puis ma sœur avait besoin de moi encore plus que ma maman, j’ai un peu endossé la même mission auprès d’elles deux. Et puis surtout il fallait les nettoyer énergétiquement toutes les deux et le lieu aussi. Cela m’a fait beaucoup de travail et m’a coûté beaucoup d’énergie,  je sais que j’ai eu tort, j’aurais dû me ressourcer beaucoup plus avec les énergies de la terre, car je portais souvent des choses qui ne m’appartenaient pas.

Cela m’a rendu fragile et je suis tombée malade, mais qu’elles ne culpabilisent surtout pas. Ce n’est pas de leur faute, c’est moi qui n’ai pas été assez vigilante, je n’ai pas compris que c’était un peu au-dessus de mes forces et j’ai préféré, tout en sachant que ce serait un drame difficile à vivre pour elles, remonter un petit laps de temps pour me ressourcer et leur revenir dans un corps physique en pleine forme, afin de pouvoir remplir mon travail et mon rôle de guérisseur en plus dans ma prochaine incarnation physique.

Voilà la raison de mon départ, ne vous tourmentez pas et ne vous torturez pas l’esprit. Si on m’a rappelé au paradis des animaux, c’est parce que je vais vous revenir, avec en plus la mission de vous soigner physiquement et moralement.

Moi aussi je vous aime, je sais que je vous manque et je suis si heureuse de savoir que je vais pouvoir vous aider encore plus. Ne t’inquiète pas, je sais combien cela t’a été difficile et que tu ne m’as pas accompagnée chez le vétérinaire parce que tu ne le pouvais pas, je ne me suis pas sentie abandonnée, papa était là et a fait les choses comme elles devaient se faire.

Ne vous inquiétez pas non plus, les souffrances physiques, j’arrivais à les gérer, je me réfugiais dans mon corps astral. Et puis il fallait bien que vous compreniez pourquoi ce départ si jeune, alors que nous avions encore tellement de choses à vivre ensemble. Le seul regret que vous devez avoir, c’est celui de vous accrocher trop à moi et de vivre dans le passé. Je sais que tu te sens vide à l’intérieur de toi et qu’il y a un grand trou dans le cœur de ma frangine, mais il faut que vous compreniez que ce n’est que mon corps physique qui n’est plus. Mon âme est éternelle et reste toujours reliée à la tienne, elle aspire à vous retrouver très vite, car vous avez toutes les deux besoin de mon énergie pour vous soigner dans tous les sens du terme. Je reviendrai avec cette belle tâche à accomplir pour vous.

Et puis ma sœur comme tu dis, a une sensibilité extrême et a bien ressenti ma présence, elle a à travers moi beaucoup de choses à comprendre et apprendre. Ne me pleurez plus et réjouissez-vous de me revoir bientôt.

Je vous aime et suis pressée de faire le passage maintenant.

Puis elle a traversé le pont et s’est noyée dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel. A bientôt Peluche, repose et ressource-toi.