Lorsque je suis arrivée sur le chemin, Pita m’y attendait. Elle était assise figée à cet endroit et ses yeux exprimaient une grande tristesse. Je me suis approchée et lui ai expliqué que j’avais des messages et des questions de la part de sa gardienne, et avant même que je ne lui lise le contenu elle m’a dit :

Que je suis contente que tu sois là, que je suis rassurée de voir que tu me vois, eux tous, ma maman et toute la famille passent à côté de moi sans me voir. Seule Esya reste un peu mais elle est très perturbée et elle sait qu’ici ce n’est plus ma place, elle sait que tant que je reste là, je m’accroche à eux tous et leur pompe leur énergie, et que surtout- ma petite maman ne pourra retrouver la paix dans son cœur et son esprit. Et moi tant que je reste ici entre deux et qu’on ne m’aidera pas à faire le passage, je ne peux me reposer et me ressourcer.

J’étais jeune pas de bobos dus à l’âge et je n’ai pas besoin à vrai dire de me reposer, si ce n’est que l’attente ici est longue, autant nous les animaux n’avons pas la notion du temps, autant lorsque notre âme est en errance on se sent en léthargie, en lévitation totale et on a comme la sensation de rester éternellement dans cet état d’être. C’est une souffrance pour nous et j’ai besoin d’aide.

Je l’ai rassurée et lui ai promis qu’après notre échange je l’accompagnerai jusqu’au pont des fleurs, et lui ai enfin lu le contenu des missives de sa gardienne :

Ma Pita… la première chose que je veux que tu sache ses que je t’aime. 

Je suis tellement désolé pour ce qu’il ses passer. Tellement désolé de ne pas avoir su veiller toi comme il le fallait. Tellement désolé de ne pas être venu vérifier si tu été bien dans la salle ce soir-là. Tellement désolé de ne pas avoir écouté papa et ne pas t’avoir laissé dans la cage. Tellement désolé de ne pas être venue te voir dans la nuit comme je le faisais à chaque fois… si je l’avais fait, j’aurais remarqué que tu n’étais plus là… pardonne moi ma fille, je m’en veut tellement. 

 

Ton départ m’a vraiment bouleversée. Je me sens vide. Je ne comprends pas ce qui a pu ce passer, je peux que imaginer … 

Jamais je n’aurais imaginé en me levant ce matin-là, te retrouver décédée, et servant de repas à un chat. 

 

Ma Pita Pardon ! Pardonne-moi s’il te plaît !

 

Que ses t-il passer ma fille ? À quelle moment t’es tu retrouver enfermer dehors ? A tu eu peur cette nuit-là toute seule dehors ? J’imagine que tu attendais tellement que je vienne t’ouvrir pour rentrer au chaud… mais moi pendant ce temps-là je dormais… tu as du tellement avoir peur et tellement souffrir mon lapin … en écrivant ses ligne je pleure, je pleure ton départ, je pleure mon manque de vigilance, je pleure la douleur que tu as pu ressentir, la peur que tu as du avoir… 

 

Tu n’avais que 9 mois, tu avais toute la vie devant toi et avec nous. Tu n’as passer que 6 mois auprès de nous, mais tu sais ma fille, sa a suffi pour que je m’accroche à toi. Tu laisses un vide énorme à la maison. Jayden te cherche, il demande où est sa « Ita » , alors je lui répond que tu as rejoint Lynka pour faire un gros dodo. 

 

Viens-tu nous rendre visite ? Quelle était ta mission auprès de moi ? Nous aimais-tu ? 

 

Tu sais, tous les jours Esya retourne à l’endroit où nous t’avons trouvé et elle y reste quelques minutes avant de rentrer. 

 

Tu me manques tellement ma Pita. Je donnerais n’importe quoi pour pouvoir te ravoir auprès de nous, effacer cette nuit horrible, et ne jamais te la faire connaître. 

 

Je veux que tu sache que jamais je ne t’oublierais. J’ai récupérer tes cendres que j’ai mis dans un jolie cadre à côté de Lynka. Vous êtes mes deux anges qui veillent sur nous. 

 

Et tu toute seule de l’autre côté ? A tu peur ? Nous voie tu ? 

 

J’espère que tu me pardonneras ma fille de n’a pas avoir su prendre soins de toi comme tu le méritais… j’aurais dû me lever cette nuit-là et je ne l’es pas fait… pardon ! 

 

Je t’aime ma Pita. Prend ton envole, soit heureuse et j’espère que un jour nos chemin ce re croiserons … 

 

Mon petit lapin, ma belle étoile, je t’aime. 

 

Mais pour quelle raison se sent-elle coupable ? De n’avoir pas remarqué que j’étais dehors ? De ne pas être venue me voir cette nuit-là ? D’avoir dormi, de s’être reposée ? Mais rien de plus normal pour un être humain, une maman fatiguée de sa journée de prendre du repos pour se ressourcer. Dis-lui de ne pas culpabiliser, sa culpabilité, ses regrets et sa profonde détresse, rajoutés à ce départ rapide, brutal et non programmé, m’empêchent de faire ma transition et de rejoindre le jardin des animaux. Or tant que je este ici mon âme est en peine et la sienne aussi Elle se sentira plus apaisée lorsque je ne serai plus là à m’accrocher à elle et lui puiser ses forces.

Dis-lui que je l’aime, elle était ma maman, je me suis considérée comme son bébé et la petite sœur du petit Jayden. Dis-lui qu’elle ne doit pas se torturer l’esprit, c’était un malheureux concours de circonstances, ce soir-là et je me suis retrouvée devant la porte fermée. Au lieu d’attendre devant la porte pour qu’on remarque que j’étais dehors, j’en ai profité pour aller sautiller à droite, à gauche, j’étais très curieuse et j’aimais renifler et découvrir de nouvelles choses, et la nuit arrivant me suis retrouvée piégée à mon propre jeu. C’était un accident, je n’ai pas été assez vigilante, cela me plaisait de gambader à droite et à gauche, et ce n’est que lorsque ce prédateur a commencé à me courser que j’ai compris que ce n’était pas que pour jouer, qu’il me prenait pour une proie, et au lieu de m’esquiver je suis restée comme ankylosée, complètement paralysée et impossible de prendre la fuite.

Il guettait mes réactions, mon petit cœur s’est emballé et n’a pas résisté. J’ai eu très peur et j’ai senti une très forte douleur dans ma poitrine comme un coup de couteau. Je suis aussitôt sortie de mon corps pour me réfugier dans mon corps astral, et je me suis vue allongée sur la terre, je savais que c’était fini pour moi, qu’il me serait impossible de retourner dans mon corps physique et le chat, le pauvre chat je ne peux lui en vouloir, il était affamé et son instinct primaire a repris le dessus. Je ne peux lui en vouloir, c’est hélas la loi de la nature. C’était un malheureux concours de circonstances et mon départ est dû à un accident cardiaque, tu n’as rien à te reprocher, si ce n’est d’avoir eu le besoin de te reposer cette nuit-là.

Ce qui est important maintenant c’est de m’aider à rejoindre le jardin des animaux. Ne me pleure plus, sèche tes larmes, tu sais que mes cendres ne sont que les restes de mon enveloppe corporelle, alors que mon âme à qui tu t’adresses aujourd’hui est éternelle et reste reliée à la tienne.

J’étais là pour t’accompagner sur ton chemin, pour veiller sur toi et le petit et pour vous apporter à tous les deux cette quiétude, ce profond bien-être que le règne des lapins peut vous apporter ou vous faire ressentir lorsque vous nous caressez. Cela vous permet de vous centrez et d’aligner vos chakras. Je sais que je te manque, que je vous manque à tous, mais il ne tient qu’à toi de me retrouver très vite. Un petit passage dans l’au-delà pour me réparer est nécessaire, mais ce ne sera pas long. Dès que tu te mettras à ma recherche, je me mettrai de nouveau sur ton chemin.

J’avais à peine commencé ma mission et elle est loin d’être terminée, je te reviendrai pour continuer mon travail auprès de vous.

Puis toutes les deux nous avons emprunté un chemin, de lumière qui s’est ouvert à nous, et lorsque je me suis arrêtée devant le pont des fleurs elle m’a dit :

Merci, dis merci à ma maman, j’ai beaucoup de gratitude, grâce à vous je peux maintenant prendre mon envol, et en attendant de te retrouver sur le plan terrestre, ton petit lapin, ta belle étoile veillera sur vous tous. Je t’aime ma petite maman et j’adore mon petit frère, Esya et mon papa.

Puis tout en sautillant elle a traversé le pont et s’est noyée dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel. Au revoir Pita, à bientôt !