width=Ma rencontre avec Pixel s’est faite au bord d’un chemin. Il était couché sur le ventre et m’a regardée avec beaucoup de curiosité. Je lui ai expliqué la raison de ma présence.

C’est à toi que je dois dire tout ce que je n’ai pas pu leur dire de mon vivant, et j’espère qu’après je pourrai rejoindre le jardin des animaux.

Je l’ai rassuré et lui ai répondu que je l’aiderai à faire le passage après, mais que j’avais aussi un message de la part de ses gardiens pour lui, et leur question était de justement savoir s’il avait aussi un message pour eux.

Nous l’avons tant aimé, nous l’aimons tant.

Nous pensions vieillir avec lui mais le destin en a décidé autrement. Il nous a accordé que 3 petites années. Nous n’étions pas prêts à cette séparation brutale, lui non plus. Et puis, il y a eu ce diagnostic sans appel chez le vétérinaire, il était condamné à très court terme. Nous avons été envahis par la douleur, la détresse, la colère. Nous ne voulions le laisser, perfusé, dans cette clinique froide et sans âme pour un résultat que nous connaissions déjà. Nous ne supportions pas l’idée qu’il souffre alors nous avons pris cette terrible décision, seuls alors que le vétérinaire était partis s’occuper d’un autre animal. Nous lui avons dit au revoir, dans les larmes. Il n’a pas pu faire de même. Nos regrets envahissent notre quotidien. Son absence est pesante. Mais, ce que nous voulons par-dessus tout, c’est qu’il trouve la paix et suive son chemin, porté par notre amour.

 Souhaite-t-il à son tour nous faire parvenir un message par votre intermédiaire ?

Oui j’ai été plus qu’un compagnon chat pour eux, j’étais leur enfant. J’étais son bébé. Je n’ai pas eu la chance d’être materné par ma mère, mais je l’ai été à mon arrivée chez elle. Elle m’a accueilli les bras ouverts et j’ai vécu 3 années de grand bonheur avec eux. Je me suis senti comme un être humain, j’étais son petit garçon et ma présence remplissait son être d’amour et de compassion. Jamais elle n’a connu une telle complicité, jamais elle n’aurait pu imaginer une telle fusion. J’étais elle, elle était moi et inversement.

Je suis arrivé chez elle le jour de son anniversaire, un vrai cadeau de la vie, et être obligée de m’aider à partir alors que j’avais encore tant d’années et tant de choses à vivre avec eux est pour eux cruel, injuste et très douloureux. Par amour pour moi ils ont fait le choix de me laisser partir, mais ils n’étaient pas prêts et moi non plus. Cela m’empêche aujourd’hui de rejoindre le pont des fleurs, je reste là entre deux et je les vois et surtout elle, se morfondre de douleur.

Elle a beaucoup de peine, son cœur me pleure tous les jours, à chaque instant et elle n’arrive pas à me lâcher et à faire son deuil. C’est normal, tant que je reste là je puise leur énergie et elle ressent de la colère, de la tristesse et une grande souffrance.

Dis-leur que je les aime, dis-lui qu’elle était ma maman d’amour et que je me sentais son petit prince. Je n’ai pas eu de chance, je suis né avec cette maladie déjà en moi et on ne pouvait rien pour moi. Moi aussi j’aurais aimé grandir et vieillir avec eux, mais c’était impossible et je n’aimais pas rester seul dans cette clinique.

Qu’ils n’aient pas de regrets, je n’ai pas pu préparer mon départ et eux non plus, cela m’empêche aujourd’hui de rejoindre le jardin des animaux alors que je n’aspire qu’à cela pour me reposer et me ressourcer avant de leur revenir dans le corps physique d’un chat noir et blanc et en forme physiquement.

Pourquoi n’avoir pu rester que 3 années dans cette incarnation ? Parce que je suis né avec cette maladie. Pour leur faire comprendre (ils ont tous les deux peur de la mort) que notre âme animale ou humaine est éternelle et que la mort et la renaissance existent. Qu’ils n’en doutent pas, qu’ils aient la foi et ils seront très rapidement surpris du cadeau que leur offre le ciel et la vie.

Car moi je ne veux pas rester là-haut, ma mission consiste à lui faire prendre conscience qu’il y a une vie après la mort et que ses croyances ne sont pas justes. Je reviendrai chez elle et elle aura encore beaucoup de joies et de plaisirs à me choyer et me câliner. Je leur manque et ils me manquent aussi et les enfants également et un passage là-haut est nécessaire pour pouvoir leur revenir.

Je transmettrai tes messages Pixel et si tu es prêt, je t’accompagne un petit bout de chemin jusqu’au pont des fleurs.

Je suis prêt, ici ce n’est plus ma place et je veux retrouver la lumière et le paradis des animaux.

Il est venu à mes côtés et nous avons emprunté le très beau chemin de lumière qui s’est ouvert à nous et arrivés au pont des fleurs, il m’a dit :

Merci à toi, merci à eux, à ma maman d’amour, je n’ai pas peur de traverser le pont, elle est là, elle m’attend et me tend les bras (m’a montré une petite fille) et je sais qu’elle me guidera jusqu’à l’escalier de l’arc en ciel.

Puis il est parti sans se retourner.

Au revoir Pixel, paix à ton âme !