La connexion avec Ploum s’est faite dans ce haut-lieu magique qui est le paradis des animaux. Elle était allongée de tout son long parmi d’autres congénères et ils étaient tous en admiration devant les farandoles de danses que formaient les papillons blancs, orange et dorés autour des arbres à papillons tous blancs et violets. Il y avait des anges blancs, orange et dorés qui s’entremêlaient et c’était très amusant à observer. Je me suis assise quelques instants dans les hautes herbes d’un vert fluo pour profiter de cet instant et me ressourcer. La lumière très vive me faisait cligner des yeux et lorsque je m’étais habituée j’ai appelé Ploum par son nom. Dès le premier appel tous les compagnons qui l’entouraient se sont dispersés pour me laisser la place de m’approcher d’elle, et arrivée à une distance respectable pour ne pas rentrer dans sa zone de confort je me suis arrêtée, me suis présentée et lui ai expliqué que j’avais des messages à lui transmettre de la part de sa gardienne et des questions à lui poser. Elle s’est aussitôt levée et m’a dit :

Approche, viens tout à côté de moi, j’attends cet instant depuis mon arrivée dans ce beau jardin et je suis si contente que tu sois enfin là. Je savais que pour elle ce serait difficile de me laisser partir, elle m’a aidée et ce choix fut cruel pour elle, mais et elle le sait il n’y avait pas d’autre solution et elle l’a fait par amour pour moi. Je sais combien cela a été terrible et douloureux pour elle et j’ai tant de peine pour elle, pour le mal que je lui ai fait. Mais dis-moi qu’as-tu à me dire ?

Et sans tarder je lui ai lu le contenu des missives :

Ma Ploum, mon bébé, mon rayon de soleil, j’aurais tant de choses à te dire mais je vais devoir te dire l’essentiel en espérant ne rien oublier.. tu es arrivée dans ma vie à l’improviste, de justesse avant mon départ de chez ma grand mere et tellement mal en point, sans savoir ce que tu avais vecue avant. Je t’ai alors emmenee, soignée et choyée, aimée comme mon enfant et tu t’en es sortie, fragile et forte à la fois.

Je n’ai jamais regrettée ma decision. Je te remercie tant de m’avoir choisie et de m’avoir donné tous ces bonheurs. Tu me manques terriblement mon petit cœur, la vie à la maison n’est plus la même sans  toi, si triste,  je te revois partout et dans toutes les situations, tu etais tellement presente autour de nous…j espère que tu as été heureuse avec nous.. 

Ma ploumette, j’ai beaucoup de mal à accepter ton depart, je m’en veux tellement si tu savais, je te demande pardon, pardon de ne pas su te proteger mieux, de ne pas avoir trouvé à temps ce qui te faisait souffrir et de t’avoir emmenee chez des soignants qui ont encore attendu au lieu de t’operer alors qu’ on avait trouvé ce qui pouvait te ronger de l’interieur. Tout ce temps perdu.. J’ai tellement de peine de t’avoir vu souffrir sans pouvoir t’aider mieux. Je t’ai veillée le plus possible à t’en agacer je m’en rends compte, mais je m’inquiétais tellement pour toi. Heureusement que Lyse a été là aussi pour toi et m’aider. Toi tu battais de toutes tes forces, ma guerriere, je le voyais bien, tu avais en toi cette force de vivre .

Ma Ploum, j’aimerai tant comprendre ce qu’il s’est passé pour en arriver à ce que tu ne sois plus parmi nous, comme si le sort s’était acharné ;

  • Qu’as-tu avalé pour que ton intestin soit boqué et te cause tous tes problemes de santé?
  • Tu avais perdu du poids et dormais un peu plus les semaines precedentes , te sentais tu déjà souffrante ou malade depuis plus longtemps,  et que j’aurais dû ou pu voir ?
  • Te sentais tu delaissée avec mon travail qui me prend trop de temps et surtout mon energie, ou parmi les autres animaux de la famille, à cause des quelques jours à la pension ou autre chose?
  • Les deux jours avant ton operation, que cherchais tu à me dire quand tu es venue dans la cuisine en me fixant longuement pendant que je préparais vos repas, un moment tellement fort pour moi ? ou alors quand tu es venue vers nous avec ta petite balle rouge coincée dans ta bouche, ou sur le canapé rejoindre Antoine ?
  • ta derniere nuit avec moi, tu m’a tenue la main avec tes pattes en la serrant fort avec tes ongles, ton geste si beau et dechirant à la fois comme pour me donner ta force ou prendre la mienne, quel message voulais tu me donner ?  
  • apres ton operation, je savais que tu te réveillerais, mais le veterinaire m’a contacté pour me donner de mauvaises nouvelles et me dire que tu souffrais trop. Toute la famille est venue avec moi et en nous entendant tu as cherché à bouger, te lever, j’aurai voulu mais je ne pouvais pas te prendre dans mes bras avec tes pansements, je sais qu’une partie de toi aurait voulu rentrer à la maison malgré tes souffrances . j ai tellement hésité en voyant ta force, je voulais tellement croire en cette belle surprise et attendre encore ..mon bébé, ai-je pris la décision que tu souhaitais, celle de t’aider à partir?
  • comment te sens tu à présent dans ce nouveau monde ? j’espere que tu es heureuse et que tu as gardé ta joie de vivre, au milieu de mes autres compagnons que j’avais déjà perdus avant toi..

Ma Ploum, je te disais souvent « heureusement que tu es là, qu’est ce que je ferai sans toi », dans tous les moments de ma vie et de ta petite vie tu as été là pour moi, tu m’as consolée au décès de ma petite grand-mère chère à mon cœur et je t’en suis tellement reconnaissante..

Je cherche un sens à ton départ mais je ne le trouve pas et je sais que je dois te laisser aller paisiblement de l’autre côté … peut-être auras tu envie de me faire un signe ??

Mon petit cœur, sache que je t’aime et que tu seras toujours dans mon cœur..merci, merci merci pour cette belle vie d’amour ..je t’aime..

Ton humaine, delphine..

 

Pendant que je lisais je voyais ses yeux devenir très tristes, et les larmes coulaient le long de ses joues sur son nez et tombaient sur ses pattes. Elle les léchait frénétiquement, visiblement très touchée et lorsque je me suis arrêtée elle m’a dit :

Que je suis émue, son message d’amour empreint de tant d’amour, de regrets et de mélancolie me retourne complètement, et je perçois jusqu’au fond de son âme la terrible souffrance que mon départ lui inflige. Dis-lui merci, merci pour son message d’amour et dis-lui que moi je l’aime très fort, d’un amour pur, profond et inconditionnel, elle représente à mes yeux et surtout mon cœur la personne, l’humaine à qui je tiens le plus au monde. Ce n’est pas ma gardienne, c’était  moi sa gardienne et j’étais chargée de lui apprendre le détachement affectif, lui apprendre à aimer en toute fluidité et sans dépendance ni codépendance. J’étais là pour l’aider à avancer sur son chemin et veiller à ce qu’elle trouve en elle la  force et le courage d’être là, au service des siens, et je n’ai pas terminé ma mission.

Le mal dont je souffrais était inguérissable, il me rongeait de l’intérieur et on ne pouvait plus rien pour moi. Je le savais et j’essayais de te le dire, de te le faire comprendre lorsque je te regardais fixement, mais aussi et surtout la dernière nuit où je voulais te dire que nous allions hélas devoir nous séparer un laps de temps, que j’avais besoin de monter au jardin des animaux pour me réparer, et que même si c’est très douloureux pour toi, moi j’avais la foi et le courage parce que je sais qu’on ne pouvait plus rien pour moi et que nous nous reverrons et pourrons continuer notre belle histoire d’amour ensemble.

Je t’ai toujours considérée comme ma maman, j’étais à la fois ton bébé, ton petit bébé d’amour, ta ploumette et toutes ces années, même si courtes passées ensemble, ont été des années de pur et grand bonheur. J’étais à la fois ta petite fille mais aussi ta gardienne avec la mission de t’aider dans les moments très difficiles comme lors du départ de ta grand-mère, cela a été une difficile épreuve pour toi, et te revoilà face à cette terrible épreuve avec mon départ.

Tu n’as aucun pardon à me demander, tu ne pouvais pas voir la gravité de mes maux, c’était un mal incurable, et de me permettre et m’aider à abréger les souffrances a été pour moi le plus beau et dernier cadeau que tu pouvais me faire. Je t’en suis si reconnaissante, j’ai beaucoup de gratitude pour le courage et la force que tu as trouvé en toi pour me permettre de tirer ma révérence dignement. Lorsque tu es venue, que vous êtes tous venus pour me dire au revoir, j’aurais tellement aimé vous ménager ces souffrances et revenir à la maison avec vous, mais grâce à vous je me trouve aujourd’hui dans ce magnifique oasis de paix et je me suis déjà bien reposée et ressourcée.

Je me sens de nouveau en pleine forme. Plus aucun bobo et je peux jouer avec mes compagnons. Je peux de nouveau courir et sauter, je me sens toute légère. Il faut que tu saches que tu ne pouvais rien pour moi et que le sens à ce départ est de comprendre que parfois il faut accepter les choses qui se présentent et qu’on se doit, même si c’est cruel, de les vivre, on se doit d’accompagner l’âme qui part et l’accompagner avec amour dans la lumière. C’est ce que tu as fait et je suis si fière de la belle personne que tu es. Ton âme est amour et compassion. Tu as tant d’empathie pour tous les êtres de la terre et c’est merveilleux de te connaître et vivre à tes côtés.

Je n’ai pas eu peur, c’était bien mieux pour moi de remonter, j’ai été bien accueillie, il y avait des êtres de la nature et surtout, surtout ta grand-mère. Elle était là les bras ouverts et m’a accompagnée dans l’escalier de l’arc en ciel. Elle est restée un petit moment et m’a chargé de te dire qu’elle t’aime d’un amour incommensurable et qu’elle veille sur toi et toute la famille.  Elle st bien là où elle est, mais voit et sait tout ce qui se passe pour vous. Tout comme moi aussi avec la volonté en plus de te revenir très vite.

Tu m’as aimée, choyée, soignée et respectée comme une partie de toi et ton cœur et la maison te semblent bien vides depuis que j’ai fait le grand saut. Nous étions très complices, très fusionnelles et tu as besoin de ma présence à tes côtés. Mon âme perdure, est éternelle et n’aspire qu’à cela. Te revenir dans un corps jeune et en bonne santé pour continuer à assurer mon rôle auprès de toi et t’aider à retrouver le sourire et la joie de vivre. J’essaie de t’envoyer des signes en attendant, soit attentive et dès que tu seras prête à retrouver ton petit cœur je me mettrai sur ton chemin. N’aie aucun doute, nous nous reverrons. Je t’aime et vous aime tous. Votre Ploumette