width=La rencontre avec Poggy s’est faite au bord d’une route, il était assis dans l’herbe le regard hagard. Il était comme figé à cet endroit malgré le soleil qui tapait très fort. J’avais l’impression que rien ne pouvait l’atteindre. Je me suis approchée de lui pour me présenter et lui expliquer que sa maman m’envoyait vers lui. Dès qu’il a entendu le mot « maman », il s’est tourné vers moi et ses yeux reprenaient une lueur d’espoir. Je lui ai dit que j’avais des messages et des questions de sa part :

J’aimerais comprendre ce qu’il s’est passé le jour où il s’est fait tamponner par une voiture, pourquoi est-il parti en courant et pourquoi ne s’est-il pas arrêté au rappel de mon copain qui le promenait ? 

Lui demander si il a été quand même heureux avec moi, même si notre relation maître-chien n’a pas duré très longtemps &#x1f97a,&#x1f622,

Et lui dire qu’il me manque énormément, chaque jour un peu plus, que c’est très dur sans lui, de ne plus pouvoir lui faire de câlins, ni de jouer avec lui… Que je l’aimais très fort comme mon propre bébé et que je l’aime et l aimerai toujours. Lui dire que c’était vraiment un amour de chien, un chien adorable que tout le monde aimerait avoir.

Si je dois reprendre un chien plus tard, je ne ferai plus les mêmes erreurs par rapport à son éducation. Et je ferai en sorte qu’il m’écoute vraiment au doigt et à l’œil, même détaché en promenade… Je ne m’agacerai plus pour des futilités telle que la destruction d’affaires personnelles que font souvent les chiots.

J’espère qu’il n’a pas trop souffert même si j’en doute. Qu’il est apaisé là où il est.

J’espère qu’ il m’aimait aussi fort que je l’aimais et que je l’aime. Il me manque terriblement j’ai encore du mal à digérer son départ. En espérant qu’il soit près de moi par la pensée, dîtes lui encore que je l’aime très très fort et que je ne l’oublierai jamais.

 

Après lui avoir lu le contenu, il s’est levé, il est venu à mes côtés et m’a dit :

Viens, on traverse la route, attention le bitume est brûlant même si moi je ne ressens plus la douleur, c’est mouvant, mais de l’autre côté il y a de l’ombre et tu seras plus à l’aise, car ici ça chauffe, même si moi je ne ressens plus cette chaleur, je sais que c’est très désagréable pour toi.

Il est passé en premier et docile, je l’ai suivi. Il s’est de nouveau assis dans l’herbe et m’a dit :

Tu sais, ça fait quelques semaines que je navigue entre ce lieu et sa maison. Tantôt je reste ici, figé comme un poids inerte et je regarde les voitures passer les unes derrière les autres, tantôt je suis avec elle dans son environnement et je la suis partout. Je sais que mon départ la plonge dans une souffrance terrible.

Lorsque l’accident est arrivé, le choc a été tellement violent que je suis aussitôt sorti de mon corps. J’ai senti une douleur poignante, vive mais ça n’a duré que quelques instants et j’ai essayé de continuer ma route, mais au bout de quelques pas je suis tombé et je me suis vu allongé sur le sol et je savais que c’était terminé, que c’était fini pour moi, qu’on ne pouvait plus rien pour moi et qu’il me serait impossible de réintégrer mon corps physique. La violence du choc, ce départ brutal, non préparé et ta grande détresse m’empêchent de faire le passage. Je suis soulagé qu’elle ait fait appel à toi, car j’ai besoin de ton aide. Ici ce n’est plus ma place et tant que je reste là je ne peux me reposer, me ressourcer, tant que je ne suis pas monté au jardin des animaux, mon corps ne peut pas être réparé et je ne peux pas trouver la paix et elle non plus, car mon âme est en errance et je m’accroche à elle et lui pompe son énergie. Peux-tu nous venir en aide ?

Je l’ai rassuré et lui ai dit que j’étais là aussi pour l’accompagner jusqu’au pont des fleurs après notre échange.

Merci, dis-lui merci pour son message d’amour, moi aussi je l’aime et c’était si bon de se faire câliner, j’adorais les mamours qu’elle me faisait. J’étais encore très jeune et j’avais tout à apprendre, mais nous étions déjà très proches, très fusionnels et elle était ma maman, ma tendre et adorable petite maman. Je me suis senti aimé comme son bébé, son petit garçon et ces quelques mois passés à ses côtés ont été merveilleux.

Bien sûr que j’ai été heureux avec elle et que, même si ce fut court, j’ai profité de sa présence et de son amour avec beaucoup de bonheur. Demande-lui pardon de la faire tant souffrir, moi aussi elle me manque énormément, même si je peux encore la voir, l’entendre et la suivre partout. Mais les caresses me manquent, les promenades me manquent et puis j’étais complètement fou lorsqu’on jouait ensemble.

D’un tempérament assez fougueux, j’étais actif et j’avais besoin de me dépenser. Ce jour-là j’ai cru apercevoir un lapin, un petit lapin (garenne) et je me suis précipité pour le suivre. Il a eu plus de chance que moi, il a traversé la route, alors que moi la voiture m’a heurté et on ne m’a pas laissé de chance. C’était un accident stupide comme tant d’autres, j’étais lancé et je n’ai même pas entendu qu’on me rappelait, tellement pris par l’envie d’attraper ce lièvre. Je suis désolé pour lui, ce n’est pas de sa faute, il se sent bien responsable mais n’a aucune raison de l’être. C’était mon heure ce jour-là et nous les animaux, comme vous les humains, lorsque ça doit se faire, ça se fait.

Peut-être aussi qu’on m’a rappelé là-haut pour me rappeler que j’ai une mission auprès de toi. Pour l’instant je n’ai pensé qu’à jouer, m’amuser, me faire bichonner et c’est toi qui a pris soin de moi, alors que mon travail à tes côtés consiste justement à te veiller toi et te protéger. J’étais là pour t’aider à avancer sur ton chemin et à t’ouvrir à l’amour inconditionnel. Tu es sensée, à travers moi, à te reconnecter à la source, à ton petit enfant intérieur pour le nourrir de tendresse. Tu en as manqué quelque peu dans la vie, et j’étais là pour te chérir. Je n’ai pas terminé cette mission et je te reviendrai pour la continuer. J’essayerai d’être un peu moins exubérant et de t’obéir même si les premiers mois j’ai des comportements un peu destructeurs, j’essayerai d’endosser mon rôle auprès de toi avec plus d’intérêt, et surtout je ferai plus attention à moi pour t’éviter de souffrir encore.

Je sais que c’est très difficile pour toi à comprendre et à accepter, mais tu te sentiras apaisée et tu pourras commencer ton travail de deuil lorsque je serai parti au paradis des animaux. Nos âmes sont reliées où que je sois, et de là-haut je pourrai t’envoyer des signes et te faire des coucous.

Et puis je pourrai enfin préparer mon retour. Mon âme sait que la tienne a besoin de ma présence pour continuer ta route et elle aspire à te revenir sur un plan terrestre pour pouvoir enfin commencer ma mission. Ma place est auprès de toi, depuis mon départ tu te sens bien vide à l’intérieur de toi et seul moi peut le combler ce vide. Même si tu es bien entourée, c’est de mon énergie dont tu as besoin. Alors ne tarde pas, mets-toi à ma recherche dès que tu te sentiras prête et je me mettrai à nouveau sur ton chemin.

Je t’aime ma petite maman d’amour et même si je ne ressens plus aucune douleur, te voir en grande peine me fait mal et j’ai envie de te voir heureuse, te voir rire et chanter.

Je lui ai promis de transmettre fidèlement ses messages et lui ai demandé s’il était maintenant prêt à faire le passage.

Je le suis

Puis ensemble nous nous sommes avancés sur un chemin de lumière qui s’est ouvert à nous. Lorsque je me suis arrêté devant le pont des fleurs, il m’a dit merci en aboyant joyeusement et a traversé le pont pour se noyer dans la belle lumière de l’escalier de l‘arc en ciel. Au revoir Poggy, à bientôt.