width=La rencontre avec Poivre s’est faite sur un chemin de terre, froid, triste et austère, aucune lumière, pas d’herbe ni de végétaux ou de fleurs. Poivre, lorsque je suis arrivée sur ce chemin, était assise et semblait prostrée, figée, collée sur ce sol. Je me suis approchée doucement pour ne pas l’effrayer et je l’ai appelée par son nom, une fois, puis deux et au troisième appel, elle a levé la tête qui était complètement penchée vers l’avant, vers la terre et je pouvais voir son regard triste, et l’expression de ses yeux me semblait être en grande souffrance.

Je me suis présentée et lui ai expliqué que c’était sa gardienne, sa maman qui l’aime, qui m’envoyait à elle pour lui transmettre des messages.

Que je suis heureuse que tu sois là, je sais qu’elle a fait appel à toi car nous avons toutes les deux besoin de ton aide. J’étais avec elle, à ses côtés lorsque douloureusement elle t’a écrit et je connais le contenu presque mot pour mot de ce message, mais lis-le moi stp.

Poivre chérie, mon bébé, ma fille, mon amour, ma jolie Poivre,

Je t’aime et je t’aimerai toujours.

Je te demande pardon de ne pas avoir été assez attentive à toi. 

Je me sens coupable de ce qui c est passée, ta maladie subite qui ta emportée si vite.  Tu semblais être en bonne santé. Je n’ai rien vu arriver. Je ne comprends pas ce qui s’est passé. Ton état s’est aggravé si vite. Je t’ai emmené à la clinique pour des soins mais ça n’a pas aidé. Ce dimanche 10 mai

 j’étais avec toi mon bébé et je voyais que tu souffrais, tu étais à bout de force. J’ai senti dans tes yeux et miaulements que  ton souhait était de partir en paix. J’ai pris la décision de t’endormir dans mes bras et avec tout mon amour.

Tu me manques tellement ma puce. Ton amour, ta douceur, ta patience et ta force ont rayonné ma vie durant ces 12 ans à tes côtés et continueront à rayonner ma vie. Tu fais partie de moi pour toujours. Je te remercie d’être entrée dans ma vie et pour ces 12 ans de bonheur passés avec toi.

J’espère que tu as été heureuse dans notre vie.

J’espère que tu es bien dans ton nouvel univers.

J’espère qu’ on se reverra à la maison ou dans  l’au-delà.

Je serais là pour toi ma jolie Poivre.

Donne-moi de tes nouvelles.

Va vers la lumière mon amour.

Ta maman qui t’aime.

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Merci, merci pour ce merveilleux message d’amour. Je sais qu’elle m’aime et que je lui manque beaucoup. Et merci à toi d’avoir pris contact aussi rapidement. Cela fait maintenant plusieurs jours que je reste là à attendre qu’il se passe quelque chose, qu’on vienne me libérer et que l’on m’aide à faire le passage. Parce que ici ce n’est plus ma place et tant que je reste là, entre deux, elle ne peut trouver la paix et ne peut commencer son deuil. Et moi je ne peux me reposer et me ressourcer. Tant que je suis avec elle, dans son environnement au quotidien, je lui puise son énergie, je m’accroche à elle et elle finira par tomber malade ou dépressive.

Un grand merci à toi de faire cette communication avec moi en priorité, le ciel te le rendra. Ma maman est en grande souffrance, mon départ si rapide la plonge dans une immense détresse et surtout une énorme culpabilité. Cela me rend triste pour elle et j’en souffre beaucoup. Elle est ma maman, je l’aime, je suis son bébé, sa petite fille, son amour.

Elle m’a toujours considérée comme un humain avec grande délicatesse et respect, et surtout beaucoup d’amour et de tendresse. J’ai vécu pendant toutes ces années une vie de princesse auprès d’elle et nous étions si fusionnelles. Je lui ai donné beaucoup de tendresse aussi, et nos câlins étaient du pur bonheur. Je sais que je lui manque et qu’elle se torture l’esprit, qu’elle porte une grande culpabilité quant à mon départ si rapide.

Dis-lui de ne pas s’en vouloir, ce mal a été sournois et elle ne pouvait pas le voir, et puis aussi je ne le voulais pas. J’étais sur mon chemin depuis l’entrée de l’hiver et je préparais mon départ à mon rythme. Si je ne le lui faisais pas voir c’est parce que je savais qu’on ne pouvait rien pour moi et que ce serait mieux de monter faire un petit passage au jardin des animaux afin de pouvoir me ressourcer et lui revenir dans un corps sain et en bonne santé, car nos âmes sont reliées.

J’étais un chat de type timbre-poste et j’étais chargée de lui apprendre le détachement affectif. Je n’ai pas terminé ma mission auprès d’elle, elle a encore et toujours besoin de moi et de mes énergies pour continuer son chemin, et mon âme aspire évidemment à lui revenir très vite sur un plan, terrestre. Mais seulement voilà, pour pouvoir préparer mon retour, un petit passage au paradis des animaux est la condition sine qua none.

Dis-lui qu’elle a fait le bon choix de m’aider à partir, j’étais prête et je sais qu’elle a eu le courage de prendre cette décision si difficile par amour pour moi et je lui en suis tellement reconnaissante. Mais maintenant il faut aussi accepter ce choix et me laisser partir.

Lorsqu’elle a fait appel à toi, c’est parce que le besoin s’en est ressenti très fort pour elle et pour moi et je lui en suis encore une fois très reconnaissante. Où que je sois je reste reliée à elle, et comme toute maman, elle a bien senti que moi aussi j’avais besoin de ton aide pour aller vers la lumière. Et je sais qu’elle est toute proche, juste au bout de ce chemin très gris et je suis pressée maintenant que tu ailles lui donner mon message, et de rejoindre le jardin des animaux.

Dis à ma maman que je l’aime et que ce ne sera pas long, notre séparation ne sera pas longue. La mort est un nouveau soleil et lorsque j’aurai fait le passage elle se sentira apaisée et moins malheureuse. Elle se sentira en paix et pourra enfin commencer son travail de deuil. Et moi je pourrai préparer mon retour, et comme l’espace-temps là-haut n’est pas du tout le même qu’ici-bas, ça pourra être très rapide. Elle a besoin de moi et de mon amour pour se sentir pleine à l’intérieur d’elle. Dès qu’elle se mettra à ma recherche, je me mettrai sur son chemin. Qu’elle me fasse confiance, sa petite puce, sa princesse l’aime et elle aussi a besoin de la retrouver.

Puis elle s’est agitée, elle est venue à côté de moi et ensemble nous avons emprunté ce chemin, qui au fil de nos pas devenait de plus en plus lumineux. Lorsque nous sommes arrivées devant le pont des fleurs, elle l’a traversé zen sautillant. Au revoir Poivre, à bientôt.