Praline m’attendait sur un chemin gris et austère. Elle était assise, le regard vide, sans expression. Je me suis approchée lentement, et lorsqu’elle m’a vue ou senti ma présence, elle a levé la tête vers moi et ses yeux si tristes quelques instants auparavant reprirent une lueur d’espoir. Elle me regardait curieusement, un regard profond et intense. J’en ai eu la chair de poule, c’était si émouvant de sentir qu’elle était rassurée que quelqu’un vienne à elle, et elle confirma ma pensée avant même que je  ne me présente à elle et lui explique la raison de ma présence :

Depuis déjà un petit bout de temps que je reste là sur ce chemin que je ne me sens pas le droit de suivre, en même temps il y fait si froid, c’est si sombre que j’ai du mal à m’y engager, ou alors dans son environnement, dans son quotidien, à la suivre comme son ombre, à me coller à elle pour puiser son énergie. Oui je navigue entre ici et la maison, elle m’envoie des pensées d’amour et de lumière, cela m’encourage à prendre ce chemin pour aller vers le jardin des animaux, et dès que je veux le suivre quelque chose m’en empêche.

Je me sens retenue par sa grande souffrance, sa grande détresse, mais aussi les regrets et la culpabilité et j’ai besoin d’aide, nous avons besoin d’aide, et je suis contente que tu sois là, car tant que je reste ici je ne peux me reposer et me ressourcer et elle, elle ne peut trouver la paix dans son cœur et son esprit et ne peut commencer son travail de deuil.

Je l’ai rassurée et lui ai promis qu’après notre échange je l’accompagnerai jusqu’au pont des fleurs  et les présentations faites, je lui ai enfin lu les messages et les questions de sa gardienne :

Ma Praline, ma poupette d’amour, 

Je t’aime, tu me manques terriblement. Ton départ a été un déchirement pour moi. Tu étais ma fifille d’amour. Tu étais tellement attachante, nous avions ce lien, tu me faisais confiance malgré ton tempérament craintive avec les autres. 

 

Je m’en veux de ne pas avoir réussi à te guérir, de ne pas avoir changé de vétérinaire avant que ta maladie s’aggrave mais j’avais confiance en lui. Peut-être aurait-on pu te guérir je me pose la question. Je m’en excuse je te demande pardon. 

Pourquoi cette maladie ? Pourquoi si jeune ? Les traitements ne fonctionnaient pas, ne voulais-tu pas guérir ? As-tu souffert ? 

 

Les derniers jours, tu ne te levais plus, je devais t’aider pour tes besoins, tu étais devenue si maigre toi qui était toujours bien portante et tu avais le regard si triste, te voir dans cet état me faisait mal au cœur et je n’ai plus vu d’autre solution que de t’aider à partir chez la vétérinaire. Mais cette décision a été très douloureuse pour moi et je culpabilise car je ne sais pas ce que tu voulais. Voulais-tu partir ? Comment as-tu ressenti tout ça ? 

Je suis désolée je n’ai pas eu le courage d’assister à la piqûre que la vétérinaire a dû te faire dans le cœur, ta peau étant très abîmée pour poser un cathéter. 

 

As-tu été heureuse avec moi ? Ai-je été une bonne maman pour toi ? 

Quelle mission avais tu pour moi ? 

 

As-tu des choses à me dire (bonnes ou mauvaises) 

Où es-tu en ce moment ? J’espère que tu es dans la lumière et que tu as retrouvé la santé et que tu es heureuse. 

 

La maison est bien vide sans toi et la vie si triste mais je ne veux pas te retenir et alourdir ta peine. 

Je t’envoie tout mon amour, Te prendre dans mes bras et t’embrasser comme je le faisais tous les jours me manque, merci de m’avoir apporté cet amour, j’espère te revoir sur mon chemin. 

 

Je t’aime et je t’aimerai toujours, je ne t’oublierai jamais. Tu es dans mon cœur pour l’éternité.

 

Je sais combien je lui manque et je sais combien la vie sans moi lui est difficile. Elle était ma maman, j’étais son bébé, sa petite fifille d’amour et notre relation était si fusionnelle, si complice que j’étais elle, elle était moi. Je pouvais à tout moment savoir ce qu’elle pensait, ce qu’elle ressentait et c’était pareil pour elle.

Dis-lui merci pour son message d’amour, et surtout, mais elle le sait que moi aussi je l’aime d’un amour pur, profond et inconditionnel. Même si je suis partie de l’autre côté du voile, cet amour est et restera toujours aussi fort et où que je sois. Dis-lui qu’elle ne doit pas avoir de regrets ni culpabilité, on ne pouvait rien pour moi. Même si elle avait changé de vétérinaire, cela n’aurait rien changé. Ce mal sournois n’était pas visible et lorsque vous vous en êtes aperçu, c’était déjà trop tard. Mes reins étaient bien usés, fatigués malgré mon jeune âge et je me sentais extrêmement faible et fatiguée. Impossible pour moi de tenir plus longtemps même que je savais que ce serait terrible pour toi et que tu ne peux comprendre et accepter la cruauté de devoir m’aider à partir.

Cela a été une décision tellement douloureuse et injuste, mais je sais que tu l’as fait par amour pour moi et que tu n’avais pas le choix. Ne sois pas désolée et ne te torture pas l’esprit de ne pas être restée à côté de moi lorsque j’ai poussé mon dernier souffle, je sais combien cela t’était impossible à vivre, et c’était mieux pour toi. Te voir me pleurer, te voir si malheureuse me fait de la peine et c’est ce qui m’accroche à toi. Lorsque j’aurai rejoint le paradis, tu te sentiras apaisée aussi et tu retrouveras un peu de sérénité dans ton cœur. Ne t’inquiète pas je n’ai pas souffert, je m’étais réfugiée dans mon corps astral depuis un moment et je ne revenais dans mon corps physique qu’un petit laps de temps et de moins en moins souvent, car je n’en avais plus la force.

J’étais jeune certes, mais cette maladie n’a rien à voir avec l’âge, je suis née avec, et de tempérament plutôt très craintive, les peurs se sont cristallisées dans mon corps éthérique pour se manifester dans mon corps. Pas sevrée correctement j’avais un peu tendance à rester en retrait et à ne pas faire confiance aux humains, mais avec toi cela a été juste l’inverse. Au premier regard nous nous sommes reconnues, oui nous étions déjà ensemble (chat) dans une autre vie, et en toi d’emblée j’avais une totale et aveugle confiance. Cela m’a aidé et permis de rester toutes ces années quand même.

Oui j’ai vécu des moments merveilleux à tes côtés, je me suis sentie aimée, respectée, choyée, câlinée, et ma vie même courte a connu des moments de purs et grands bonheurs. J’étais là pour t’aider à avancer sur ton chemin, t’apprendre le détachement affectif, t’apprendre à aimer en toute fluidité, sans peur de perdre l’autre, sans peur du lendemain et surtout sans dépendance ni co-dépendance.

On ne peut pas dire que j’ai réussi ma mission. Bien au contraire ma présence à tes côtés n’a que renforcé cet attachement que tu peux avoir pour les gens que tu aimes, et je te reviendrai évidemment pour faire ce travail, mais dans un corps réparé et en bonne santé. J’étais sur mon chemin, je préparais mon départ et j’étais prête à faire le grand saut. Je savais que c’était la condition pour pouvoir te revenir dans une autre enveloppe corporelle et enfin remplir mon rôle auprès de toi.

Tu es une maman merveilleuse au cœur rempli d’amour et d’empathie et tu as besoin de trouver en toi cette force, cette foi et ce courage pour t’épanouir dans la vie. Je ne souffre plus, je me sens de nouveau très légère, mais tant que je reste dans ce bas-astral rien n’est possible pour nous, alors que mon âme perdure où que je sois et qu’elle reste toujours reliée à la tienne et aspire à te retrouver sur le plan terrestre pour continuer ce travail ensemble et notre belle aventure remplie d’amour et de compassion. Tu as besoin de moi à tes côtés pour te sentir pleine, pour rire, chanter et être heureuse.

Je te remercie de me permettre de partir rejoindre ce haut-lieu magique, et dès que tu te sentiras prête et te mettras à ma recherche, je me mettrai sur ton chemin. Alors ne tardons pas, je suis pressée maintenant de faire le passage, c’est la condition sine qua none pour que mon retour soit possible. Je t’aime ne l’oublie pas, ma place est avec toi et à tes côtés.

Puis toutes les deux nous avons emprunté ce chemin de lumière qui s’est ouvert à nous, et lorsque je me suis arrêtée devant le pont des fleurs elle l’a traversé pour se noyer dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel. Au revoir Praline, à bientôt.